La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

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Qui a dit : plus tard, je serai acteur ou homme politique

Posted by labetiseeconomique sur octobre 17, 2009

Jean Sarkozy vient d’avoir 23 ans. Il est né le 1er septembre 1986 à Neuilly-sur-Seine. Il pensait devenir acteur, il a finalement choisi homme politique et bientôt président de l’Etablissement public d’aménagement de la Défense, comme un enfant choisit la panoplie de Lucky Luke ou de Zorro. Et partout dans les médias, le voici cette semaine qui défend son prochain premier rôle, comme un enfant de star nous explique qu’il a décroché le rôle, comme tous les autres, après un casting… Tout seul, sans devoir rien à personne, sans que ce que soit par « la volonté et l’acharnement d’un homme » (comme dirait « DV »), tentant même de nous expliquer comment avec ce nom là, c’est plus difficile encore ! Enfants de la balle ou politic natives, politique et spectacle, star system et politique, la dérive continue.

Si le fils d’un prix Nobel de chimie, à 23 ans encore 2e année de chimie, voulait diriger le laboratoire, lui donnerions-nous les clefs? Pourquoi ce qui vaut dans de nombreux domaines ne vaut pas pour la conduite des affaires publiques? A moins que là seule compte la « surface sociale » de l’impétrant?

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C’est l’histoire d’une jeune femme magnifique qui dit à Einstein : marions nous et faisons des enfants, ils seront beaux comme moi et intelligents comme vous. Et si l’inverse se produisait, demande Einstein ?

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La surface sociale, selon Clearstream et chez les Toubous

Posted by labetiseeconomique sur septembre 27, 2009

Alors qu’en pleine crise économique, nous nous étions laissé distraire par le calcul du Bonheur Intérieur Brut du professeur Stieglitz, un nouvel étalon socio-économique a soudain surgi dans l’actualité : « la surface sociale » ! Le Journal du dimanche d’aujourd’hui y fait référence, évoquant « un tableau de quatre pages […] recensant les frais de réception et de restauration remboursés à Lahoud par EADS en 2004 et 2005. ». Noms des invités, lieux, tout y est. « 99 repas de février 2004 à juillet 2005. Pour environ 16 000 euros ». Résultat de l’addition : une belle « surface sociale » !

Comment se calcule la surface sociale d’un invididu ? Croît-elle par sa capacité à déjeuner aux frais de la princesse, mais croît-elle également s’il est généreux et invite sur ses propres deniers? Il semblerait que non, quand bien même cela ajouterait à son Bonheur intérieur brut… Décroît-elle ou croît-elle si les invités « rendent » leur invitation, tant pour remercier que pour n’être pas redevables? Décroît-elle dès que la source des notes de frais se tarit ? Au fur et à mesure que la vie passe, combien ajoutent et ôtent un mariage, de nouvelles positions professionnelles ? (L’illusion biographique, Bourdieu).

Ces interrogations valent dans les entreprises, qui elles aussi calculent leurs surfaces sociales. Selon l’Observatoire politico-économique des structures du Capitalisme, la surface sociale désigne « le nombre d’entreprises du CAC 40 avec lesquelles une société de l’Indice entretient des relations directes par l’intermédiaire de son Conseil ou de sa direction exécutive. » Un peu comme chez les Toubous du Niger, pour lesquelles la richesse et le nombre de parents sont les deux composantes essentielles de la surface sociale (Anarchie et cohésion sociale chez les Toubous, Catherine Barion, MSH, 1985). « Plus ces derniers sont nombreux, plus le gendre peut espérer de dons d’animaux et plus ses soutiens seront diversifiés en cas de nécessité ». Pourquoi tant de numéros spéciaux de magazines sur les grandes fortunes, sur le prix du m2 dans l’immobilier… et rien sur les grands propriétaires de surfaces sociales ?

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