La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

Posts Tagged ‘récession’

2 et 2 font 4, comment conter et recompter la Récession?

Posted by labetiseeconomique sur mai 18, 2009

La France est en récession, « c’est désormais officiel, avec deux trimestres consécutifs de contraction de son produit intérieur brut, la France est en récession », annonçaient les médias de ce week-end. Aurions-nous raté un épisode? La France n’est-elle pas en récession depuis le mois d’octobre? Le 2 octobre dernier, avec la même conviction que ce 16 mai et les mêmes mises en scène, le mot « récession » faisait son entrée officielle dans le langage médiatique.

Alors que s‘est-il passé? Pourquoi soudain de nouveau annoncer que la France est en récession? – 0,4% au 2e trimestre, -0,2% au 3e trimestre 2008, -1,5 au 4e trimestre de 2008. Rebelote au 1er trimestre de 2009 avec -1,2%, cela ne fait pas 2 mais bien 4 trimestres négatifs consécutifs. Pourquoi la France serait-elle plus en récession maintenant qu’en octobre? Parce que la récession a passé la barre fatidique du 1%? Parce que de décroissance, de croissance négative ou de simple recul, il ne peut plus être question? Ou parce que l’usage du mot « Récession » a finalement été approuvé en haut lieu dans le langage gouvernemental? « Le gouvernement entérine une récession de 3%»,  titre étrangement Le Monde du 16 mai. « Le gouvernement entérine »? Comme on écrit l’histoire on écrit La Crise…. L’Etat est bel et bien revenu dans l’économie.

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Guadeloupe et Martinique, 1987-2009, la fin d’un cycle

Posted by labetiseeconomique sur février 14, 2009

« Menaces sur les équilibres économiques, situation financière délicate pour certains ménages : les dangers d’un développement excessif du crédit existent. Il faudra surveiller au cours des prochains semestres si cette envolée des crédits aux particuliers n’est qu’une flambée de paille ou bien un phénomène durable. » Cette citation concluait un rapport de l’insee de la fin des années 1980, insistant sur les dangers d’un changement si brutal des mentalités aux Antilles, en une génération à peine. Si les anciennes générations n’avaient pas un tempérament épargnant (« plus cigales que fourmis » dit le rapport), au moins elles ne s’endettaient pas, préférant payer cash leurs achats. La donne a changé à la fin des années 1980, où le crédit aux particuliers a connu une croissance exceptionnelle, les jeunes générations pratiquant le crédit, sans réelle maturité économique. Logement, automobile, électroménager, hifi, etc. : le « tout, tout de suite » est alors devenu un mode de vie. Banques et instituts de crédit se sont ruées sur ce fromage. L’année 1987 a ainsi marqué un tournant avec une progression de plus de 80% des crédits aux particuliers. La situation s’est aggravée tout au long des années 1990 avec le boom du crédit-revolving (cf. le nombre de dossiers déposés en commissions de surendettement). Le surendettement touche aujourd’hui majoritairement des familles monoparentales, comme le montrent les chiffres avancés par l’Institut d’émission des départements d’outremer et de nouvelles études Insee. En 2008, la crise économique est venue mettre un terme brutal à ce cycle de vingt années. La suite s’écrit dans la rue aujourd’hui…  

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La confiance sera difficile à rétablir, selon des experts

Posted by labetiseeconomique sur octobre 14, 2008

 PARIS, 12 oct 2008 (AFP), Par Pascale MOLLARD-CHENEBENOIT et Richard INGHAM – Essentielle pour l’économie et les marchés, la confiance sera difficile à regagner, soulignent plusieurs professeurs et communicants pour expliquer l’aggravation de la crise boursière en dépit des gigantesques efforts des diverses autorités dans le monde.
« Il y a une grande part d’irrationnel dans cette crise. Mais il y a aussi le sentiment que l’on ne voit que la partie immergée de l’iceberg, que les acteurs de la finance ne savent pas exactement à quoi s’en tenir, les politiques non plus », estime Robert Zarader, économiste, (société de conseil Equancy). « Les gens sont déboussolés, ils ont l’impression qu’il n’y a pas vraiment de pilote dans l’avion », selon lui. « Reconstruire des repères prendra du temps », poursuit-il. (…)

Lire les reprises sur les sites internet des journaux, Les Echos, 20 minutes, Le Point, le blog finance, le blog d’Alain Lambert.

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La communication de crise en récession ? (Stratégies, 9 octobre 2008)

Posted by labetiseeconomique sur octobre 9, 2008

Tribune publiée dans la rubrique Idées. « Depuis 24 heures, la France est en récession ». C’était le 2 octobre dernier, l’information passait en boucle dans tous les médias. Deux trimestres négatifs, game over ! Récession ! Le mot tant redouté. D’un jour à l’autre, en vingt-quatre heures!, la France basculait d’une croissance molle ou en recul, à…le mot est lancé, la récession. A la Une de Libération, un plat de patates bouillies. Plus de beurre ! Dans le même temps, en moins d’un an outre-Atlantique, de grandes banques mondiales ont disparu ou presque, un géant de l’assurance sauvé in extremis, autant de compagnies dont la longévité était gage d’immortalité et d’invincibilité. Touchées, coulées! Fin de l’histoire. La liste des victimes de la bombe financière à fragmentation qui fractalise le monde capitaliste, s’allonge de jours en jours et… et que va-t-il se passer? Qui peut écrire la suite de l’histoire ? « Le moment est grave, la suite est imprévisible, mais n’ayez pas peur », voilà, en substance, ce que s’accordent aujourd’hui à dire politiques et experts, dans un art consommé de la diplomatie et de la guerre. Les causes sont connues, mais non l’ampleur du mal, le remède est incertain, la guérison va être longue. Si union il y a aujourd’hui dans l’analyse de la crise, elle est d’abord dans ce basculement d’une communication de crises à un mouvement planétaire et solidaire de communication de La Crise.

Dans une France déjà encline au pessimisme, où la défiance envers les entreprises perdure, le rôle des médias est essentiel dans la fabrique de l’opinion ; politiques et experts le savent. Crise financière ou crise systémique? Crise morale à sanctionner ou crise profonde du capitalisme ? Croissance négative ou récession? La bataille de mots fait rage. Crise de confiance durable, là tous sont d’accord et, depuis plusieurs semaines, cherchent plus ou moins implicitement à contraindre les médias à une forme d’union nationale. Quelle histoire s’agit-il de raconter? Comment donner au récit de La Crise sa juste signification, comment ne pas emporter le traitement de l’information dans une mécanique uniquement narrative et émotionnelle? Les faits, rien que les faits, des commentaires mesurés. Ne pas céder au commerce médiatique efficace de la peur et de ses corollaires qui conduirait des cohortes de citoyens vers leurs banques dans un mouvement de panique généralisée.

L’exercice d’équilibriste est difficile et non dénué de paradoxes : en septembre, la rentrée sociale se focalisait sur la baisse du pouvoir d’achat ; en octobre, désormais, dans un élan de pédagogie bancaire, les médias assurent les citoyens que l’Etat protégera leurs dépôts à hauteur de 70 000 euros. Voilà les braves gens désormais rassurés. Mais celui qui possède cette somme en banque peut-il avoir des inquiétudes sur son pouvoir d’achat? Et c’est ainsi, insidieusement, en même temps qu’il s’agit d’expliquer l’économie -monde à l’opinion publique, qu’une lecture morale de la crise s’installe peu à peu dans les médias et chez les politiques. Que dire encore de l’indécence suggérée de ces 70 000 euros face à la recherche des patrons golden parachutés d’une entreprise en faillite. Tout devient caricature de ce que l’opinion ou la morale réclameraient. Dans un monde d’images en réalité fort peu coutumier de l’information financière, il faut rendre tangible et visible ce qui paraît ne pas l’être. Les bons patrons et les mauvais patrons. Cette dialectique populiste va peut-être à nouveau écarter la véritable analyse économique et politique du sujet. Les politiques, à la manœuvre dans ce travail d’assainissement prétendu, s’affichent comme les garants de l’intérêt général mais ils n’oublient jamais leur intérêt propres et leurs tactiques de court terme.

La crise de confiance est bien là, partout présente. Et, peut-être que dans la litanie des articles qui affirment ou infirment avec la même certitude,au gré des analystes, l’analogie à la crise de 1929, ces « experts » oublient d’en rappeler une dimension sémantique,1929 fut qualifié de Grande Dépression, la crise de confiance actuelle risque de se transformer en des millions de »petites dépressions »…

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