La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

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Louise-Michel / Affaire Madoff : le sens de l’honneur

Posted by labetiseeconomique sur décembre 24, 2008

L’actualité apporte parfois des rapprochements étranges. Ainsi cette semaine, la sortie du film Louise-Michel et le suicide, à 65 ans, de l’homme d’affaires français, Thierry de la Villehuchet, victime de l’escroquerie de Bernard Madoff.

Les critiques de cinéma évoquent la mémoire de la militante libertaire. S’en souvient-on, la sortie du film Louise-Michel fête surtout un anniversaire, celui des 6 ans de l’affaire Palace Parfums. En décembre 2002, la direction de l’entreprise Palace Parfums, installée en Normandie, partait sans laisser d’adresse, après avoir vidé le lieu de ses équipements, à la veille de Noël. L’affaire donna forme à l’expression « patrons voyous ». Déjà utilisée à l’encontre des armateurs du Prestige, qui venait de sombrer au large de la Galice, l’expression faisait son entrée dans le langage économique. Elle sera reprise peu après dans l’affaire Metaleurop Nord, traitée dans La Bêtise économique. Dans le film de Benoit Delépine et Gustave Kervern, dix ouvrières d’une usine textile de Picardie décident de faire tuer leur patron par un spécialiste, après que ce patron a déménagé les machines pour les délocaliser en Chine. Pour se faire justice elles-mêmes, après avoir été bafouées.

Gestionnaire de fonds pour des clients européens, Thierry de la Villehuchet avait investi avec confiance dans les affaires de Madoff. Son fonds aurait perdu au moins un milliard de dollars.

Envie de meurtre ou suicide, ces deux faits d’actualité sont partenaires de cœur. Différemment, il y est question de dignité, de morale et d’honneur. Economie virtuelle contre économie réelle ? Patrons voyous contre justiciers et samourais.

 

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Recylex face à Metaleurop

Posted by labetiseeconomique sur juillet 7, 2008

En 2003, l’entreprise Metaleurop Nord, sacrifiée sur l’autel d’une gestion industrielle internationale des affaires peu soucieuse de l’écologie, de l’histoire et des hommes, donne tout son sens à l’expression alors abstraite « patrons voyous ». L’affaire Metaleurop Nord devient alors avant tout l’affaire de Noyelles-Godault. Metaleurop SA, sa maison-mère, et Glencore, son actionnaire, transforment cette affaire de désindustrialisation et de plan social en une affaire purement juridique et financière.

C’est justement sur le terrain judiciaire que l’histoire rebondit aujourd’hui. Le 27 juin, le conseil des prud’hommes de Lens a condamné la maison mère de Metaleurop Nord (devenue Recylex) à verser 30 000 euros à 495 ex-ouvriers de l’usine de Noyelles-Godault, pour « licenciement sans cause réelle ni sérieuse ».  Recylex confirme qu’elle interjettera appel des décisions rendues, ce qui aura un effet suspensif.

Affaire à suivre.

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Alternatives Economiques, juillet

Posted by labetiseeconomique sur juin 30, 2008

Article de Philippe Frémeaux. (…) Conclusion de cet ouvrage stimulant: la condamnation sans appel des entreprises par le tribunal de l’opinion n’a souvent guère d’effet positif. Elle participe d’un mouvement dans lequel les décideurs politiques et les journalistes tentent de séduire les électeurs et les lecteurs plutôt que de faire leur travail (…).

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Sommes-nous… bêtes ? (France inter, 26 juin)

Posted by labetiseeconomique sur juin 26, 2008

Une chronique de Philippe Lefébure (Global Eco). /// « La bêtise économique », c’est le titre d’un livre, qui vient de sortir, signé Catherine Malaval et Robert Zarader. Les 2 auteurs posent, notamment, la question du traitement de l’économie – de certaines « affaires » économiques – dans les médias.

 

Et ils n’épargent pas les journalistes. L’économie traitée comme un « divertissement », parfois « avec voyeurisme », « exhibitionnisme » et « moralisme »: les auteurs n’y vont pas avec le dos de cuillère. En fait, ils reviennent sur 3 affaires qui ont largement occupé les médias, dans un passé très récent, « 3 scandales qui ont défrayé la chronique » pour user d’un cliché journalistique. (…) Ces 3 affaires ont été très médiatiques et pour les auteurs du livre, elles révèlent, toutes les 3, un travers journalistique majeur : la préférence des journalistes pour un traitement « émotionnel », « dramaturgique »… au détriment d’un travail – forcément plus sobre – mais capable LUI de « livrer » – aux lecteurs, aux téléspectateurs et aux auditeurs évidemment – des éléments objectifs pour se faire sa propre idée des enjeux. Nous – les journalistes économiques (comme les autres) aimerions, donc, raconter des histoires – avec des gentils et des méchants… des histoires qui « font vendre ». Chacune de ces 3 affaires renvoie, ainsi notent les 2 auteurs, à des genres littéraires précis : « il y a du « Pagnol », dans l’affaire Lassalle-Toyal (écrivent-ils), de l’Agatha Christie pour LU-Danone. Et du John le Carré dans MetalEurop !

Et selon Robert Zarader, cette situation est très compliquée pour les entreprises, puisqu’en raison de cette « pression » de l’opinion – relayée par les médias, donc – une partie de leur histoire leur échappe ou leur échapperait. Quant aux journalistes, ils sont condamnés, selon les 2 auteurs à vivre et revivre en permanence ces situations : Dans l’affaire « Gandrange et Arcelor-Mitttal », est-ce que, là encore, l’émotion n’a pas primé sur l’analyse : à cause des politiques (et notamment du Président de la République, mais pas seulement lui) – à cause de l’emballement médiatique ? Robert Zarader le pense.

 
 
 
 

 

 

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Quelques illusions perdues, Patrick d’Elme

Posted by labetiseeconomique sur juin 1, 2008

« On savait la bêtise généreusement distribuée. Ceux qui avaient encore quelques illusions les auront perdues après avoir lu le livre de Catherine Malaval et Robert Zarader. J’apprends, dans L’Express de la semaine dernière, que le patron de l’ENA accueille sa future promotion en ces termes : « il y a partout 20% de crétins. Je ne vois pas pourquoi il n’y en aurait pas autant parmi vous. » Peut-être même devrait-il revoir sa statistique à la hausse.

A travers les trois « affaires, LU-Danone, Metaleurop Nord et Lassalle-Toyal, les trois feuilletons devrait-on dire, qui ouvrent ce livre, ce qui frappe, c’est l’absence de réflexion généralisée, le panurgisme qui fait emboîter à presque tous les acteurs, politiques, média, opinion, le même chemin. Personne ne semble jamais dire : et si tout cela n’était pas vrai ? Et si je m’intéressais à l’autre moitié du verre, à moitié vide ou à moitié plein. Comment s’écrit le recto de la page ?

Ce qui frappe aussi, c’est le confort à répéter de « source sûre » l’histoire déjà entendue, la confortant ainsi de proche en proche (on en eut un exemple récemment avec l’annonce de la mort prématurée de Pascal Sevran), l’absence de vérification des sources par des journalistes de moins en moins exigeants.

Ce qui frappe enfin, c’est l’inculture économique des politiques, plus pressés de parler que de prendre le temps de la réflexion. Aujourd’hui, semble-t-il, ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on pense, ni même ce qu’on dit, mais quand on le dit.

Dans leur introduction, les auteurs observent, à propos de l’affaire récente de la Société Générale :  » A son propos, gauche et droite délivrent un même discours : tout faire pour qu’elle reste française. Mais avec quelle logique économique ? Doit on craindre que des agences soient délocalisées ? » Il est vrai que lorsque le patriotisme s’en mêle, (et c’est un peu le cas des trois exemples développés, la bêtise passe la surmultipliée. »  

 

Patrick d’Elme, consultant, ancien président de Francom et BBDO Corporate

 https://labetiseeconomique.wordpress.com/2010/02/07/pour-patrick/

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