La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

Posts Tagged ‘gouvernance’

Pourquoi nous n’aimons pas la démocratie?

Posted by labetiseeconomique sur septembre 27, 2010

On se souvient de la formule de Churchill : « La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres ». A l’évidence, nous n’  » aimons  » pas la démocratie. Et pourtant nous sommes tous démocrates… Étrange procès en désamour que celui-là, dont la virulence égale l’ancienneté : toute petite déjà, à Athènes, la démocratie ne manquait pas de détracteurs… Myriam Revault d’Allonnes s’interroge, non pas sur les critiques ou les sarcasmes dont la démocratie est l’objet, mais sur la nature de l’expérience démocratique, travaillée par l’incertitude, le conflit, l’inachèvement, inextricablement liée à ce qui s’oppose à elle et la menace. Comment l’homme démocratique, confronté à cette existence toujours problématique, ne serait-il pas en proie à l’insatisfaction et à la déception permanentes ? Cependant, si nous n’ « aimons » pas la démocratie, pouvons-nous ne pas la vouloir ? Car c’est bien l’expérience démocratique qui fait de nous des sujets éthiques et politiques, des citoyens qui ne veulent pas être ainsi gouvernés :  » pas comme ça, pas pour ça, pas par eux « .

A lire : Pourquoi nous n’aimons pas la démocratie, Editions du Seuil, février 2010, 145 p, Myriam Revault d’Allonnes

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Etats généraux de la femme : 24 propositions

Posted by labetiseeconomique sur mai 9, 2010

Dommage que l’initiative vienne nécessairement d’un magazine féminin, où l’économie a rarement sa place tout au long de l’année… Car, il suffit de lire les 24 propositions des Etats-Généraux de la femme organisé par le magazine Elle, à l’occasion des 40 ans de cette manifestation, pour constater le chemin encore à parcourir dans ce domaine ou pour mesurer  tous les mètres perdus depuis que la vie économique de chacun se fait plus rude. Si la part des femmes  sur le marché du travail avoisine désormais celle des hommes, 80% des salariés dont le salaire n’atteint pas le SMIC sont des femmes, parce qu’elles travaillent à temps partiel. L’écart de salaire à diplôme égal, est estimé à 27%…  Alors que des études récentes et un rapport de la Commission européenne ont montré que les femmes sont de meilleures gestionnaires.

Quelques propositions parmi les 24 à lire sur le site du magazine :

  • Egalité de rémunération entre les femmes et les hommes, avec publication d’un rapport annuel par les entreprises et création d’un indice permettant d’effectuer des comparaisons entre secteurs.
  • « Déprécariser » le temps partiel des femmes, en imposant une augmentation du taux horaire du salaire, lorsque les horaires de travail sont imprévisibles et morcelés.
  • Soutenir le développement du microcrédit.
  • Combattre les stéréotypes dès la formation initiale des futur(e)s enseignant(e)s, pour qu’ils comprennent qu’une organisation sociale est faite de représentations assignant filles et garçons à des rôles précis, rendant naturelle la suprématie de l’homme sur la femme.
  •  A lire sur : http://www.elle.fr/elle/Site/Les-etats-generaux-de-la-femme/Livre-blanc-nos-propositions/24-mesures-concretes/(gid)/1225957

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    I would prefer not to

    Posted by labetiseeconomique sur janvier 16, 2010

    Première semaine active de la rentrée. Rentrée gouvernementale : Roselyne Bachelot tente de négocier ses stocks. Hommes et femmes, dans les entreprises, de nouveau on s’embrasse. Ce n’est pas la fin de la crise, mais la fin de la grippe. Les barrières devant les hôtesses d’accueil ont disparu, on ne se salue plus, de loin, comme des japonais. Rentrée littéraire. Le Figaro publie le palmarès des dix romanciers qui ont le plus vendu en 2009. 6 femmes, 4 hommes… Rentrée en berne pour les femmes du côté de l‘économie : L’Express s’interroge : « où sont les femmes? ». Elles sont moins de 10% dans les instances dirigeantes des grandes entreprises. « Cela nous place à égalité avec la Turquie », remarque Jean-Pierre Jouyet. Nous aurions préféré qu’il ne soit pas question de quota. Mais, à court terme, comment faire autrement? Rentrée littéraire encore. James Ellroy fait le tour des médias, fin de sa trilogie noire sur les Etats-Unis. Fiction ou réalité, c’est la question qui revient sans cesse dans les interviews? Pourquoi faut-il toujours demander à un romancier s’il écrit vrai. Même débat, violence extrême des mots, entre Camille Laurens et Marie Darrieussecq. Faut-il avoir vécu son roman? Roman ou auto-fiction? Leur éditeur aurait préféré ne pas avoir à choisir entre l’une et l’autre. Devant la violence des maux, il a dû. Rentrée économique et An 1 après la crise, auto-fiction et encore de la Turquie. Carlos Ghosn, le patron de Renault, est convoqué aujourd’hui à l’Elysée, comme un métayer chez son maître. Que dira au président ce héros de manga? « I would prefer not to », comme Bartleby, le héros de Melville. Entre politesse à la japonaise et insolence à la française. Depuis un an, il n’est pas le premier patron à franchir le seuil de l’Elysée. Avant lui sont passés les patrons de BNP Paribas, de France Telecom et d’autres. Tous ont quelque chose de Bartleby. Ils y vont, ont l’air de plier l’échine, ils préféreraient ne rien faire des injonctions politiques et puis. Et puis quoi d‘ailleurs?

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    « Bréviaire pour le futur »

    Posted by labetiseeconomique sur avril 25, 2009

    Ségolène Royal demande pardon… pour d’autres. Alan Greenspan, grand oracle du libéralisme, reconnaît s’être trompé. Bernard Madoff plaide coupable, mais est-ce la contrition qu’il l’anime vraiment. Faute avouée, à moitié pardonnée, se dit sans doute l‘homme qui perdit 50 milliards? Toujours joueur!  Malgré la crise, le temps n’est guère à la repentance, ainsi que le constate Philippe Plassart, dans son dossier « Bréviaire pour le futur », à la Une du Nouvel Economiste de cette semaine. « Sans cet indispensable travail sur soi, mené collectivement, le désuet mais ô combien utile, examen de conscience des croyants, aucun dispositif, même le plus contraignant qui soit, n’y pourra rien pour domestiquer la finance ».

    Henri Madelin, jésuite, Michel Musolino, professeur d’économie, Pierre de Charentenay, Philippe Bourguignon (Revolution Resort), jésuite (Etudes), Gabriel François, conseiller financier, Eric Le Boucher, journaliste (Enjeux-Les Echos, Slate) Vous est-il arrivé, dans votre vie professionnelle, d’être en porte-à-faux avec vos convictions profondes? Réponse de Robert Zarader.

    «  15%!… et 100% de regrets. Je souris avec crispation quand je lis l’exigence des 15% de rentabilité et de profit des grands groupes internationaux, souvent américains, ne serait qu’un mythe. Il n’en est rien : c’est une contrainte devant laquelle il faut se plier, à n’importe quel prix. Pourtant, comment un chiffre, servant les intérêts de lointains actionnaires individuels, peut-il seul donner le sens, devenir l’unique référence de gestion des managers et réduire leur vision stratégique au cours de Bourse, sans aucune réflexion véritable sur le contexte économique, social, territorial et financier? Pour moi, dans ma vie professionnelle, cette règle dut dicter une série de licenciements dans une entreprise qui allait de mieux en mieux. J’y ai sacrifié hélas quelques amitiés mais retenu la leçon : plus jamais ça. Non à la bêtise économique et non à la dépendance insensée. La première, je l’ai dénoncée récemment en la décryptant. La seconde, je l’ai rejetée en choisissant de devenir mon propre patron. »

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    François Pérol : « un homme, une voix », le vrai sujet

    Posted by labetiseeconomique sur mars 1, 2009

    Cette semaine, la Picardie a laissé un temps de côté l’emballement sur la taxe professionnelle. Nos provinces, pardon, nos régions, voilà un sujet sans doute plus médiatique! Sujet encore meilleur pour s’empailler entre Pour et Contre : Paris a débordé sur l’Ile de France ! Ah, Le Grand Paris. Le « grand » Paris, pompeuse formule, on pense au Grand siècle, à Louis XIV, à Voltaire, à ce siècle où le « français du roy » peu à peu tenta de dominer les patois, le picard, le flamand, l’occitan, de faire de la France une grande puissance européenne et internationale…

    Carte judiciaire, carte hospitalière, n’en aura-t-on jamais fini avec Napoléon et la géographie politique ? N’en aura-t-on jamais fini d’invoquer la Révolution? « Souvenez vous de la Révolution, disait Ségolène Royal depuis la Guadeloupe. Ça va mal finir ». Curieuse formule encore puisque pour ne prendre que deux exemples, c’est justement, en 1790 que fut créé le département, symbole de la jeune République, pour affaiblir les provinces de l’Ancien Régime. Qu’en 1791, la loi Le Chapelier mit fin aux corporatismes interdisant du même coup tout mouvement structuré d’aide et amorçant l’idée d’un Etat Providence responsable de l’aide sociale. Tout cela a-t-il mal fini?

    Puissance de l’Etat et mutualisme, sont donc à l’honneur donc cette semaine, avec ce grand pari aussi du côté des banques françaises, chez les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires. Medias, observateurs, politiques… Après le temps de l’information émotion, voici celui de l’information morale. Le trouble mental est le même. On se mobilise pour débattre, polémiquer sur la nomination de François Pérol à la tête du 2e groupe bancaire français (juste derrière Crédit Agricole-LCL) et l’un des tout premiers ensembles européens. Le projet économique est passé le plus souvent au second plan. Sa nomination est-elle ou non déontologique ? Que disent les sages ? Curieuse pratique de recrutement toutefois qui n’interroge pas l’impétrant sur son projet économique ? Comment François Pérol fusionnera deux cultures qui, un grand siècle durant, ont façonné leurs différences, alors qu’elles avaient tant de points communs ? Comment managera-t-il 110 000 personnes?

    En ce début d’année 2009, en pleine crise économique, quelque chose a basculé. Les deux premières banques françaises sont désormais des banques mutualistes. Voilà le vrai sujet. L’Etat revient dans l’économie… Les réseaux mutualismes, jugés ringards voici dix ans et poussés vers des modèles capitalistiques qui leur coûtent des pertes historiques, portent un modèle de gouvernance, « un homme, une voix », utile pour la réflexion sur la moralisation du capitalisme.

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    La foire aux milliards

    Posted by labetiseeconomique sur décembre 13, 2008

    La presse s’est transformée depuis quelques mois en immense foire aux milliards. Pas une semaine ne passe sans qu’une nouvelle  incroyable ne survienne, à x milliards d’euros ou de dollars. Décembre : 26 milliards pour doper l’économie française, 192 milliards pour l’économie japonaise, 2 milliards pour l’économie belge, 80 milliards pour l’économie italienne, 15 milliards pour l’industrie automobile américaine… 

    Aujourd’hui, voici « l’incroyable escroquerie d’ex-dirigeant de Nasdaq ». 50 milliards qui se seraient évaporés ! Le plus gros « montage Ponzi » jamais imaginé aux Etats-Unis ! Comment est-ce possible se demande-t-on chaque fois avec des airs indignés de vierges économiques? Et les règles de gouvernance ? Et le contrôle interne ? Et la morale ? Dépassée. Dans un monde médiatique, c’est d’abord la technique qui épate. Et les alarmes ? Et les gardiens ? Rien.  Trouver la faille.  

    Le milliard, voici la nouvelle unité de compte des Etats, des banques, des entreprises, de jeunes loups de la finance voire de quelques chefs d’entreprise peu scrupuleux. Le milliard, le mot de l’année ! A quand une page entière consacrée non plus aux valeurs bousières mais à cette nouvelle comptabilité en milliards ?

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