La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

Posts Tagged ‘crises’

L’abeille et l’économiste

Posted by labetiseeconomique sur juin 20, 2010

Pour nombre de nos contemporains, la finance est devenue scandaleuse. Yann Moulier Boutang (L’abeille et l’économiste, Carnets nord, 2010) prend le contrepied de cette vue de l’esprit : sans finance, pas d’économie, avance t-il ; en revanche, la finance ne mène pas forcément au chaos. Voyons la crise sous un autre angle que la doxa des économistes à la mode : la crise n’est pas économique, c’est une crise de l’économie ; ce n’est pas une crise de la finance mais une crise de la croissance. L’accumulation des profits s’approche du moment où elle n’a désormais plus de sens ni de légitimité. Nous sommes en train de passer d’une économie de l’échange et de la production à une économie de pollinisation et de contribution. D’où ce titre : L’abeille et l’économiste. Les hommes doivent faire du miel mais aussi polliniser. Un livre à lire.

Publicités

Posted in A lire | Tagué: , | Leave a Comment »

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre

Posted by labetiseeconomique sur avril 25, 2010

Le 10 et 11 avril, la Cité de la Réussite fêtait ses 20 ans, remerciant ses visiteurs en leur offrant une rétrospective de grands entretiens. Nous avons relu celui d’Edgar Morin, il était intervenu en 2002. A relire et relire. Quelle place notre société, étreinte par les passions de l’opinion et des réseaux, fait-elle aujourd’hui aux penseurs? Sur le site de la Cité, tant de traces lucides sur le monde d’aujourd’hui, tant de traces qui n’ont pas été perçues. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre…

citation 1 :  « L’idéologie de l’économie administrée et de l’Etat tout-puissant ayant fait faillite, arrive au contraire, à mes yeux, l’idée néolibérale, que le marché peut trouver en lui-même la solution de tous les problèmes humains. On a donc un marché mondial qui s’installe sans aucune régulation supérieure puisqu’on compte sur ses propres forces d’auto-régulation. »

citation 2 : « L’économie, du fait de cette capacité de formalisation, s’est fermée aux autres sciences humaines et sociales. Comme si l’économie n’obéissait qu’à l’économique, alors que nous savons que, dans l’économie, il y a les passions, les désirs, les besoins, il y a même les paniques. C’est à mon avis ce qui explique la défaillance dans la prédiction économique. (…) La deuxième faiblesse, c’est l’espèce de fuite en avant dans les mathématiques et la sophistication des modèles, par laquelle la discipline croit pouvoir répondre à ces défaillances. Le calcul est une réduction, il ne peut connaître que ce qui est calculable. Or, ce qui est calculable est loin d’épuiser l’ensemble des problèmes humains ».

http://www.citedelareussite.com/laCite/vingt-ans-fr.php

Posted in A lire | Tagué: , , | Leave a Comment »

Les Temps Modernes et la modernité économique

Posted by labetiseeconomique sur octobre 21, 2009

Claude Lanzmann, en tant que Directeur de la revue Les Temps Modernes,  a sollicité à l’été des amis économistes pour nourrir et orienter un dossier sur la crise et le devenir économique. En renouant avec une tradition ancienne des Temps Modernes, où André Gorz organisait en son temps les articles sur l’économie, les contributeurs au travers de leurs papiers.

Les auteurs reviennent sur le déroulement de la crise, suivant les vœux explicites d’un Claude Lanzmann soucieux de « comprendre » ce qui s’est passé. Ils insistent sur l’idée qu’il y a certes une crise économique, plutôt « classique », mais qu’on décèle, « en plus » de ce fait rabaché, une crise de l’économie, de ses valeurs et fondements, qui est d’une toute autre dimension et dont les conséquences moins spectaculaires se prolongeront discrètement dans le long terme. 

Crise économique / Crise de l’économie, la dualité de la situation actuelle a été peu relevée. A lire les papiers de François Rachline (Pouvoir et marché), Robert Zarader (Treize « banalités de base »), Philippe Moati (cette crise st aussi celle de la consommation), Michel Henochsberg (vers la fin du rêve de l’économie).

* Merci à Claude Lanzmann pour cette réunion d’amis, merci au voyage du Lièvre de Patagonie, à tous ces vies qui le parcourent.

Posted in A lire, Regard critique | Tagué: , | Leave a Comment »

Crisis killers

Posted by labetiseeconomique sur septembre 2, 2009

Dans son numéro de septembre, Technikart revient sur plusieurs crises qui ont marqué la vie politique, sportive ou économique de ces dernières années : l’affaire Gasquet, l’affaire Lassalle-Toyal, l’affaire Kerviel-Société Générale.  Six commandements pour une entreprise ou un individu : le premier, le terrain tu occuperas / même dans la merde tu assumeras / la transparence tu joueras / De bons copains tu entretiendras / internet prudemment tu géreras / ton capital sympathie tu travailleras. A lire, notamment, les points de vue de Christophe Reille, Anne Meaux, Robert Zarader….

Posted in Polémique(s), Regard critique | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

2009 sera-t-il le mai 68 de Dominique de Villepin : quelques leçons de l’histoire

Posted by labetiseeconomique sur mai 3, 2009

1968-2008 : l’an dernier, 40 ans célébrés par des livres, débats, films et conférences. Mais la plus belle et plus aboutie des célébrations n’était-elle pas celle qui, en 2008, de Kerviel à Madoff, de Lehman Brothers à AIG donnait à voir les mauvais rêves d’un monde réel et les vérités prétendues d‘un monde irréel… Un monde prisonnier, perdu entre deux thèses de Debord (La Société du spectacle, 1967) : « le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir, le spectacle est le gardien de ce sommeil », et « dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux ». Que nous dit-on d’autre aujourd’hui ? Les libéraux découvrent la critique du capitalisme, les marxistes n’existent plus ou se cachent, les keynésiens donnent des leçons qu’ils sont incapables de mettre en œuvre. Ce spectacle est aussi celui des idées qui n’en sont pas. Prophéties situationnistes de Raoul Vaneigem (Traité de savoir vivre à l‘usage des jeunes générations) : « l’histoire présente évoque certains personnages de dessins animés, qu’une course folle entraîne soudain au-dessus du vide sans qu’ils s’en aperçoivent, de sorte que c’est la force de leur imagination qui les fait flotter à une telle hauteur ; mais viennent-ils à en prendre conscience, ils tombent aussitôt. » Imagination ou prise de conscience, le système hésite et vascille. Crises en série ou séries en cours? Pour quelles fins?

Posted in Regard critique | Tagué: , , , | Leave a Comment »

Renault et les Français : la fin d’une histoire d’amour ?

Posted by labetiseeconomique sur septembre 11, 2008

Renault serait-il aujourd’hui prisonnier de son histoire  ?

« (…) Les racines d’une entreprise peuvent être un avantage, mais aussi un handicap », estime Robert Zarader  : Elles peuvent nuire à la mobilité, à la modernité. Jusqu’ici, Renault a réussi à trouver un bon équilibre entre sa communication « corporate », autour de ses racines, et la communication sur ses produits, à laquelle ils ont su donner une modernité. » 11 septembre 2008/ à lire sur le site de Rue 89 :  http://www.rue89.com/2008/09/11/renault-et-les-francais-la-fin-dune-histoire-damour

Posted in Derniers articles, Histoires d'hier | Tagué: , , , | 1 Comment »

les derniers jours de Sediver, à Saint-Yorre

Posted by labetiseeconomique sur juin 13, 2008

Didier Le Gorrec, Journaliste indépendant

Bravo pour votre livre, qui met en valeur une certaine dérive du traitement médiatique et politique des affaires de ce type. Dans les questions liées aux fermetures de site, la vérité est rarement dite car elle n’arrange ou n’intéresse personne. Je voudrais dire deux mots ici de l’affaire Sediver, à Saint-Yorre, qui semble tout à fait bien correspondre à ce que vous nommez pertinemment la « bêtise économique ». L’entreprise a d’ailleurs rapporté ces événements dans un « Livre Noir », n’ayant pu trouver d’autre solution pour que l’on écoute sa version des faits. Constatant une perte de compétitivité de son site auvergnat (par rapport à son principal site de production transalpin, le coût de l’heure de travail à Saint-Yorre y était plus élevé de 87 % et le coût par personne et par an, de 57 %), Sediver, qui fait partie du groupe italien Seves, a voulu fin 2003 en finir avec la dégradation chronique de son bilan sur 8 exercices. Début 2004, la direction a demandé la consultation du Comité central d’entreprise sur un projet de fermeture. Après une première période houleuse de négociations marquées par une stratégie de blocage de la part du CCE (absence aux réunions, refus de signer les PV), Sediver a proposé finalement un projet alternatif visant à sauver 166 emplois sur 286, soit plus de la moitié des effectifs, sans compter les possibilités de départs en pré-retraite (pour une cinquantaine de personnes ni les reclassements). Le Groupe s’est alors dit prêt à investir 10 millions d’euros pour adapter l’outil industriel à de nouvelles fabrications. Un projet que l’État était prêt à soutenir {via un « plan Sarkozy », ce dernier étant alors ministre de l’Économie et des Finances} et que le Préfet a qualifié de « sérieux ; cohérent et fiable ». Mais ce plan de sauvegarde a été refusé par le CCE. Et le site a donc fini par fermer.
Il est une chose de constater le jusqu’auboutisme qui a alors été mis en œuvre par les instances représentatives du personnel (blocage des fabrications, demande d’augmentation des salaires de plus d’un tiers, proposition d’un plan B non viable, refus de signer les PV de réunion, recours systématique à l’obstruction, etc. ). Bien que contre-productif dans le cas de Sediver à Saint-Yorre (puisqu’aucun emploi n’a été sauvé de ce fait), il fait partie d’un jeu traditionnel d’intimidation et de défense des intérêts, même si ce jeu est allé un peu plus loin dans ce cas.


Il est autre chose d’analyser le traitement politico-médiatique de cette « affaire Sediver ». Avec un constat clair : les protagonistes de cette affaire ont fait l’objet d’un écho différencié dans les médias. « L’aventure humaine » étant plus encline à captiver le lecteur que « l’aventure économique », c’est l’histoire du personnel de l’usine de Saint-Yorre qui a servi de « prisme » pour évoquer le conflit. De facto, l’opinion de l’intersyndicale, ainsi que ses arguments, ont été repris dans la presse régionale et locale comme autant d’éléments supposés (et en quelque sorte légitimés) d’un récit objectif des événements. Une portée médiatique d’autant plus large qu’autour du « problème Sediver » se sont cristallisées les difficultés économiques du bassin d’emploi de Vichy-Cusset et, au-delà, celles du département et de la région. Les préoccupations actuelles de la population (en premier lieu, l’emploi et les délocalisations) ont servi de caisse de résonance à l’affaire Sediver. Dans ce contexte, les élus locaux (municipalité, conseil général, conseil régional) ont eu tendance à se positionner comme porte-parole des salariés de Sediver en particulier et de la population auvergnate en général. Ainsi ont-ils régulièrement demandé des comptes aux autres acteurs que sont l’État (ministère, préfecture) et l’entreprise. Réflexe légitime, à bien des égards : ils sont les représentants du peuple, élus par lui. On peut regretter toutefois que la classe politique locale (et parfois nationale) n’ait pas souvent développé auprès de son électorat une « pédagogie de la réalité » qui aurait contribué à sauver un nombre très important d’emplois. L’un des faits les plus caractéristiques de ce traitement médiatique est l’utilisation à tout bout de champ du mot « délocalisation » dans la presse, en particulier régionale et locale. Parallèlement au plan de sauvegarde de ce site non rentable, le groupe Seves a en effet souhaité rapprocher sa production de sa clientèle chinoise. Pour le groupe, l’ouverture d’un site de production en Chine avait pour but de se rapprocher de ce marché local, où les prix pratiqués sont très inférieurs aux prix européens. C’était donc produire en Chine pour vendre en Chine, ce qui n’a rien à voir avec une délocalisation « off shore » qui serait destinée à vendre à bas coût en France.

Dans cette affaire, la politique politicienne a donc pris  le pas sur toute réflexion d’ensemble de la part des élus, notamment locaux. À cet égard, certains politiciens ont alimenté dans la communauté locale l’espoir de modifier les décisions de l’entrepreneur. Une attitude que l’on peut qualifier d’irresponsable sur un plan social : dans un pays de droit où les stratégies industrielles sont clairement élaborées par l’entrepreneur (ce que ces politiciens n’ignorent pourtant pas), alimenter de tels espoirs signifie sacrifier les travailleurs et leur famille au bénéfice de la prise de parole politique.

De ce point de vue, les propos tenus  par le maire de Vichy, au conseil municipal du 8 juillet 2005, ont témoigné d’un renversement de situation notable. « Cela fait un an que je m’interdis de répondre aux attaques dont fait l’objet {le plan} Sarkozy, un an que j’ai envie de crier à la manipulation, a déclaré Claude Malhuret en séance. Maintenant que tout est fini, je ne vais pas me gêner. Parce que moi, je n’ai rien à me reprocher, contrairement à tous ces irresponsables qui ont conduit au gâchis. Aujourd’hui, chacun sauf vous {à l’adresse de l’opposition municipale} s’est aperçu de la réalité. La réalité, c’est qu’au nom des grands principes, il y a eu zéro emploi à Sediver, c’est qu’on est passé à côté de 160 emplois. Aujourd’hui, tout le monde a compris que les arguments de ceux qui ont refusé le plan Sarkozy, c’était du vent. Un jour ou l’autre, il faudra bien dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. » Des propos qui se passent de commentaires…
 
 
 
 
 

 

Posted in Autour de la bêtise, Derniers articles, Histoires d'hier | Tagué: , , , | 11 Comments »

L’affaire LU et Le Monde en 2001

Posted by labetiseeconomique sur juin 11, 2008

A la suite d’une lettre de Frédéric Lemaître, envoyée à notre éditeur et publiée sur son blog du journal Le Monde, Laurent Mauduit, sur son blog (Mediapart), et encore ce matin sur France Inter, a poursuivi dans sa stratégie de dénigrement de notre livre, mettant en cause nos compétences de façon très virulente. Nous proposons ici à nos lecteurs de comparer les commentaires apportés par chacun d’eux sur un passage de notre livre. L’incohérence de leurs propos permettra de clore cette polémique ; elle se passe de commentaires… 

*

Catherine Malaval, docteur en histoire / Robert Zarader, docteur en économie.

*

Ce que nous avons écrit

(…) De fait, l’article, long de quatre colonnes, n’a certainement pas été écrit le matin même, il a mûri dans la rédaction. Sa construction laisse penser qu’il a fait l’objet a minima d’une discussion collective. Le scoop est parfaitement construit. L’article aborde presque de façon exhaustive, la totalité des thèmes qui seront repris par tous les médias durant plusieurs mois. En 2001, Le Monde a beaucoup évolué et succombe plus naturellement à la recherche du scoop ; son service Entreprises traverse une situation complexe, sa direction se trouvant « très fortement » influencée par Laurent Mauduit, une des sources originelles de la révélation du passé trotskyste de Lionel Jospin et pourfendeur de la « trahison jospinienne » et la « nouvelle économie du Parti socialiste ».

*

Voici ce qu’écrit Frédéric Lemaître, sur son blog (Le Monde)

« (…) juste une précision : le chef du service Entreprises s’appelait Claire Blandin. Ceux qui la connaissent apprécieront l’image qui est donnée d’elle. Quant à Laurent Mauduit, il travaillait à l’époque au service Politique et avait donc très peu de contacts avec le service Entreprises. (…) Edwy Plenel, loin d’être à l’origine de ce scoop s’en méfiait. Pourquoi ? Justement parce que je ne l’avais pas tenu au courant dans les jours précédents et qu’il ne l’a découvert qu’au dernier moment. (…) »

*

Nous savons parfaitement  que Claire Blandin assure la direction de ce service dans des conditions décrites précisément par Péan et Cohen dans leur livre sur Le Monde, cela nous a été confirmé par une série d’entretiens croisés menés auprès de différents interlocuteurs au sein même du journal… A aucun moment, nous n’écrivons que Laurent Mauduit dirige le service à cette période…  

*

Mais il l’influence… au point d’ailleurs de croire se souvenir aujourd’hui qu’il en est même le chef de service à l’époque. Voici ainsi ce qu’a écrit Laurent Mauduit, lui-même, sur son blog (Mediapart)

« (…)  Au début de 2001, la direction du groupe Danone prépare dans le plus grand secret un immense plan social. A l’époque rédacteur en chef du service « Entreprises » du Monde, je l’apprends de la bouche d’un journaliste de ce service, qui vient d’obtenir ce « scoop ». L’affaire est d’importance. Après les vérifications et recoupements d’usage, le journaliste concerné fait donc son travail : il écrit un long article (…).

En clair, je n’ai participé ni de près ni de loin à la rédaction de l’article. J’ai seulement fait mon travail de chef de service : je l’ai relu ; et j’ai recommandé à la direction de la rédaction du Monde que l’information apparaisse en « une » du journal. Ce qui n’a pas fait débat, pas une seconde, tant il était évident à tous les journalistes que ce scoop était, dans notre hiérarchie des informations du jour, l’une de celles que nous devions le plus valoriser.(…)  »

*

… La conjugaison de ces deux propos ne fait finalement que renforcer notre analyse… Il reste que les dénégations, reprises dans un nouveau commentaire sur Mediapart aujourd’hui,  ajoutées aux insinuations visant nos personnes, sont grossières et injurieuses.

 

 

 

 

 

Posted in Autour de la bêtise, Derniers articles, Polémique(s) | Tagué: , , , , | Leave a Comment »