La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

Posts Tagged ‘crise financière’

Le futur est-il devant ou derrière?

Posted by labetiseeconomique sur juillet 3, 2011

Lu dans Books, mars 2011, cette information qui nous donne une autre lecture des événements actuels. « Les Grecs voyaient le passé s’étaler devant eux, tandis que le futur les attendait dans leur dos. Ce point de vue est attesté par le célèbre dictionnaire LSJ, le Bailly des Anglais. « Le futur est derrière, car il n’est pas vu, tandis que le passé est connu et donc devant les yeux », rappelle James H. Dee dans une lettre au Times Literary Supplement. Il fait observer que l’on trouve la même conception chez un peuple andin, les Aymaras. Et s’émerveille de cette rencontre entre Homère et un peuple parlant une langue précolombienne. »

http://www.booksmag.fr/

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2008-2010 : de l’inquiétude à la défiance

Posted by labetiseeconomique sur décembre 5, 2010

L’appel d’Eric Cantona vient d’enfler en quelques jours. De buzz internet, il est devenu « alerte rouge » depuis que les grands médias s’en sont emparé (preuve que le « vu à la TV » reste une valeur sure en matière de publicité). Appeler les citoyens à vider leurs comptes bancaires, est-ce une bêtise économique? Assurément. Renvoyer Cantona dans ses buts comme l’ont fait Christine Lagarde et François Baroin, tout autant. Agaçant,  maladroit et attisant les envies d’un peuple qui aime les révolutions autant que le jeu, et qui serait prêt à tenter le coup, juste pour voir. Un peuple qui se reconnaît dans Astérix et n’aime rien tant que les histoires d’où les petits sortent victorieux. Pourquoi la Ministre n’a-t-elle pas plutôt cherché à recevoir celui qui, en un tour de passe-passe, a pris la lumière de Besancenot, Mélenchon et consorts? Non, au lieu de cela, François Baroin s’exclame « Chacun son métier et les vaches seront bien gardées ». La pique est bien tournée, quoique, de quelques vaches parle-t-on ?  Oh, la vache, vaches à lait?

Retour en arrière, exactement deux ans en arrière, avec quelques citations extraites de la presse de l’époque. En octobre 2008, les Français n’avaient qu’une seule obsession, que leur banque ne fasse pas faillite. Deux ans plus tard, voilà Cantona qui appelle à la faillite du système (bankrun). La vraie question est bien de comprendre ce qu’il s’est passé entre temps dans la tête de l’opinion, pour que de l’inquiétude naisse la défiance et ce sentiment d’injustice. 

25 septembre 2008 (Le figaro) : Alors que la crise financière fait rage et que l’inquiétude monte chez les Français, le président de la République s’est voulu rassurant. «Quoi qu’il arrive, l’État garantira la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français. (…) Grâce à la loi du 25 juin 1999, leurs avoirs sont en grande partie couverts par le Fonds de garantie des dépôts. (…) Le «trésor de guerre» du Fonds de garantie s’élève aujourd’hui à 1,8 milliard d’euros. (…) Un montant qui serait insuffisant pour faire face à la banqueroute, improbable, d’une banque à réseau. Mais des solutions techniques existent. »

30 septembre 2008 (Capital) : « L’inquiétude des Français est grandissante. A l’Association française des usagers des banques (Afub) nous recevons des centaines de lettres, ce qui est une première en 21 années d’existence. Depuis une semaine, les particuliers qui nous appellent ne s’inquiètent même plus forcément sur leur épargne, mais se demandent tout simplement si le système est assez solide pour faire face à la crise. Les Français sont angoissés, ils ont peur du lendemain. »

14 octobre 2008 (www.service-public.fr) : « Les Etats membres de l’Union européenne se sont mis d’accord début octobre 2008 pour augmenter la protection des dépôts des particuliers jusqu’à un montant d’au moins 50 000 euros (au lieu de 20 000 euros), pour une période initiale d’au moins un an. Pour un certain nombre de pays, cette décision ne change rien dans l’immédiat, la France offrant déjà par exemple une garantie à hauteur de 70 000 euros. »

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L’a posteriori du temps présent

Posted by labetiseeconomique sur novembre 1, 2010

La crise est-elle terminée? Non, elle n’est pas finie et de nombreuses publications continuent de s’y intéresser. Plus le temps passe, plus leur valeur est inégale, plus il est difficile de trouver des analyses qui ne seraient pas régurgitées de multiples lectures elles-mêmes inégales. Bref, de la bouillie. Parfois, la compréhension de la crise prend des dérivées rafraîchissantes… ou plutôt des fractales. La disparition de Mandelbrot, surnommé par certains le « Galilée de la finance », fut l’occasion de redécouvrir que nul n’est prophète en son pays mais surtout de relire a posteriori un entretien paru dans le Monde en 2009, où le mathématicien, inventeur dans les années 1960 d’un modèle d’évolution des cours de la bourse basée sur la géométrie fractale (cette théorie financière a l’avantage de mieux détecter la survenue des variations extrêmes), explique : « Les gens ont pris une théorie inapplicable – celle de Merton, Black et Scholes, issue des travaux de Bachelier qui datent de 1900 -, et qui n’avait aucun sens. Je l’ai proclamé depuis 1960. Cette théorie ne prend pas en compte les changements de prix instantanés qui sont pourtant la règle en économie. Elle met des informations essentielles sous le tapis. Ce qui fausse gravement les moyennes. Cette théorie affirme donc qu’elle ne fait prendre que des risques infimes, ce qui est faux. Il était inévitable que des choses très graves se produisent. Les catastrophes financières sont souvent dues à des phénomènes très visibles, mais que les experts n’ont pas voulu voir. Sous le tapis, on met l’explosif ! »

Analyser le temps présent avec un regard a posteriori, l’exercice est à la limite du réel, soit parce qu’il s’y enfonce, soit parce qu’il s’en éloigne, le déforme ou le sublime. Cette semaine, nous avons donc lu avec intérêt deux textes très différents que nous vous recommandons. Tout d’abord, sur Slate.fr, l’analyse de la crise en 5 points, publiée Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Economistes. 1/ Nous sommes au coeur d’une crise de l’économie réelle. 2/ Une crise déclenchée  et entretenue par l’excès de liquidité. 3/ La dérive des processus et produits financiers.4/ Les conséquences des dérives financières. 5/Trop points d’inquiétudes. Le deuxième texte est celui de Paul Jorion, qualifié désormais d' »anthropologue de la crise ». Un essai d’ego-histoire et « d’observation participante » au coeur du milieu bancaire et financier américain (Paul Jorion fut pendant 18 ans ingénieur financier), tout à fait passionnant, publié dans le n°161 de la revue Le Débat.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/10/17/benoit-mandelbrot-il-etait-inevitable-que-des-choses-tres-graves-se-produisent_1255238_3234.html

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15/09/2008 : la crise a 2 ans

Posted by labetiseeconomique sur septembre 21, 2010

C’était en 2008… le 15 septembre, la faillite de Lehman Brothers, la 4e banque d’investissement de Wall Street. A l’époque, un artiste, Geoffrey Raymond, eut l’idée de dessiner les portraits des patrons de ces grandes banques et de les exposer dans la rue, pour laisser se défouler les passants et les salariés qui venaient de perdre leur travail. Le portrait du patron de Lehman Brothers (The Annotated Fuld) annoté de centaines de ces commentaires à chaud s’est plus tard vendu 10 000 dollars. Célèbre également, « Big Lloyd 3 (Squid vicious). A l’occasion des 2 ans de la faillites de Lehman Brothers, découvrir le journal de l’artiste à l’adresse suivante :

http://yearofmagicalpainting.blogspot.com/2008_09_01_archive.html

Et les images et commentaires de cette vaste catharsis, spectacle de rue dans une société du spectacle économique :  http://theannotatedfuld.blogspot.com/

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Août au soleil, septembre en crise

Posted by labetiseeconomique sur août 12, 2010

En août, c’est bien connu, il ne se passe rien. Tout s’endort en attendant la rentrée ou en attendant septembre pour comprendre qu’il s’est passé quelque chose. A en croire ce papier de Slate.fr : « pour la prochaine crise, rendez-vous le 15 août », les marchés financiers sont mêmes très tendus l’été. Problèmes de dettes, manque de liquidités, tout se mélange alors et menace d’exploser. Et parfois, ça explose en plein été : cessation de paiement, crise des subprimes et tout le toutim. A voir, avec le recul de 7 années, cette incroyable video de Jim Cramer, en 2003, sur le plateau de CNBC, chaîne d’information économique américaine.

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Demandez le programme!

Posted by labetiseeconomique sur juillet 6, 2010

Laurence Parisot vient d’être réélue, quel est son programme? Mystère et boules de gomme. Au PS, pour Martine Aubry, le programme c’est la société du « care »… Avis aux amateurs de hiéroglyphes égyptiens pour en décrypter les contenus. Pour faire face à la crise, les paris sont ouverts : rigueur ou relance, Ricardo ou Keynes, that’s the question. A Aix,  la « rilance », mélange de rigueur et de relance, a la préférence de Mme Lagarde. La garde est là, mais le cercle des économistes ne se rend pas et propose dix mesures pour bâtir une croissance européenne. Nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi, en 2008, ils n’avaient pas imaginé plutôt dix mesures pour éviter la crise et la récession.

Les voici :  1/ Pour une politique industrielle centrée sur les secteurs de la nouvelle croissance.  2/ Pour une écologisation de la politique industrielle. 3/ Pour un Small Business Act européen. 4/ Pour une politique de la formation et de la recherche. 5/ Pour une régulation des marchés financiers en Europe. 6/ Pour une politique macroéconomique active. 7/ Pour une surveillance macroéconomique intelligente et diffférenciée. 8/ Pour une immigration choisie. 9/ Pour un marché du travail unifié. 10/ Pour définir une politique européenne commune de transferts de technologie.

http://www.lecercledeseconomistes.asso.fr/

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La combinaison, l’entraîneur et ses joueurs, sur le tapis vert du monde

Posted by labetiseeconomique sur juin 13, 2010

L’année dernière, Alain Bernard perdait son titre de champion du monde par la faute d’une combinaison non homologuée. Dans les cafés du commerce, de nouveau, la combinaison est au cœur de toutes les discussions. Le 4-2-4 serait périmé, le 4 3 3 tendance. Et puis non, la martingale viendrait du 4-2-3-1. Commentaires de spécialistes aujourd’hui dans la presse, Domenech aurait du finir par un 4-4-2. Etre offensif ou défensif? Voilà le grand dilemme d’une équipe nationale et d’un jeu où tout est affaire de positions et de combinaisons. Dans les prétoires aussi il est question de positions, Jérôme Kerviel pensait avoir trouvé une martingale, il a fallu « déboucler » toutes ses positions. En matière de finance, quand il temps de défaire une position qui s‘avère hasardeuse, la contrepartie qui permettra de limiter les dégâts n‘est pas toujours au rendez-vous. Ce serait trop facile… Avis aux footballeurs. Le trader joue-t-il désormais offensif ou défensif? Difficile à dire et très ambigu. De son côté, J6M, Jean-Marie Messier Maître du Monde a choisi : sa combinaison, cette fois-ci, sera défensive! L’ancien patron de Vivendi plaide la malchance, voire la catastrophe naturelle. Plus fort que plus fort. Alors que, d’acquisitions en acquisitions, il lançait son groupe dans une course effrénée, survinrent l’éclatement de la bulle internet, le scandale Enron, le 11 septembre, bref, la chute de Vivendi et les milliards de dettes laissés par son président seraient le résultat d’un « perfect storm », ose-t-il à la barre. Après quelques jours de compétition en Afrique du Sud, dans les cafés du commerce, le doute l’emporte, on se perd en conjectures. Kerviel et la Société Générale. Jean-Marie Messier et Vivendi. Le joueur ou l‘entraîneur? On en oublierait presque les concurrents et le marché. « De toutes façons, on n‘est plus dans une optique de beau jeu, la défaite est devenu un drame financier plus qu’un drame sportif », constatait Michel Platini en 2002 (cité par Ollivier Pourriol, Eloge du mauvais geste, éditions Nil). Sur le tapis vert de la Coupe du Monde de football et des marchés financiers, parier en ligne, tenter sa chance, perdre et espérer se refaire. Une « tempête parfaite » peut si vite arriver…

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La folie des grands nombres

Posted by labetiseeconomique sur mai 17, 2010

En quoi compteront les générations futures? On peut se poser la question depuis deux ans. La nouvelle tendance est même de parler d’un air très assuré de chiffres qui ne parlent à personne sauf aux astronomes! En 2008, le FMI estimait à 1000 milliards le coût de la crise des subprimes. La crise des subprimes est devenue la crise, avec en prime une estimation révisée à 2000 milliards et aujourd’hui à 4000 milliards. Après les centaines de milliards de la crise, voici les sextillions d’Internet. L’un comme l’autre, ils nous emmènent sur une autre planète, à des années lumière, quand on voudrait rester sur terre. La semaine dernière, un dirigeant de Google affirmait ainsi que d’ici 2020, le web pourrait contenir 53 sextillions d’informations. C’est quoi un sextillion : c’est un million de quintillions, soit 1036!  Quelle infinie folie pour un monde fini.

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Qui connaît le président de l’Europe?

Posted by labetiseeconomique sur mai 10, 2010

Dimanche, l’Europe fêtait le 60e anniversaire de la Déclaration Schuman et la naissance de la Communauté européenne du charbon et de l’acier… « L’Europe ne se fera pas d’un coup, écrivait Robert Schuman, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait. Le rassemblement des nations européennes exige que l’opposition séculaire de la France et de l’Allemagne soit éliminée. L’action entreprise doit toucher au premier chef la France et l’Allemagne. »

La France et l’Allemagne : le couple européen, le seul. Que l’Europe soit à six, neuf, douze, quinze, vingt-sept, l’Europe se joue toujours à deux et la crise grecque le démontre une fois de plus. Depuis le 1er janvier, l’Union européenne a pourtant un président, ni français, ni allemand, mais belge, destiné à être le premier interlocuteur des grands pays étrangers lorsqu’il s’agit de parler d’une seule voix et de représenter les intérêts des Etats membres. Dont acte. Voici quatre mois plus tard avec la crise grecque l’occasion de mettre à l’oeuvre cette belle idée européenne. Qui discute avec le FMI? A qui téléphone Barak Obama lorsqu’il veut parler de l’Europe, de la crise grecque et de l’Euro? A HermanVan Rompuy?

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La crise au masculin pluriel

Posted by labetiseeconomique sur septembre 24, 2009

 Cette semaine, Le Monde, dans son supplément Economie, s’interroge : s’il n’y avait qu’une et une seule leçon à tirer de la crise, laquelle choisiriez-vous? A n’en plus douter, que cette crise est sexuée : son histoire s’écrit au masculin pluriel. 13 personnalités interrogées, triées sur le volet et semble-t-il représentatives du monde des affaires et de la politique, dont une seule femme : Dominique Sénéquier, présidente du fonds d’investissement Axa Private Equity. Voilà l’histoire qui nous est racontée, la crise est encore et toujours une affaire d’hommes. Belle parité.

* Hier, Nadine Morano a convié à déjeuner toutes les anciennes secrétaires d’Etat ou ministres des droits des femmes de ces trente dernières années….pour parler de la lutte contre les inégalités salariales, la réforme du congé parental et le combat contre les violences faites aux femmes. Trente ans et encore tant de chemin à parcourir.

* Et si Lehman Brothers s’était appelée Lehman Sisters ? La banque centenaire aurait-elle fait faillite? La boutade fait bien rire aux Etats-Unis alors qu’on commémore la faillite de Lehman Brothers. Et si nous la prenions au sérieux?

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