La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

Posts Tagged ‘confiance’

« Le double cheese burger est de retour »

Posted by labetiseeconomique sur mai 8, 2010

D’abord, en décembre, cette question existentielle qui nous était posée par surprise : « et vous, quel effet ça vous fait le retour de la grande Danette? », des groupes sur Facebook. Et voilà que cela recommençait. C’était vers la mi-avril, une nouvelle incongrue en période de crise et de faitespasçi-faitespasça, mangez des fruits et des légumes, bougez, ne grignotez pas entre les repas, fumer tue, de portions allégées en calories et non en euros, de baisse de la tva illusoire. Là aussi, c’était une information publicitaire, plus factuelle encore : « le double-cheese est de retour »! Quand le double-cheese avait-il disparu et pourquoi ? A la fin des années 1990, seulement en France semble-t-il. Halte aux excès ! Et soudain, il était de retour. Même question renversée : pourquoi était-il donc de retour? Deux fois plus de viande, deux fois plus de fromage, dingue, une énorme promesse de bonheur intérieur brut en période de crise. Double cheese. Faites Cheeeeeeeese, l‘envie de sourire. Un message de bonheur pavlovien en diable ! Jamais, nous n’avions mangé même l’ombre d’un double-cheese et, soudain, la nouvelle nous réjouissait. Le double-cheese était de retour, comme si, plus tard, les livres d’histoire noteraient ce jour comme celui qui aurait marqué symboliquement la reprise de la consommation, comme s’il nous avait manqué, petite madeleine de nos années 1980. Et nous gagnait soudain l’envie de manger ce double-cheese, de s‘en mettre plein les doigts avec délice, tomates, cornichons. Finir par un gros pot de Danette à la vanille. Junk food des années 1980.

Alors que la tendance est la restriction des dépenses alimentaires superflues, le retour de la grande Danette et du double-cheese burger sont deux beaux exemples de storytelling de la consommation : la création d’un manque mythique, l’affirmation de la mémoire collective d’un bonheur passé lié à des temps d’insouciance, l’enfance ou l’adolescence et l’activation de signes de confiance/plaisir. Le message est tout simple. Mangez en paix, détendez vous. Tout va bien, pourquoi s’inquiéter, pourquoi ne plus consommer, puisque que la grande Danette et le double-cheese sont de retour. Et si c’était le contraire, puisque tout va mal, que les Français n’ont jamais été aussi déprimés, pourquoi vous priver? A merveille, cette incitation au plaisir de consommer fonctionne à double sens.

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Aphorisme sur le crédit

Posted by labetiseeconomique sur septembre 10, 2009

Petite lecture rafraîchissante : quelques aphorismes de Samuel Butler, l’un des plus grands écrivains de l’ère victorienne (1835-1902). P125 (Contrevérités, Rivages Poches, 2009), le « système du crédit » : « Le monde entier vit sur le système du crédit, si l’on exigeait de tout un chacun de payer en espèces, cela mènerait à la faillite universelle. Nous pensons d’une certaine façon parce que c’est ainsi que pensent les autres. Mais si pour faire l’échelle chacun s’appuie sur l’autre, où se tient celui qui est tout en bas ? La foi n’est pas le fondement car elle repose en définitive sur la raison. La raison n’est pas un fondement car elle repose sur la foi ».

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Vers un autre monde économique

Posted by labetiseeconomique sur septembre 4, 2009

Peut-on aujourd’hui, au coeur d’une dépression mondiale sans précédent, commencer à réfléchir à un autre monde économique? Au-delà de l’urgence, penser l’émergence? La crise n’est ni simplement financière ni classiquement cyclique. Elle traduit un déboitage de l’économie et de la société. Tout bouge en même temps : la valeur des biens et des actifs, les limites des entreprises et des réseaux, les frontières de l’intime et du collectif. Quelle lumière peut surgir d’un tel maelstrom? C’est à cette interrogation que se sont confrontés, selon de multiples approches, les membres du groupe Economie du Forum d’Action Modernités. Auteurs : C. Blondel, F. Fourquet, P. Frémeaux, M. Guillaume, M. Henochsberg, P. Lemoine, P. Moati, Y. Moulier Boutang, F. Rachline, A. Rebiscoul, D. Toussaint, M. Volle, R. Zarader. A lire : « Vers un autre monde économique », Descartes & Cie, 2009.

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« Bréviaire pour le futur »

Posted by labetiseeconomique sur avril 25, 2009

Ségolène Royal demande pardon… pour d’autres. Alan Greenspan, grand oracle du libéralisme, reconnaît s’être trompé. Bernard Madoff plaide coupable, mais est-ce la contrition qu’il l’anime vraiment. Faute avouée, à moitié pardonnée, se dit sans doute l‘homme qui perdit 50 milliards? Toujours joueur!  Malgré la crise, le temps n’est guère à la repentance, ainsi que le constate Philippe Plassart, dans son dossier « Bréviaire pour le futur », à la Une du Nouvel Economiste de cette semaine. « Sans cet indispensable travail sur soi, mené collectivement, le désuet mais ô combien utile, examen de conscience des croyants, aucun dispositif, même le plus contraignant qui soit, n’y pourra rien pour domestiquer la finance ».

Henri Madelin, jésuite, Michel Musolino, professeur d’économie, Pierre de Charentenay, Philippe Bourguignon (Revolution Resort), jésuite (Etudes), Gabriel François, conseiller financier, Eric Le Boucher, journaliste (Enjeux-Les Echos, Slate) Vous est-il arrivé, dans votre vie professionnelle, d’être en porte-à-faux avec vos convictions profondes? Réponse de Robert Zarader.

«  15%!… et 100% de regrets. Je souris avec crispation quand je lis l’exigence des 15% de rentabilité et de profit des grands groupes internationaux, souvent américains, ne serait qu’un mythe. Il n’en est rien : c’est une contrainte devant laquelle il faut se plier, à n’importe quel prix. Pourtant, comment un chiffre, servant les intérêts de lointains actionnaires individuels, peut-il seul donner le sens, devenir l’unique référence de gestion des managers et réduire leur vision stratégique au cours de Bourse, sans aucune réflexion véritable sur le contexte économique, social, territorial et financier? Pour moi, dans ma vie professionnelle, cette règle dut dicter une série de licenciements dans une entreprise qui allait de mieux en mieux. J’y ai sacrifié hélas quelques amitiés mais retenu la leçon : plus jamais ça. Non à la bêtise économique et non à la dépendance insensée. La première, je l’ai dénoncée récemment en la décryptant. La seconde, je l’ai rejetée en choisissant de devenir mon propre patron. »

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Dette des Etats : l’introuvable principe de précaution

Posted by labetiseeconomique sur janvier 27, 2009

Le développement durable est « un développement qui répond aux besoins du présent, sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». La définition, ainsi écrite dans le rapport Notre avenir à tous (Commission Brundtland), valait en 1987 pour l’environnement. Elle s’applique aujourd’hui en matière d’investissement, de recherche et d‘innovation, alors que le gouvernement lance un nouveau Grenelle, consacré cette fois-ci à l‘innovation. Elle s’applique aussi à la question de la dette publique. Comment sera financé in fine le sauvetage des banques ? Première édition et bientôt Deuxième édition. De quel principe de précaution s’entoure-t-on ? En matière environnementale, le principe de précaution a été inscrit dans la Constitution en 2005, en y adossant la Charte de l‘environnement. Pour ou contre l’inscription du principe de précaution dans la Constitution ? Le débat anima de nouveau la communauté scientifique, les juristes et les politiques en 2007 lorsque la Commission Attali proposa de revenir sur ce point. Ne peut-on admettre que la tentation de réduire (voire le fantasme d’abolir) le risque, au nom de ce principe de précaution, pèse sur la dynamique de l’innovation et de la recherche? Ne faut-il pas relire l’histoire et mieux considérer une vision du progrès qui a fait ses preuves, où l’inconnu et le risque étaient partie intégrante de la recherche? Ne faut-il pas tout simplement faire confiance aux chercheurs et admettre que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme »?Pour les défenseurs de l‘environnement, le principe de précaution est l’un des piliers du développement durable. Dont acte. Revenons donc aux générations futures et à la dette publique, en opposant à la finance ce qui l’a été la science en matière de risque. De quel principe de précaution ne s’est-on pas entouré, même finalement, en tirant les leçons de l’affaire Enron ? En 2009, le total des emprunts des Etats va franchir la barre des 3000 milliards de dollars. 3000 milliards de dollars! De quel principe de précaution s’entourent les Etats en s’endettant à des hauteurs si considérables ?

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Les conseillers ne sont pas les payeurs

Posted by labetiseeconomique sur janvier 17, 2009

La crise, et c’est là tout son charme (mot à double sens), apporte chaque jour des mots nouveaux. Aujourd’hui, lu dans Libération, l’expression « side pocket », à propos, toujours et encore de l’affaire Madoff. Qu’est-ce donc?Une « poche », nous dit le journal, « séparée du reste des placements, où les actifs pourris de Madoff, logés dans Luxalpha, sont mis à part et leur valeur remise à zéro ».

 

Cherchons sur google. En anglais, d’abord « A type of account used in hedge funds to separate illiquid assets from other more liquid investments. Once an investment enters a side pocket account, only the present participants in the hedge fund will be entitled to a share of it. Future investors will not receive a share of the proceeds in the event the asset’s returns get realized. »

 

En français, on apprend aussi que le «  Side Pocket est un jeu vidéo de billard ». Voilà qui est plus clair ! En France, de petits épargnants jouaient au billard et ne le savaient pas ! Nul n’est censé ignoré la loi… de la finance. CQFD.

 

La bêtise économique serait-elle d’avoir fait confiance à son conseiller bancaire ? En toute bonne foi, puisqu’il était là pour conseiller, comme son nom l’indique. Et finalement, aveuglé par la belle histoire de rendements sans risque, d’avoir cru que des actions pouvaient être des placements de père de famille, d’avoir trouvé la martingale en plaçant ses économies dans des fonds proposant de meilleurs rendements, et finalement de découvrir, le filtre passé, qu’aller en amateur, certes confiant, dans un monde de professionnels, est à ses risques et périls.  

 

NB : Ne pas confondre, quoique, le Side Pocket avec le Pocket Side, sorte d’engin pour Satanas et Diabolo et autres amateurs de frisson…

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Les milliards perdus ont-ils tous la même valeur ?

Posted by labetiseeconomique sur décembre 16, 2008

Qui a perdu des milliards ? Le grand « jeu » de la plus grosse poire du montage Ponzi de Bernard Madoff se poursuit, au rythme des communiqués de presse publiés par les banques. Les privés, exceptés quelques célébrités, restent plus discrets. « Jeu » dit règle de jeux, hors-jeux, arbitre. Et voilà ce qui paraît incroyable. Ponzi avait réussi sa gigantesque pyramide à une époque où la communication, la maturité financière et le contrôle étaient sans commune mesure avec ce qu’elles sont aujourd’hui. 

Mais aujourd’hui ? Y-a-t-il un pilote à Wall Street ? Comment ce montage a-t-il pu passer entre les mailles des contrôles de la Securities and Exchange Commission (SEC), le « gendarme de la Bourse américaine » ? Tous égaux devant le contrôle ? « Bernie connaissait tout le monde », « c’était un homme influent », « on n’aurait pas cru cela de lui », voilà toutes les petites phrases qui composent, de commentaires en commentaires, la petite musique de la confiance… et le pouvoir d’influence que peuvent avoir certains acteurs, drapés dans leurs références et mieux placés que d’autres sur l’échiquier de la finance.  Je te tiens, tu me tiens par la barbichette… Aveuglement, hyperconfiance, mais surtout, apparemment, question d’égalité et de protection.

Au-delà des montants, au-delà de la façon dont cette crise remet en cause les règles de régulation des acteurs, cette affaire est un vrai coup dur, le coup de trop qui transforme la crise de confiance en une crise de défiance. Pour la première fois depuis le début de la crise, cette affaire touche en effet différentes formes d’argent : celui de fondations philantropiques (la fondation Elie Wiesel pour l’humanité, par exemple), celui de milliardaires ou de grandes banques. Entre le blâme, la compassion et l’indifférence, on le voit bien dans les médias, le coeur balance.  Qui veut bien croire à de tels profits peut-il être surpris à la découverte du risque encouru, mais trop tard ? Tel est pris qui croyait prendre, se disent-certains ? X milliards, amputés de deux milliards, pour un milliardaire, ce sont quand même encore beaucoup de milliards ? Mais que sont x milliards, amputés de deux milliards, pour une fondation ?

Les milliards perdus ont-ils tous la même valeur ? Voilà la question que pose cette crise, voilà pourquoi, au-delà de toutes les analyses techniques qui occupent l’opinion aujourd’hui, cette crise marque une rupture majeure. Parce qu’il s’agit d’une crise du sens, d’une crise qui interroge sur le sens de l’enrichissement, sur la valeur de l’argent, en touchant toutes formes d’argent, l’économie -casino comme l’économie sociale. Bon argent, mauvais argent ? Qu’elle soit issue d’une culture fondée sur la réussite sociale pour laquelle la philantropie joue un rôle majeur dans l’accomplissement de soi ou d’une culture judéochrétienne.  Qu’elle soit américaine ou européenne, l’opinion fait le tri, le même.

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La confiance ne se décrète pas

Posted by labetiseeconomique sur novembre 11, 2008

Le mot « confiance » figurant ces jours-ci en bonne place dans les critères de recherche et d’accès à ce blog, voici un extrait d’une tribune parue dans Les Echos…. du 29 décembre 2006. Et qui reste fortement d’actualité.

Envie de changer ou recherche de protection, optimisme ou moral en berne, épargne ou investissement, engagement ou rupture de contrat… Chaque jour, l’actualité peut se lire à l’aune de la confiance que citoyens, consommateurs ou salariés portent aux grands acteurs de l’économie, l’Etat et l’entreprise. L’Insee la mesure d’ailleurs chaque mois. L’indicateur de confiance des ménages, fondé sur le niveau de vie, l’envie de consommer et la situation financière personnelle, est même l’un des deux indices majeurs de l’enquête mensuelle de conjoncture réalisée par l’institut national !

La confiance en un avenir matériel et individuel comme gage de croissance et de prospérité collective ? Rien n’est moins sûr. Le mieux n’est-il pas l’ennemi du bien ? La recherche d’indicateurs alternatifs fait ainsi l’objet de nombreux débats depuis quelques années, d’aucuns cherchant à démontrer l’incomplétude des indicateurs seulement liés à la seule activité économique comme indicateurs exclusifs de richesse et de « bonne santé » d’une société. C’est ainsi qu’est née, sous l’impulsion notamment de l’économiste Lars Osberg, l’idée séduisante d’un indice de bien-être économique durable des individus et de leur environnement. Par l’influence qu’elle exerce sur les relations interpersonnelles et intergroupes, la question de la confiance a partie liée à cette réflexion, où se mêlent également de nouvelles exigences en matière de responsabilité et de gouvernance.

La confiance se gagne, se perd, s’effondre et se restaure. Deux chiffres seulement : les trois quarts des jeunes de 15 à 30 ans (source Ipsos) déclarent aujourd’hui qu’ils « aimeraient travailler dans la fonction publique s’ils en avaient l’opportunité », la garantie de l’emploi étant leur principale motivation. Seulement 48 % des Français jugent la presse écrite crédible (TNS Sofres). Comment expliquer ces chiffres ? Question de confiance ! Depuis une dizaine d’années, pour mieux comprendre la dynamique des groupes, l’irrationalité des représentations ou la versatilité des jugements, l’économie, trouvant là ses limites, fait de plus en plus appel à la sociologie et la psychologie. Et on ne peut que constater l’usage désormais récurrent de la notion de confiance pour définir la qualité des relations et des échanges entre les individus et la société.

Si la confiance a bien une incidence, à la hausse ou à la baisse, sur la qualité d’une relation économique, personnelle ou politique (partenariats, alliances, contrats, investissements communs, etc.), en quoi vient-elle la rendre plus performante, simplement plus sereine, formellement ou durablement ? Comment décrypter les déclarations d’intention, parfois polysémiques, des acteurs (un consommateur a-t-il le même degré de confiance en une marque ou une entreprise, selon qu’il se place de son point de vue de salarié, d’actionnaire ou de citoyen) ?

La notion de confiance, modélisée, a ainsi acquis un véritable statut dans l’analyse économique et politique des acteurs et de leur environnement, au point que la logique s’est inversée. La confiance n’est plus seulement perçue comme un tiers facteur d’influence. Dans un monde de plus en plus complexe, où de multiples intervenants contribuent à la prise d’une décision, la confiance est devenue une notion centrale ; elle détermine le passage à l’acte, ce moment indicible de la bascule vers un oui ou vers un non, elle nourrit le doute ou contribue au rejet d’une politique, d’une entreprise, d’une marque ou d’un produit.

Face à cette nouvelle tendance qui tendrait à fonder le management des opinions sur la seule dialectique du « avoir confiance ou pas », il est bon de rappeler que la confiance n’est pas une valeur en soi. A statut de valeur ce qui crée ou détériore la confiance : l’honnêteté, la transparence, l’ouverture ou la loyauté, par exemple. La confiance, elle, relève du résultat et de la garantie transitoire. La confiance ne se décrète pas. C’est d’abord une question de temps, et ce n’est pas qu’une affaire de mots. Une relation de qualité sur la durée, la cohérence d’un discours et une capacité à se remettre en question en permanence en sont les constituants majeurs.

Pour inspirer confiance à l’ensemble de ses parties prenantes, l’entreprise ou l’institution doit aussi et d’abord avoir confiance en elle, par elle et à travers ceux qui la représentent. Croire en l’intelligence de ses partenaires comme de ses différents publics est un acte fondateur. C’est penser que son propre discours ne devient légitime que parce des hommes et des femmes acceptent de l’incarner et d’autres de le critiquer. Sans explication, sans dialogue, sans perspective, chacun a tendance à privilégier le court terme ou sa propre trajectoire. Quand, à l’instar de Kaa, le serpent du « Livre de la jungle », certains disent : « Aie confiance, crois en moi », le conseil en communication corporate réplique : « Qu’as-tu fait, que fais-tu, et demain que feras-tu pour que l’on garde confiance en toi ? »

(Texte co-écrit par Philippe Pailliart, Eric Zajdermann et Robert Zarader)

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La confiance sera difficile à rétablir, selon des experts

Posted by labetiseeconomique sur octobre 14, 2008

 PARIS, 12 oct 2008 (AFP), Par Pascale MOLLARD-CHENEBENOIT et Richard INGHAM – Essentielle pour l’économie et les marchés, la confiance sera difficile à regagner, soulignent plusieurs professeurs et communicants pour expliquer l’aggravation de la crise boursière en dépit des gigantesques efforts des diverses autorités dans le monde.
« Il y a une grande part d’irrationnel dans cette crise. Mais il y a aussi le sentiment que l’on ne voit que la partie immergée de l’iceberg, que les acteurs de la finance ne savent pas exactement à quoi s’en tenir, les politiques non plus », estime Robert Zarader, économiste, (société de conseil Equancy). « Les gens sont déboussolés, ils ont l’impression qu’il n’y a pas vraiment de pilote dans l’avion », selon lui. « Reconstruire des repères prendra du temps », poursuit-il. (…)

Lire les reprises sur les sites internet des journaux, Les Echos, 20 minutes, Le Point, le blog finance, le blog d’Alain Lambert.

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La communication de crise en récession ? (Stratégies, 9 octobre 2008)

Posted by labetiseeconomique sur octobre 9, 2008

Tribune publiée dans la rubrique Idées. « Depuis 24 heures, la France est en récession ». C’était le 2 octobre dernier, l’information passait en boucle dans tous les médias. Deux trimestres négatifs, game over ! Récession ! Le mot tant redouté. D’un jour à l’autre, en vingt-quatre heures!, la France basculait d’une croissance molle ou en recul, à…le mot est lancé, la récession. A la Une de Libération, un plat de patates bouillies. Plus de beurre ! Dans le même temps, en moins d’un an outre-Atlantique, de grandes banques mondiales ont disparu ou presque, un géant de l’assurance sauvé in extremis, autant de compagnies dont la longévité était gage d’immortalité et d’invincibilité. Touchées, coulées! Fin de l’histoire. La liste des victimes de la bombe financière à fragmentation qui fractalise le monde capitaliste, s’allonge de jours en jours et… et que va-t-il se passer? Qui peut écrire la suite de l’histoire ? « Le moment est grave, la suite est imprévisible, mais n’ayez pas peur », voilà, en substance, ce que s’accordent aujourd’hui à dire politiques et experts, dans un art consommé de la diplomatie et de la guerre. Les causes sont connues, mais non l’ampleur du mal, le remède est incertain, la guérison va être longue. Si union il y a aujourd’hui dans l’analyse de la crise, elle est d’abord dans ce basculement d’une communication de crises à un mouvement planétaire et solidaire de communication de La Crise.

Dans une France déjà encline au pessimisme, où la défiance envers les entreprises perdure, le rôle des médias est essentiel dans la fabrique de l’opinion ; politiques et experts le savent. Crise financière ou crise systémique? Crise morale à sanctionner ou crise profonde du capitalisme ? Croissance négative ou récession? La bataille de mots fait rage. Crise de confiance durable, là tous sont d’accord et, depuis plusieurs semaines, cherchent plus ou moins implicitement à contraindre les médias à une forme d’union nationale. Quelle histoire s’agit-il de raconter? Comment donner au récit de La Crise sa juste signification, comment ne pas emporter le traitement de l’information dans une mécanique uniquement narrative et émotionnelle? Les faits, rien que les faits, des commentaires mesurés. Ne pas céder au commerce médiatique efficace de la peur et de ses corollaires qui conduirait des cohortes de citoyens vers leurs banques dans un mouvement de panique généralisée.

L’exercice d’équilibriste est difficile et non dénué de paradoxes : en septembre, la rentrée sociale se focalisait sur la baisse du pouvoir d’achat ; en octobre, désormais, dans un élan de pédagogie bancaire, les médias assurent les citoyens que l’Etat protégera leurs dépôts à hauteur de 70 000 euros. Voilà les braves gens désormais rassurés. Mais celui qui possède cette somme en banque peut-il avoir des inquiétudes sur son pouvoir d’achat? Et c’est ainsi, insidieusement, en même temps qu’il s’agit d’expliquer l’économie -monde à l’opinion publique, qu’une lecture morale de la crise s’installe peu à peu dans les médias et chez les politiques. Que dire encore de l’indécence suggérée de ces 70 000 euros face à la recherche des patrons golden parachutés d’une entreprise en faillite. Tout devient caricature de ce que l’opinion ou la morale réclameraient. Dans un monde d’images en réalité fort peu coutumier de l’information financière, il faut rendre tangible et visible ce qui paraît ne pas l’être. Les bons patrons et les mauvais patrons. Cette dialectique populiste va peut-être à nouveau écarter la véritable analyse économique et politique du sujet. Les politiques, à la manœuvre dans ce travail d’assainissement prétendu, s’affichent comme les garants de l’intérêt général mais ils n’oublient jamais leur intérêt propres et leurs tactiques de court terme.

La crise de confiance est bien là, partout présente. Et, peut-être que dans la litanie des articles qui affirment ou infirment avec la même certitude,au gré des analystes, l’analogie à la crise de 1929, ces « experts » oublient d’en rappeler une dimension sémantique,1929 fut qualifié de Grande Dépression, la crise de confiance actuelle risque de se transformer en des millions de »petites dépressions »…

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