La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

Posts Tagged ‘Bettencourt’

Une amitié « hors de prix »

Posted by labetiseeconomique sur octobre 1, 2010

Le Parisien, Libération, Le Figaro, etc., etc. Aujourd’hui, nombre de médias relaient et réécrivent l’entretien donné par Liliane Bettencourt à Paris Match, évoquant sa relation avec François-Marie Banier, heureux destinataire d’oeuvres d’art et diverses choses, estimées à un milliard d’euros. Et ce même mot qui revient sans cesse : « hors de prix ». Cette amitié du « toujours plus », « toujours plus gros », cette amitié « hors de prix ». « Hors de prix », « Hors de prix ». Même pour une milliardaire… On pense à Montaigne et La Boétie, parce que c’était lui, parce que c’était moi. A Aristote, « l’amitié est une certaine vertu, on ne va pas sans vertu ». L’amitié a-t-elle un prix? Une amitié est-elle naturellement désintéressée? Ne faut-il pas être bien seul(e) pour s’acheter des amis? L’historienne Anne Vincent-Buffault a publié récemment un livre original sur l’amitié (Bayard, 2010). Et ce n’est pas toujours l’idée que nous nous en faisons aujourd’hui. Dans le monde grec et au Moyen Age, l’amitié n’était pas gratuite. C’était une relation sociale, nous explique-t-elle. A partir du XVIIIe, il ne fut plus question de mélanger les intérêts… Qu’est-ce que l’amitié… Philosopher, ça n’a pas de prix.

A lire également : L’amitié comme introduction à l’éthique, Louis Brunet, 1988.

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Le patriotisme économique en temps de crise

Posted by labetiseeconomique sur septembre 11, 2010

Dans Le Figaro (10 sept), Olivier Pastré revient sur l’affaire Bettencourt… une affaire qui pourrait devenir une affaire L’Oréal-Nestlé si personne n’y prend garde, et vu l’âge déjà avancé de Liliane Bettencourt. Extrait : « Que faire face à la volonté de Nestlé de prendre le contrôle de L’Oréal? D’abord calmer le jeu. Les magistrats qui vont avoir à juger de l’affaire Bettencourt doivent prononcer le droit, mais rien ne les empêche de faire en sorte que le droit ne soit pas le complice du déni de réalité économique. Ensuite l’Etat ferait mieux de se préoccuper de l’avenir de l’industrie nationale que du seul avenir du ministre de l’emploi ». Un enjeu économique au coeur du débat et pourtant souvent écarté du jeu.

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Bettencourt-Banier-Woerth, les Mystères de Paris

Posted by labetiseeconomique sur juillet 19, 2010

C’est le paradoxe de la presse : on ne lit jamais autant qu’en vacances, mais comme tout le monde est en vacances, les journalistes, les politiques, la vie économique, à peine passé le 14 juillet, les journaux fondent comme neige au soleil, remplacent l’actualité par des « séries d’été » de seconde catégorie, des éditions spéciales « philosophie » ou des pages « jeux » et passent ainsi doublement l’occasion de séduire de nouveaux lecteurs au cerveau soudain plus disponible. Belle bêtise économique, comme le montre l’intérêt pour l’affaire Bettencourt-Banier-Woerth. En quelques mois, l’affaire est devenue feuilleton, pour de nombreuses raisons : l’histoire est exceptionnelle, elle traverse le siècle, les personnages, les lieux, du 7e arrondissement aux Seychelles, s’entre-mêlent dans le monde des affaires et de la politique, au plus au niveau, l’héritière d’un numéro un mondial et le gouvernement de la France. Et l’argent au coeur de tout. Pour tout cela mais pas seulement, il fallait réussir à l’étirer vers l’été pour qu’elle fasse l’été, tant c’est une belle aubaine économique quand l’actualité ralentit! Elle fera aussi l’été parce que, été ou pas, les vieux routiers du journalisme d’investigation, ceux qui savent « faire tomber » les politiques, sont à la manoeuvre. Et surtout, comme à chaque nouvelle « affaire », ce fut le cas pendant l’affaire Clearstream, parce que les médias redécouvrent combien l’art du feuilleton est un vrai moyen de fidélisation des lecteurs.

A l’origine, le feuilleton désignait le bas de page des journaux, appelé aussi le « rez-de-chaussée » par les metteurs en page. Sur cette partie, se trouvaient les articles critiques, y vinrent les feuilletons. A la fin du XIXe siècle, tout autant qu’elles permirent à la presse de conquérir un public plus vaste, ces publications en« bas de page » marquèrent l’avènement d’une littérature populiste et industrielle, caractéristique de l’émergence d’une culture de masse. Certains critiques y virent en revanche une dérive commerciale de la littérature, il est vrai que les auteurs étaient payés à la quantité et en peine d’idées dans des délais très courts prirent peu à peu l’habitude s’inspirer dans les archives médicales ou judiciaires pour donner plus de véracité de leurs romans. Ah, tiens? On croirait retrouver là le débat actuel entre la « presse d’investigation » et la presse de « procès-verbaux ». Eugène Sue publia en feuilletons Les Mystères de Paris. Aussi rocambolesque est l’affaire Bettencourt-Banier-Woerth, aussi utile est-elle à une réflexion sur l’économie des médias… et à une aigre alphabétisation des masses à des pratiques d’un autre monde!

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