La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

Posts Tagged ‘affaires’

Crisis killers

Posted by labetiseeconomique sur septembre 2, 2009

Dans son numéro de septembre, Technikart revient sur plusieurs crises qui ont marqué la vie politique, sportive ou économique de ces dernières années : l’affaire Gasquet, l’affaire Lassalle-Toyal, l’affaire Kerviel-Société Générale.  Six commandements pour une entreprise ou un individu : le premier, le terrain tu occuperas / même dans la merde tu assumeras / la transparence tu joueras / De bons copains tu entretiendras / internet prudemment tu géreras / ton capital sympathie tu travailleras. A lire, notamment, les points de vue de Christophe Reille, Anne Meaux, Robert Zarader….

Publicités

Posted in Polémique(s), Regard critique | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

les derniers jours de Sediver, à Saint-Yorre

Posted by labetiseeconomique sur juin 13, 2008

Didier Le Gorrec, Journaliste indépendant

Bravo pour votre livre, qui met en valeur une certaine dérive du traitement médiatique et politique des affaires de ce type. Dans les questions liées aux fermetures de site, la vérité est rarement dite car elle n’arrange ou n’intéresse personne. Je voudrais dire deux mots ici de l’affaire Sediver, à Saint-Yorre, qui semble tout à fait bien correspondre à ce que vous nommez pertinemment la « bêtise économique ». L’entreprise a d’ailleurs rapporté ces événements dans un « Livre Noir », n’ayant pu trouver d’autre solution pour que l’on écoute sa version des faits. Constatant une perte de compétitivité de son site auvergnat (par rapport à son principal site de production transalpin, le coût de l’heure de travail à Saint-Yorre y était plus élevé de 87 % et le coût par personne et par an, de 57 %), Sediver, qui fait partie du groupe italien Seves, a voulu fin 2003 en finir avec la dégradation chronique de son bilan sur 8 exercices. Début 2004, la direction a demandé la consultation du Comité central d’entreprise sur un projet de fermeture. Après une première période houleuse de négociations marquées par une stratégie de blocage de la part du CCE (absence aux réunions, refus de signer les PV), Sediver a proposé finalement un projet alternatif visant à sauver 166 emplois sur 286, soit plus de la moitié des effectifs, sans compter les possibilités de départs en pré-retraite (pour une cinquantaine de personnes ni les reclassements). Le Groupe s’est alors dit prêt à investir 10 millions d’euros pour adapter l’outil industriel à de nouvelles fabrications. Un projet que l’État était prêt à soutenir {via un « plan Sarkozy », ce dernier étant alors ministre de l’Économie et des Finances} et que le Préfet a qualifié de « sérieux ; cohérent et fiable ». Mais ce plan de sauvegarde a été refusé par le CCE. Et le site a donc fini par fermer.
Il est une chose de constater le jusqu’auboutisme qui a alors été mis en œuvre par les instances représentatives du personnel (blocage des fabrications, demande d’augmentation des salaires de plus d’un tiers, proposition d’un plan B non viable, refus de signer les PV de réunion, recours systématique à l’obstruction, etc. ). Bien que contre-productif dans le cas de Sediver à Saint-Yorre (puisqu’aucun emploi n’a été sauvé de ce fait), il fait partie d’un jeu traditionnel d’intimidation et de défense des intérêts, même si ce jeu est allé un peu plus loin dans ce cas.


Il est autre chose d’analyser le traitement politico-médiatique de cette « affaire Sediver ». Avec un constat clair : les protagonistes de cette affaire ont fait l’objet d’un écho différencié dans les médias. « L’aventure humaine » étant plus encline à captiver le lecteur que « l’aventure économique », c’est l’histoire du personnel de l’usine de Saint-Yorre qui a servi de « prisme » pour évoquer le conflit. De facto, l’opinion de l’intersyndicale, ainsi que ses arguments, ont été repris dans la presse régionale et locale comme autant d’éléments supposés (et en quelque sorte légitimés) d’un récit objectif des événements. Une portée médiatique d’autant plus large qu’autour du « problème Sediver » se sont cristallisées les difficultés économiques du bassin d’emploi de Vichy-Cusset et, au-delà, celles du département et de la région. Les préoccupations actuelles de la population (en premier lieu, l’emploi et les délocalisations) ont servi de caisse de résonance à l’affaire Sediver. Dans ce contexte, les élus locaux (municipalité, conseil général, conseil régional) ont eu tendance à se positionner comme porte-parole des salariés de Sediver en particulier et de la population auvergnate en général. Ainsi ont-ils régulièrement demandé des comptes aux autres acteurs que sont l’État (ministère, préfecture) et l’entreprise. Réflexe légitime, à bien des égards : ils sont les représentants du peuple, élus par lui. On peut regretter toutefois que la classe politique locale (et parfois nationale) n’ait pas souvent développé auprès de son électorat une « pédagogie de la réalité » qui aurait contribué à sauver un nombre très important d’emplois. L’un des faits les plus caractéristiques de ce traitement médiatique est l’utilisation à tout bout de champ du mot « délocalisation » dans la presse, en particulier régionale et locale. Parallèlement au plan de sauvegarde de ce site non rentable, le groupe Seves a en effet souhaité rapprocher sa production de sa clientèle chinoise. Pour le groupe, l’ouverture d’un site de production en Chine avait pour but de se rapprocher de ce marché local, où les prix pratiqués sont très inférieurs aux prix européens. C’était donc produire en Chine pour vendre en Chine, ce qui n’a rien à voir avec une délocalisation « off shore » qui serait destinée à vendre à bas coût en France.

Dans cette affaire, la politique politicienne a donc pris  le pas sur toute réflexion d’ensemble de la part des élus, notamment locaux. À cet égard, certains politiciens ont alimenté dans la communauté locale l’espoir de modifier les décisions de l’entrepreneur. Une attitude que l’on peut qualifier d’irresponsable sur un plan social : dans un pays de droit où les stratégies industrielles sont clairement élaborées par l’entrepreneur (ce que ces politiciens n’ignorent pourtant pas), alimenter de tels espoirs signifie sacrifier les travailleurs et leur famille au bénéfice de la prise de parole politique.

De ce point de vue, les propos tenus  par le maire de Vichy, au conseil municipal du 8 juillet 2005, ont témoigné d’un renversement de situation notable. « Cela fait un an que je m’interdis de répondre aux attaques dont fait l’objet {le plan} Sarkozy, un an que j’ai envie de crier à la manipulation, a déclaré Claude Malhuret en séance. Maintenant que tout est fini, je ne vais pas me gêner. Parce que moi, je n’ai rien à me reprocher, contrairement à tous ces irresponsables qui ont conduit au gâchis. Aujourd’hui, chacun sauf vous {à l’adresse de l’opposition municipale} s’est aperçu de la réalité. La réalité, c’est qu’au nom des grands principes, il y a eu zéro emploi à Sediver, c’est qu’on est passé à côté de 160 emplois. Aujourd’hui, tout le monde a compris que les arguments de ceux qui ont refusé le plan Sarkozy, c’était du vent. Un jour ou l’autre, il faudra bien dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. » Des propos qui se passent de commentaires…
 
 
 
 
 

 

Posted in Autour de la bêtise, Derniers articles, Histoires d'hier | Tagué: , , , | 11 Comments »

En réponse à « la bêtise économique et moi » de Frédéric Lemaître

Posted by labetiseeconomique sur juin 2, 2008

Lettre envoyée à Frédéric Lemaître, en réponse au commentaire posté sur ce blog.

« Contrevérités ». Quel curieux choix que cette antiphrase pour qualifier notre travail d’enquête ? Le dictionnaire de la langue française d’Alain Rey définit ainsi le mot contrevérité : « par extension, le nom désigne une assertion contraire à la vérité mais qui peut être faite de bonne foi, puis, par euphémisme, une erreur, voire un mensonge ». Question : Frédéric Lemaître a-t-il choisi l’euphémisme ou nous considère-t-il de bonne foi ? Avant tout autre commentaire, nous tenons à préciser que notre analyse demeure telle que nous la présentons dans le livre, dont Frédéric Lemaître expose par ailleurs une vision très réductrice.

Nous avons écrit : « L’article long de quatre colonnes, n’a certainement pas été écrit le matin même, il a mûri à la rédaction. », soulignant ensuite la construction exemplaire du scoop évoqué. Ce « certainement » est le premier point de la critique de Frédéric Lemaître. Finalement, à la lecture de sa lettre, nous devrions presque regretter cet adverbe, puisque dès la deuxième page, Frédéric Lemaître nous confirme qu’il détient ce scoop depuis au moins deux jours. « Les jours précédents », écrit-il : au pluriel, ce qui fait a minima deux jours. Frédéric Lemaître nous précise par ailleurs qu’« Edwy Plenel, loin d’être à l’origine de ce scoop, s’en méfiait. » Pourquoi cette précision sur l’origine du scoop ? Mystère. « Il ne l’a découvert qu’au dernier moment », écrit-il encore. Dans ce cas, pourquoi écrire « s’en méfiait », imparfait qui exprime la durée, et non « s’en méfia », si de fait, tout cela eut lieu « au dernier moment »?

Deuxième point, Frédéric Lemaître nous recommande d’aller lire son cv sur Google, comme si nous ne l‘avions fait ? Cela dit, avant même, nous avions déjà connaissance des liens qui l‘ont uni à la CFDT. Et alors ? Nous l’invitons, à notre tour, à aller s’informer auprès des services politique et société du journal Le Monde ou de quelques autres de ses confrères du « pedigree » idéologique de l‘un des auteurs, dont il semble s’inquiéter à la fin de sa lettre. Sur le dénigrement du travail d‘enquête de « consultants », à la grille de lecture « simpliste et paresseuse », nous le renvoyons à une lecture globale du livre, qu’il semble avoir réduit à 5 pages… sur 216? Quant à notre méthode de travail, nous informons également Monsieur Lemaître que notre analyse ne sort pas d’un chapeau, mais qu’elle résulte d’une enquête documentaire très fouillée et de nombreux entretiens croisés, y compris certains au plus près du journal Le Monde (il rappelle celui qu‘il a lui-même accordé). Enfin, nous lui recommandons à notre tour d’aller sur Google et de simplement chercher les articles d’analyse récemment parus sur l’affaire LU et un groupe, Danone, qu‘il a continué de suivre, en utilisant les mots clefs « Lemaître + Danone + LU », ou simplement « affaire LU ». Il constatera, dès la première page de Google, que le chapitre qu’il évoque est issu d’un article paru… il y a déjà un an dans la revue et sur le site Communication sensible, sans que nous n‘ayons jamais eu aucun commentaire jusqu‘alors, ni de sa part, ni d’aucun journaliste du journal Le Monde, qui aurait lu cet article, sur ce site très fréquenté ou sur d‘autres, Wikipédia par exemple, où il est également référencé.

Pour conclure, par éthique personnelle, nous ne donnons pas de publicité à la façon dont Monsieur Lemaître a tenu à diffuser la lettre envoyée à notre éditeur…

Ayant accueilli en toute transparence son commentaire sur notre blog, il nous semble également important que tous les lecteurs et internautes intéressés prennent connaissance de notre réponse.

Catherine Malaval / Robert Zarader

Posted in Autour de la bêtise, Derniers articles, Polémique(s) | Tagué: , , | Leave a Comment »

Quelques illusions perdues, Patrick d’Elme

Posted by labetiseeconomique sur juin 1, 2008

« On savait la bêtise généreusement distribuée. Ceux qui avaient encore quelques illusions les auront perdues après avoir lu le livre de Catherine Malaval et Robert Zarader. J’apprends, dans L’Express de la semaine dernière, que le patron de l’ENA accueille sa future promotion en ces termes : « il y a partout 20% de crétins. Je ne vois pas pourquoi il n’y en aurait pas autant parmi vous. » Peut-être même devrait-il revoir sa statistique à la hausse.

A travers les trois « affaires, LU-Danone, Metaleurop Nord et Lassalle-Toyal, les trois feuilletons devrait-on dire, qui ouvrent ce livre, ce qui frappe, c’est l’absence de réflexion généralisée, le panurgisme qui fait emboîter à presque tous les acteurs, politiques, média, opinion, le même chemin. Personne ne semble jamais dire : et si tout cela n’était pas vrai ? Et si je m’intéressais à l’autre moitié du verre, à moitié vide ou à moitié plein. Comment s’écrit le recto de la page ?

Ce qui frappe aussi, c’est le confort à répéter de « source sûre » l’histoire déjà entendue, la confortant ainsi de proche en proche (on en eut un exemple récemment avec l’annonce de la mort prématurée de Pascal Sevran), l’absence de vérification des sources par des journalistes de moins en moins exigeants.

Ce qui frappe enfin, c’est l’inculture économique des politiques, plus pressés de parler que de prendre le temps de la réflexion. Aujourd’hui, semble-t-il, ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on pense, ni même ce qu’on dit, mais quand on le dit.

Dans leur introduction, les auteurs observent, à propos de l’affaire récente de la Société Générale :  » A son propos, gauche et droite délivrent un même discours : tout faire pour qu’elle reste française. Mais avec quelle logique économique ? Doit on craindre que des agences soient délocalisées ? » Il est vrai que lorsque le patriotisme s’en mêle, (et c’est un peu le cas des trois exemples développés, la bêtise passe la surmultipliée. »  

 

Patrick d’Elme, consultant, ancien président de Francom et BBDO Corporate

 https://labetiseeconomique.wordpress.com/2010/02/07/pour-patrick/

Posted in Invités précédents | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »