La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

Archive for the ‘Histoires d’hier’ Category

1972-2012 : les limites de la croissance

Posted by labetiseeconomique sur mars 23, 2012

Un quarantenaire dont on parle peu, celui du Rapport Meadows (The Limits to Growth, Universe Books, 1972), publié en 1972 et premier travail du Club de Rome. « Halte à la croissance » fut le titre en français. Calculs du M.I.T à l’appui, le rapport mettait en cause un modèle de croissance économique motivé par une boulimie sans fin des ressources de la planète. Débats en tous sens, succès de librairie. Et aujourd’hui, oublié! A l’époque, le rapport fut accusé de catastrophisme, ses conclusions furent contestées. Elles restent néanmoins d’actualité, elles appuient aujourd’hui non seulement toutes les réflexions sur le développement durable, mais également les stratégies d’innovation des grands groupes industriels ou environnementaux sur le renouvellement des ressources ou la création de nouvelles ressources énergétiques. A la même époque, une campagne clamait : »On n’a pas de pétrole, mais on a des idées »…

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Deux mille douze

Posted by labetiseeconomique sur janvier 7, 2012

« Etouffer le lion à la peau impénétrable, tuer l’hydre dont les têtes repoussent sans cesse, capturer la biche aux sabots d’airain et aux bois d’or, ramener vivant l’énorme sanglier, nettoyer les écuries, tuer les oiseaux aux plumes d’airain, dompter un taureau, capturer les juments mangeuses d’homme, rapporter la ceinture d’Hipollyte, vaincre le géant aux trois corps et ramener son troupeau de boeufs, rapporter les pommes d’or du jardin des Hespérides, descendre aux enfers pour libérer Thésée et enchainer le chien aux trois têtes cerbères. »  Bonne année 2012.

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Adieu Anthony

Posted by labetiseeconomique sur octobre 29, 2011

Anthony Rowley nous a quittés le 26 octobre, une nouvelle brutale, violente. La foudre, soudain, avait frappé un chêne. Anthony Rowley fut notre professeur, un conseiller, un ami, notre éditeur, aux Editions Perrin puis Fayard. Son histoire générale du XXe siècle guida nos premières années universitaires. En 2007, il avait pris l’initiative de nous lancer dans l’écriture de la Bêtise économique, avec Xavier de Bartillat, ce fut le début d’une belle aventure éditoriale et amicale. A l’heure de lui dire adieu, nous pensons à ces moments-joyaux qu’animait sa curiosité du monde. Souvenirs magiques de conversations à l’ancienne avec un homme sans téléphone ni ordinateur, souvenirs d’élégance et de bon vivre.

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Lorraine connection

Posted by labetiseeconomique sur septembre 20, 2011

Merci à Corinne qui nous a offert ce livre de Dominique Manotti qui recompose et décompose la vente de Thomson, plus largement la restructuration d’un secteur industriel, la filière électronique, militaire et civile, à travers les grilles du polar. Retour en arrière, en 1996, à cette époque où Alain Juppé, dans une formule restée célèbre, veut vendre Thomson pour un « franc symbolique ». En quelques mots : « Deux grands groupes, Matra (groupe Lagardère) allié au Coréen Daewoo et Alcatel, sont en concurrence. Le gouvernement Juppé annonce sa décision : à la surprise générale, ce sera Matra Daewoo. Tollé dans les médias, grèves, manifestations. Deux mois après, le gouvernement revient sur sa décision, sans explication. En 1999, on apprend que le conglomérat Daewoo est en faillite, et que le patron s’est enfui en emportant deux milliards de dollars. Et personne ne se doutait de rien en 1996? . »

http://www.dominiquemanotti.com/2006/10/lorraine-connection.html

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Dette grecque : curieuse orthodoxie financière

Posted by labetiseeconomique sur juin 29, 2011

La Grèce, le FMI et l’Europe se sont accordés sur un plan d’austérité. L’Europe, au jeu du « si je tombe, tu tombes », n’avait guère d’autre choix que celui de sauver le soldat grec. Qui d’autre l’aurait pu? L’Eglise orthodoxe en partie, peut-être, mais l’idée n’est semble-t-il pas politiquement correcte. Chez les Grecs également le sujet reste tabou. Plus gros propriétaire foncier du pays (130 000 hectares de forêts, plages, etc.), possédant des biens immobiliers importants, l’Eglise orthodoxe de la Grèce est  imposable depuis seulement 2010. L’étendue de sa fortune reste un mystère. Le chiffre de 700 milliards est même évoqué, de quoi résoudre quelques problèmes.

Rappelons seulement qu’en 1789, pour réduire la dette nationale, une partie des biens de l’Eglise furent confisqués. « L’exposé des motifs, rappelle François Furet dans La Révolution française (p 306, Quarto Gallimard), était tiré de la notion de service public : l’Eglise ne devait pas être considérée comme vraiment propriétaire, mais simplement comme usufruitière de ses biens, destinés à lui permettre de remplir des fonctions elles-mêmes révocables. D’ailleurs, ce type de confiscation n’avait rien d’inédit dans l’histoire de l’Europe, puisque la couronne d’Angleterre et les princes allemands l’avaient pratiqué sous le drapeau du protestantisme, et que Joseph II, le beau-frère de Louis XVI, en avait donné un exemple plus récent en Autriche au nom du despotisme éclairé ».

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Les jupes des filles, la seule chose qui tourne sur terre

Posted by labetiseeconomique sur novembre 23, 2010

Alain Souchon chantait « sous les jupes des filles » en 1993… « Rétines et pupilles / Les garçons ont les yeux qui brillent/ Pour un jeu de dupes / voir sur les jupes des filles / … On en fait beaucoup, se pencher tordre son cou, pour voir l’infortune à quoi nos vies se résument / pour voir tout l’orgueil / toutes les guerres avec les deuils / …  » En 1995, seules trois des douze juppettes résistaient au remaniement ministériel Juppé I.

 « Le 25 novembre, journée consacrée aux violences faites aux femmes, l’association Ni putes, Ni soumises lance l’opération Toutes en jupes, par solidarité avec toutes celles qui ne peuvent pas en porter, en banlieues et ailleurs. Comment en est-on arrivé là? Longtemps, comme le retrace le livre passionnant de l’historienne Christine Bard « une histoire politique du pantalon » (Le Seuil), le pantalon fut interdit aux femmes. Surchargé de fantasmes, il a accompagné toutes les transgressions qui jalonnent la route de l’émancipation des femmes. Artistes, féministes, révolutionnaires, voyageuses, actrices, lesbiennes, sportives, innombrables sont celles, connues et inconnues, qui se sont approprié l’habit masculin. Il fallut attendre les années 1960-1970, le smoking Yves Saint Laurent, les pantalons d’Alice Saunier Séïté, pour qu’il devienne un vêtement mixte. Les députées ne furent autorisées à venir en pantalon qu’en 1980…

Fin de l’histoire ? Pas vraiment, à entendre les propos de Robert Ménard, ancien patron de Reporters sans frontière, dans l’émission Tirs Croisés, à propos de l’emploi à domicile, ce n’est pas si certain : « Ça pénalise les femmes, parce que pour être clair, la plupart de ces emplois, c’est qui, c’est des femmes de ménage qu’on emploie parce que nos épouses travaillent aussi et qu’elles n’ont pas envie de repasser»…. 

http://www.slate.fr/lien/30469/robert-menard-les-femmes-elles-temmerdent

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Crises et entreprises : toute une histoire !

Posted by labetiseeconomique sur juillet 1, 2010

Le magazine de la communication de crise et sensible consacre son numéro de juillet au thème « crises et sciences sociales ». Extrait :  » Depuis quelques années, l’apport des sciences humaines est loué régulièrement, ne serait-ce que pour nourrir des notions nouvelles pour les entreprises (la gouvernance, l’éthique, le développement responsable, etc.), ne serait-ce parce que celles-ci doivent désormais publier des informations prouvant qu’elles assurent leur durabilité (part consacrée à la recherche, aux investissements, stratégies d’innovation, etc.). Durabilité : voilà une notion historique par excellence! Et bien, non, l’histoire n’y a pas partie liée. L’économie de la connaissance fut aussi au cœur de la stratégie de Lisbonne. Connaissance : là aussi, une notion historique. Toujours non. Constatons-le enfin, nombreux sont les grands dirigeants d’entreprise, publicitaires ou conseils en management heureux d’aller converser avec des historiens ou des philosophes à Davos, à la cité de la Réussite, dans les amphis chargés d’histoire de la Sorbonne. O temps suspend ton vol ! Mais le lundi, quand revient le temps des affaires… Comme le lundi au soleil, le lundi avec un historien, c’est une chose qu’on ne verra jamais. Une folie. Le lundi, c’est « business as usual »!

« Papa, explique moi donc à quoi sert l’histoire ?» interpellai Marc Bloch, fondateur de la chaire d’histoire économique et sociale de la Sorbonne, en introduction de son Apologie pour l’histoire ou le métier d’historien. A quoi peut bien servir l’histoire pour des entreprises par nature tournées vers le futur et la croissance? Les questionnements de l’histoire peuvent-ils être utiles dans la compréhension d’une crise, l’analyse d’une rupture identitaire ou d’un moment sensible? En quoi la conscience du passé permet-elle de ne pas subir le présent d’une crise (car, les historiens le savent, les crises finissent toujours par passer…) et tout simplement d’agir avec la vision profonde de l’expérience? Depuis que la business history existe en France, ces questions reviennent sans cesse chez les historiens qui peinent à se faire une place dans les entreprises, à simplement consulter leurs archives, ou à prouver combien l’histoire peut-être un outil de management et de réflexion au service du présent. En octobre dernier, c’était l’un des sujets de conférences organisées par la revue Tracés autour du thème « sciences sociales et mondes de l’entreprise », plus récemment un sujet partagé au sein de l’Association des professionnels en sociologie de l’entreprise. Les mêmes questions étaient déjà posées il y a vingt ans à sa création dans la revue Entreprise et Histoire. » Catherine Malaval

http://www.communication-sensible.com/portail/

http://www.communication-sensible.com/download/cccnl0019.pdf

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Le Minitel : au temps de l’Internet payant…

Posted by labetiseeconomique sur mars 30, 2010

La nouvelle est arrivée dans un courrier des Galeries Lafayette. « Le minitel Cofinoga s’arrête à partir de mars 2010 ». Le Minitel existait donc encore. Cette petite phrase qui nous importait peu suspendit soudain le temps. Comme une petite madeleine, elle nous ramenait plus de vingt ans en arrière, au temps des résultats du bac et des inscriptions sur Ravel, au temps où il avait fallu aller chercher soi-même le dit objet de la modernité, plus récemment le temps où il tentait de séduire Internet. Et dire qu’encore au début des années 2000, il existait un 36 15 Yahoo.

A l’heure de l’Internet, du haut débit et des forfaits à 29,90 euros, le Minitel existe donc encore. Qui l’utilise? Des Minitel natives comme on dit des internet natives? Des personnes âgées pour la plupart qui ne se mettront peut-être jamais à l’Internet, des commerçants, des artisans, nombre d‘agriculteurs. En réalité, beaucoup de petits professionnels qui y trouvent tous les usages utiles. Car le Minitel n’a pas seulement survécu, dans un dernier baroud d’honneur, il a migré sur Internet avec http://www.i-minitel.com. Le Minitel était une curiosité française, le Minitel sur Internet en est indéniablement une autre. Il est même encore possible d’acheter un Minitel. Selon des chiffres récents, les quelque 4000 serveurs « 3615 », « 3617 » ou « 3613 » toujours en activité continuent à attirer 10 millions de personnes chaque mois.

« Le minitel Cofinoga s’arrête à partir de mars 2010 ». Cette petite phrase nous rappela aussi qu’il fut un temps où le tout-gratuit n‘existait pas. Toute connexion était facturée et nombre d‘éditeurs de services Minitel y firent leur beurre. En 2000, France Telecom obtenait du Minitel un chiffre d’affaires de 4,5 milliards de francs (686 millions d’euros) dont il reversait 2,9 milliards (442 millions d’euros) aux éditeurs des 36.14, 36.15 et autres préfixes. A méditer par tous ceux qui cherchent des solutions pour financer l’information sur Internet.

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Pour Patrick

Posted by labetiseeconomique sur février 7, 2010

RZ : « Souvent je répète à celui qui vient de dire qu’il va prendre de la distance pour expliquer son propos, ce conseil de Patrick d’Elme, « prend plutôt de la hauteur! »

CM : « Je me souviens de ses bouts de papier. Un ticket de métro, une note de café, ça nous suffira bien pour noter l’essentiel. Plus le papier est grand, plus on se disperse ».

Aujourd’hui, nous sommes tristes, Patrick d’Elme s’est éclipsé pour toujours. Nous aimerions croire qu’il s’est éclipsé pour écrire « trois pages ». Ecrire « trois pages », c’était son talent, « trois pages », toujours justes sur le problème de communication qu’une entreprise, une institution venait de lui soumettre. Et tout devenait lumineux. Evident. Lecteur : son jugement n’était jamais un jugement, toujours une proposition, une discussion. Patrick continue de lire au dessus de notre épaule, au-dessus de celle de tous ceux qu’il a accompagnés, formés, fait progresser. « Corrige cela, ce n’est pas clair, « écrit plutôt cela? ». Autoritaire mais amical, l’avis était vif. Inutile d’énumérer les noms de ceux qui se reconnaîtront là, ils portent tous le même nom : AMI. « Faire aimer l’entreprise », écrivait Patrick, pour expliquer une vision de son métier hors des sentiers battus et des pensées convenues. Il ne savait vivre que comme cela, d’amour et d’affection. L’eau fraîche, il l’a souvent laissée à d’autres. Patrick, on t’aime.

http://www.patrickdelme.over-blog.com

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A quoi sert l’histoire des entreprises?

Posted by labetiseeconomique sur janvier 17, 2010

En France, la question revient sans cesse chez les historiens d’entreprise, qui peinent à se faire une place dans les entreprises et leurs archives, ou à prouver combien l‘histoire peut-être un outil de management au service du présent. En octobre dernier, c’était l’un des sujets du cycle de conférences organisé par la revue Tracés autour du thème « sciences sociales et mondes de l’entreprise ». Commémoration, célébration d’un anniversaire pourquoi pas, tant qu’il s’agit de communication. Mais, face à leur histoire, face à leur patrimoine, nombre d’entreprises sont souvent négligentes. A quoi sert la connaissance de son histoire? A la gestion des affaires et du patrimoine immatériel ? L’épilogue de l’affaire Eiffage-Eiffel le confirme assurément. Eiffage ne pourra plus utiliser le nom Eiffel pour sa filiale de construction métallique, a décidé le tribunal de grande instance de Bordeaux la semaine dernière. Ainsi résumé dans plusieurs médias : « cette décision est d’autant plus difficile à avaler pour Eiffage que c’est le groupe de BTP lui-même qui avait assigné l’arrière-arrière-petit-fils du constructeur, Philippe Coupérie-Eiffel, pour lui interdire d’utiliser des marques comprenant le nom d’Eiffel. C’est un document historique produit par les héritiers d’Eiffel qui a motivé la décision du tribunal. Un procès-verbal de l’assemblée générale de la société anonyme Compagnie des établissements Eiffel daté du 1er mars 1893. Souhaitant rompre définitivement avec sa Compagnie, Gustave Eiffel avait annoncé son retrait aux actionnaires. « Pour marquer de la façon la plus manifeste que j’entends désormais rester absolument étranger à la gestion des établissements qui portent mon nom, je tiens expressément à ce que mon nom disparaisse de la désignation de la société » est-t-il précisé dans ce procès verbal. » En 2003, sur ce sujet, l’historien Olivier Dumoulin publiait un ouvrage passionnant et très documenté : « Le rôle social de l’historien, de la chaire au prétoire » (Editions Albin Michel). A la lumière de plusieurs procès où les historiens avaient été appelés à la barre, comme « experts », il analysait les mutations de ce métier et l’émergence de nouvelles responsabilités… A relire d’urgence dans les entreprises.

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