La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

Archive for the ‘Autour de la bêtise’ Category

Les fonds vautours : ils planent au-dessus de la Grèce

Posted by labetiseeconomique sur février 19, 2012

Le monde de la finance est complexe, de la finance qui contribue à la dynamique de l’économie réelle…aux fonds vautours qui s’enrichissent de la dette des entreprises ou des Etats en difficulté. On les vit tourner au-dessus de l’Argentine, d’Eurotunnel et, dans les années 2000 en France, de bien d’autres entreprises en restructuration. Les voici au-dessus de la Grèce. Tout au long du deuxième semestre 2011, ils ont acheté à moindre prix de la dette souveraine grecque auprès de banques européennes bien contentes d’assainir leur bilan. Leur objectif maintenant, revaloriser cette créance. Les moyens sont divers et passent par divers méandres et perversités financières. C’est ce qu’expose Hubert de Vauplane dans Alternatives Economiques. « De nombreux cabinets d’avocats, écrit-il ainsi, se penchent sur les options offertes à ces fonds pour contester les conditions de l’échange des titres et voir dans quelles conditions il serait possible de demander le remboursement de la valeur nominale des titres qu’ils détiennent. » Une affaire à suivre…

A lire :  http://alternatives-economiques.fr/blogs/vauplane/

http://www.lemonde.fr/economie/article/2006/04/12/les-fonds-vautours-predateurs-d-entreprises-au-bord-de-la-faillite_760837_3234.html

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Les paradoxes du désengagement de l’Etat

Posted by labetiseeconomique sur octobre 17, 2011

Avec la crise économique, le désengagement de l’Etat, engagé depuis plus de vingt ans, trouve ses limites et ses paradoxes. Paradoxe suprême de ce désengagement, ce sont ainsi d’anciens établissements publics nationaux, des partenaires jugés de confiance par nombre de collectivités, qui ont assis des centaines d’élus locaux, de gauche comme de droite, sur un baril de poudre. Comme rappelé dans un rapport de la Cour des comptes sur la gestion de la dette publique locale (juillet 2011), avant la décentralisation, les collectivités n’étaient pas véritablement en mesure de choisir leur prêteur. Vers qui se sont-elles tournées pour emprunter ou, selon le discours marketing bancaire, « avoir une gestion active de leur dette »? Assez benoitement vers des prêteurs historiques qui ont vu s’ouvrir ainsi à eux, le plus souvent sans mise en concurrence, tout un pan fructueux de l’économie française. Le Crédit local de France, encore établissement public administratif géré par la Caisse des Dépôts en 1987 en a largement profité. Privatisé en 1993, il est devenu Dexia, est entré en bourse et s’est haussé au rang de financier mondial des collectivités locales et des services publics. Finalement, en 2008, en pleine tourmente des marchés financiers et révélation sur les risques encourus, les Etats belges et français ont dû injecter six milliards pour sauver la banque de la faillite. Deux ans plus tard, cela n’a pas suffit : au terme de cette coûteuse escapade financière, le retour de la banque des collectivités locales dans le giron de l’Etat à travers la Caisse des Dépôts et la Banque Postale révèle une fois encore les faiblesses de ces stratégies de désengagement sans ligne de conduite politique. A croire que l’affaire du Crédit Lyonnais n’a servi à rien.

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Démystifier la bêtise économique

Posted by labetiseeconomique sur septembre 13, 2011

Bêtise économique, en ces temps de crise, l’expression, qui fut le titre de notre livre en 2008, fait aujourd’hui florès. A lire sur le site d’Alternatives Economiques, ce papier de Jean-Marie Harribey : « de l’utilité de l’ironie pour démystifier la bêtise économique ».

http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2011/09/10/de-lutilite-de-lironie-pour-demystifier-la-betise-economique/

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Dette grecque : curieuse orthodoxie financière

Posted by labetiseeconomique sur juin 29, 2011

La Grèce, le FMI et l’Europe se sont accordés sur un plan d’austérité. L’Europe, au jeu du « si je tombe, tu tombes », n’avait guère d’autre choix que celui de sauver le soldat grec. Qui d’autre l’aurait pu? L’Eglise orthodoxe en partie, peut-être, mais l’idée n’est semble-t-il pas politiquement correcte. Chez les Grecs également le sujet reste tabou. Plus gros propriétaire foncier du pays (130 000 hectares de forêts, plages, etc.), possédant des biens immobiliers importants, l’Eglise orthodoxe de la Grèce est  imposable depuis seulement 2010. L’étendue de sa fortune reste un mystère. Le chiffre de 700 milliards est même évoqué, de quoi résoudre quelques problèmes.

Rappelons seulement qu’en 1789, pour réduire la dette nationale, une partie des biens de l’Eglise furent confisqués. « L’exposé des motifs, rappelle François Furet dans La Révolution française (p 306, Quarto Gallimard), était tiré de la notion de service public : l’Eglise ne devait pas être considérée comme vraiment propriétaire, mais simplement comme usufruitière de ses biens, destinés à lui permettre de remplir des fonctions elles-mêmes révocables. D’ailleurs, ce type de confiscation n’avait rien d’inédit dans l’histoire de l’Europe, puisque la couronne d’Angleterre et les princes allemands l’avaient pratiqué sous le drapeau du protestantisme, et que Joseph II, le beau-frère de Louis XVI, en avait donné un exemple plus récent en Autriche au nom du despotisme éclairé ».

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Le milliardaire, le cochon et la chèvre

Posted by labetiseeconomique sur juin 26, 2011

Mark Zuckerberg, le créateur et patron de Facebook, ne mange désormais que des animaux qu’il a tués lui-même. Ses trois premières victimes : un homard, un cochon et une chèvre. Caprice de milliardaire pour les pages people des magazines? Pas du tout, semble-t-il. Le magazine Fortune relaie d’ailleurs très sérieusement la nouvelle qui divise les mouvements écologistes et les amateurs de slowfood. Tout de même, que faire d’un veau entier quand l’envie de le tuer était seulement née du désir d’une bonne côte de veau à la normande ? Car l’affaire ne s’arrêtera pas là, le jeune milliardaire a commencé par des petites bêtes. Encore quelques mois, tel un Cromagnon des temps modernes, armé de son biface, il prendra de l’assurance et s’attaquera à beaucoup plus gros. Et là, problème, que faire d’un boeuf? Le congéler? La perspective de mois entiers à manger du boeuf sied-elle à un milliardaire? Non. Dans ce cas, le partager. Créer un réseau carnivore social. Le repas n’est-il pas depuis toujours le premier lieu de rassemblement et de communication? Venez tous, ce week-end, j’ai tué un boeuf.  Sur Internet, l’information est largement commentée, mais très faiblement du point de vue économique par toutes les filières concernées par l’affaire, elles devraient pourtant. Sous un pseudo-prétexte écologique, Mark Zuckerberg est peut-être en train d’aller encore plus loin dans la transformation des modes de vie et de millions d’urbains en chasseurs-cueilleurs!  Quel intérêt Mark Zuckerberg aurait-il autrement à nous parler de son alimentation, justement au moment où Facebook, fort de ses 700 millions de membres, connaît une toute petite baisse de régime? Joli storytelling personnel qui donne des perspectives de « second life » à Facebook. Le milliardaire, le cochon et la chèvre, on hésite entre « Big brother » et « back to the trees ».

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La bêtise économique en quelques chiffres

Posted by labetiseeconomique sur juin 23, 2011

Et si nous ne lisions que les chiffres? Se contenter d’une information clinique et, sans commentaires, pister des exemples de bêtise économique. Aujourd’hui : La dette revient à 25 000 euros par Français. En cas de hausse de un point des taux d’intérêt, les intérêts sur six ans s’élèveraient à 35 milliards de plus.   // La taxation implicite des PME est de 39% contre 19% pour les grandes entreprises (direction du Trésor)// La moitié des surfaces irriguées est consacrée à la culture du maïs.

http://www.chiffredujour.fr/

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Pendant la crise, le gaspillage continue

Posted by labetiseeconomique sur mai 17, 2011

La crise n’empêche pas le gaspillage. Le tiers des aliments produits chaque année dans le monde pour la consommation humaine, soit environ 1,3 milliard de tonnes, est perdu ou gaspillé, selon un rapport préparé par la FAO et présenté à Dusseldorf ces jours-ci. Chaque année, les consommateurs des pays riches gaspillent presque autant de nourriture (222 millions de tonnes) que l’entière production alimentaire nette de l’Afrique subsaharienne (230 millions de tonnes).

Et de conclure :  » Pour modifier les habitudes du consommateur, l’éducation à l’école et les initiatives politiques constituent de bons points de départ possibles. Il convient de faire comprendre aux consommateurs des pays riches qu’il est inacceptable de jeter inutilement à la poubelle de la nourriture qui aurait pu servir. Il convient également de lui faire admettre qu’en raison de la disponibilité limitée des ressources naturelles, il serait plus rentable de réduire le gaspillage de nourriture que d’accroître la production agricole pour nourrir une population mondiale croissante.  »

http://www.fao.org/ag/ags/ags-division/publications/publication/en/?dyna_fef%5Buid%5D=74045

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Nicolas Hulot : le vert à moitié vide

Posted by labetiseeconomique sur avril 18, 2011

Production du marketing télévisuel de ces deux dernières décennies, Nicolas Hulot est candidat à la primaire écologiste. Antoine Waechter et Yves Cochet l’ont choisi d’ores et déjà, voilà bien un signe que la modernité verte est en marche ou s’envole en hélicoptère. Nicolas Hulot s’exprime sur le réchauffement climatique, la sortie du nucléaire, quoi d’autre encore? pour qu’Eva Joly voit en lui un concurrent qu’elle qualifie de candidat des multinationales. Si cela était vrai, le débat prendrait corps. Mais si Eva Joly avait un sens de la stratégie politique, elle en aurait déjà saisi l’occasion depuis son entrée en campagne. Proche du zéro absolu cher aux climatologues, Nicolas Hulot n’est que le candidat du vide, ou plus justement, du moitié vide. Ses premières réflexions sur l’énergie nucléaire en sont une expression caricaturale. Il fait jeu égal avec Martine Aubry dans l’incapacité d’assumer une position claire et ferme. Qu’ils soient verts ou roses, même combat dans la dénomination par la preuve de la fin du courage chère à Cynthia Fleury.  Le jour même de cette entrée en campagne, un sociologue interrogé la nature de la relation entre Nicolas Hulot et l’opinion, remarquait avec justesse : la perception de Nicolas Hulot est indissociable de ses décors, de grands et beaux espaces. Qu’il devienne candidat et le décor redeviendra décor car Nicolas Hulot est avant tout une forme audiovisuelle. Il n’est ni Coluche, ni Al Gore. Il est une forme édifiante du Spectable cher à Debord. Il est une situation, hémisphère prétendument à gauche de l’opinion, et l’expression artificielle du vide politique, ou pour être équitable, du « moitié vide ». Inséparable de son décor, comme le héros de The Truman Show, il est parti pour finir dedans, en face, lors d’un 21 avril répété, ou en faisant le lit d’un autre Nicolas, bien plus politique.

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Seules sont injustes les inégalités dont on ne profite pas?

Posted by labetiseeconomique sur avril 10, 2011

On se souvient de l’ordre juste de Ségolène Royal qui fit florès lors de la précédente campagne présidentielle. Interrogé sur la question des avantages acquis des personnels de la SNCF ou de EDF, Michel Godet nous livre cette citation de l’économiste Georges Elgozy : « seules sont injustes les inégalités dont on ne profite pas », comme un sujet de bac philo en quatre heures. Thèse, antithèse, synthèse, regard à gauche, regard à droite?  Mais, à propos, qui est donc ce Georges Elgozy?  Un homme de citations assurément, car c’est bien le seul point d’entrée que lui assure Google. De lui, sait-on seulement qu’il mourut en 1989, fit une carrière d’inspecteur national et publia quelques ouvrages aujourd’hui saucissonnés en citations. En voici quelques-unes, issues de « L’Esprit des mots ou l’antidictionnaire », à méditer alors que chacun disserte sur le programme du Parti Socialiste, les grèves chez Carrefour ou la place de tel ou tel dans les sondages…

«Les gouvernants gouvernent l’Etat ; les technocrates, les gouvernants ; et la vanité les gouverne tous.»

– «Un problème politique est un problème économique sans solution.»

– «Paternaliste. Président-Directeur Généreux.»

– « Dans toute statistique, l’inexactitute du nombre entier est compensée par la précision des décimales. »

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Emplois : parlons net

Posted by labetiseeconomique sur mars 27, 2011

L’industrie, les usines, l’industrie, les usines. En période électorale, c’est un classique du genre, Martine Aubry chez Meccano en décembre, Ségolène Royal chez LU à ris-Orangis et on n’a encore rien vu, la carte de France en mains, à un an de l’élection présidentielle, c’est reparti. Il vaut aller visiter des usines, se faire photographier avec un casque sur la tête, planter pupitre et drapeau français au milieu des bleus de travail, comme le fit Nicolas Sarkozy en janvier dernier chez Airbus, pour renouveler une fois de plus son amour des usines. Quoi de mieux qu’une usine pour « réhabiliter le travail » et défendre la « compétitivité de la France »? Ben oui, facile, une usine, c’est concret, ça fait « terrain », « économie réelle », anti-capitalisme financier et tous ses avatars. Surtout quand on pense, comme Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur qui a dû passer à côté du film The social network, qu’Internet n’existait pas il y a un an (janvier 2011 sur France 2 dans l’émission Face aux Français).

Et pourtant. Début mars donc, le cabinet McKinsey a publié un rapport sur l’impact d’Internet sur l’économie française, où l’on apprend qu’Internet a créé plus de 700 000 emplois, soit 25% des emplois créés en France depuis 1995. « Aujourd’hui Internet représente 60 milliards d’euros de PIB : c’est plus que certains secteurs traditionnels comme l’énergie ou encore les transports. En 2015, Internet pourrait contribuer à 5,5% du PIB. La contribution du secteur à la croissance est significative et s’est accéléré ces dernières années pour atteindre 25% de contribution à la croissance en 2010. » Internet paraît sans doute moins photogénique mais faut-il toujours être sur la photo?

http://internet-impact.fr/?gclid=CO-ioKO776cCFY0hfAodphr3bQ

* Emploiparlonsnet, c’est également le nom d’un webmagazine de débats lancé par Pôle Emploi en partenariat avec Slate et Les influenceurs.

http://emploiparlonsnet.fr/

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