La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

L’a posteriori du temps présent

Posted by labetiseeconomique sur novembre 1, 2010

La crise est-elle terminée? Non, elle n’est pas finie et de nombreuses publications continuent de s’y intéresser. Plus le temps passe, plus leur valeur est inégale, plus il est difficile de trouver des analyses qui ne seraient pas régurgitées de multiples lectures elles-mêmes inégales. Bref, de la bouillie. Parfois, la compréhension de la crise prend des dérivées rafraîchissantes… ou plutôt des fractales. La disparition de Mandelbrot, surnommé par certains le « Galilée de la finance », fut l’occasion de redécouvrir que nul n’est prophète en son pays mais surtout de relire a posteriori un entretien paru dans le Monde en 2009, où le mathématicien, inventeur dans les années 1960 d’un modèle d’évolution des cours de la bourse basée sur la géométrie fractale (cette théorie financière a l’avantage de mieux détecter la survenue des variations extrêmes), explique : « Les gens ont pris une théorie inapplicable – celle de Merton, Black et Scholes, issue des travaux de Bachelier qui datent de 1900 -, et qui n’avait aucun sens. Je l’ai proclamé depuis 1960. Cette théorie ne prend pas en compte les changements de prix instantanés qui sont pourtant la règle en économie. Elle met des informations essentielles sous le tapis. Ce qui fausse gravement les moyennes. Cette théorie affirme donc qu’elle ne fait prendre que des risques infimes, ce qui est faux. Il était inévitable que des choses très graves se produisent. Les catastrophes financières sont souvent dues à des phénomènes très visibles, mais que les experts n’ont pas voulu voir. Sous le tapis, on met l’explosif ! »

Analyser le temps présent avec un regard a posteriori, l’exercice est à la limite du réel, soit parce qu’il s’y enfonce, soit parce qu’il s’en éloigne, le déforme ou le sublime. Cette semaine, nous avons donc lu avec intérêt deux textes très différents que nous vous recommandons. Tout d’abord, sur Slate.fr, l’analyse de la crise en 5 points, publiée Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Economistes. 1/ Nous sommes au coeur d’une crise de l’économie réelle. 2/ Une crise déclenchée  et entretenue par l’excès de liquidité. 3/ La dérive des processus et produits financiers.4/ Les conséquences des dérives financières. 5/Trop points d’inquiétudes. Le deuxième texte est celui de Paul Jorion, qualifié désormais d' »anthropologue de la crise ». Un essai d’ego-histoire et « d’observation participante » au coeur du milieu bancaire et financier américain (Paul Jorion fut pendant 18 ans ingénieur financier), tout à fait passionnant, publié dans le n°161 de la revue Le Débat.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/10/17/benoit-mandelbrot-il-etait-inevitable-que-des-choses-tres-graves-se-produisent_1255238_3234.html

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