La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

A quoi sert l’histoire des entreprises?

Posted by labetiseeconomique sur juin 9, 2010

Kerviel / Société Générale, l’un est l’affaire de l’autre, et réciproquement. 5 milliards pas vus, pas pris, emmêlés et démêlés, « débouclés ». Le procès d’un trader et, au cœur du débat, la quadrature de la banque d’investissement : le risque et la précaution. Par temps calme, et par temps de crise, dans un monde financier parfois hors du temps, à terme. Pour éviter que de telles affaires ne se reproduisent, le comité européen des superviseurs bancaires recommandait récemment de renforcer les rôles des comités des risques, revoir les rémunérations des traders, notamment en prenant en compte leur exposition au risque. Comment éviter? En relisant l’histoire? Assurément, mais le temps n’en laisse pas le temps. Prenons toutefois le temps de lire l’histoire de la Société Générale (Hubert Bonin Histoire de la Société Générale, naissance d’une banque, Droz, 2006) ou encore, du même auteur « les banques et la fraude : le risque permanent : 1850-1950.

Extrait : « Il faut reconnaître que, pendant ce siècle de la deuxième révolution bancaire, les banques, comme les autres entreprises, sont des manipulatrices de comptes puisque ce qu’on appellerait aujourd’hui leur politique de « communication financière » exige qu’elles présentent à la place une « image » bilantielle satisfaisante, afin de garantir leur « crédit » auprès des apporteurs de ressources et éviter notamment la fameuse crise de confiance qui menacerait leur pérennité en faisant croire au risque d’insolvabilité. Les banquiers sont ainsi soucieux de « lisser » leurs comptes de façon optimale, en gommant les pertes mais aussi en envoyant des profits et des plus-values se tapir dans la profondeur de comptes discrets. Les coups durs sont ainsi généralement sérieusement atténués quand ils sont évoqués devant les actionnaires ou dans la presse.

(…)Cela dit, et après avoir rappelé cette spécificité du métier bancaire, les banques rencontrent, comme toute entreprise, des difficultés dans la maîtrise de leur organisation : elles peuvent tomber victimes de fraudes, d’escroqueries, en interne, quand des salariés malhonnêtes tentent leur chance en manipulant des données comptables et en prélevant une partie des flux d’argent.

(…) Seule, l’échelle de l’action a changé dès lors que la banque agit au niveau de l’économie européanisée et mondialisée, et que ses prises de risque s’insèrent dans des flux reliant les grandes places continentales et mondiales. Les phénomènes de fraude en interne, de gestion de fraudes comptables des clients, de ruse dans les opérations sur les marchés financiers ont contourné les réglementations et les autorités de supervision pour imposer leur réalité à une échelle nouvelle. Aussi nos réflexions peuvent-elles toujours nourrir des débats actuels, qui visent à « préserver le capitalisme des capitalistes »

 

http://boninhub.free.fr/files/documents/FRAUDE%20AFHE%20BONIN%2030%20SEPTEMBRE.dochttp://boninhub.free.fr/files/documents/FRAUDE%20AFHE%20BONIN%2030%20SEPTEMBRE.doc

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