La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

Au nom de l’environnement, sauver la croissance

Posted by labetiseeconomique sur décembre 13, 2009

Plus une société évolue, plus elle emballe, moins ses habitants achètent au détail. Dans les pays pauvres, on achète une cigarette, un cachet d’aspirine. Naguère conçus pour protéger et transporter, le sac, le paquet et le carton, sont devenus des signes de croissance économique et de richesse.

* Plus un objet de consommation est cher, plus son emballage est précieux, plus son emballage est lui-même richement emballé. Et pourtant, qui garde le joli sac, le papier de soie et le carton qui emballent la crème de soin? Curieux paradoxe de la séduction et du rejet. L’emballage conçu pour séduire le consommateur finit à la poubelle sitôt le produit acheté. Appât consenti, il devient soudain encombrant. On le laisse parfois sur place. Vous gardez la boîte demande la vendeuse de chaussures? Non. Combien coûtait cette boîte? Environ 20% du prix total pour certains produits…

* Plus une société est pauvre, plus elle recycle. La possession de peu de biens à valeur ajoutée incite à récupérer les biens à valeur disparue, à les faire vivre le plus longtemps possible ou à les faire renaître sous d’autres formes. L’Afrique est ainsi aujourd’hui l’un des foyers mondiaux du recyclage. Curieux paradoxe de la valeur de l’emballage. Immatérielle et inutile ici, utile et vitale là.

* Plus les hommes vivent vieux, moins durent les objets de consommation. Durée de vie d’un téléphone portable : deux ou trois ans tout au plus. Curieux paradoxe de cycles de vie qui se sont séparés.

* Comment revenir à l’essentiel? Impossible de dire, je vous laisse la bouteille, j’en ai déjà une, donnez moi seulement le parfum? Auriez-vous un téléphone qui dure vingt ans? Dans la spirale de l’éphémère et de la séduction, les économies développées ont avancé à grande vitesse. Ne plus séduire? No logo, no publicité, no packaging? Ne plus se différencier que par son contenu? Vendre des produits pour la vie? Impossible. Des industries entières s’écrouleraient. Alors, à Copenhague ou ailleurs, scientifiques, hommes politiques et chefs d’Etat cherchent « un accord » pour sauver le climat. On parle de bonheur intérieur brut, de la valeur des choses, du retour de l’utile, de politique. Comme si chaque pays, quel que soit son niveau de développement économique, pouvait « être d’accord » et partager les mêmes opinions. Pourquoi signer un accord est-il si difficile, comme ce fut le cas à Kyoto?

Parce qu’en réalité, il ne s’agit pas de trouver une communauté d’intérêt dans le sauvetage du ciel et des ours blancs, mais bien de définir les termes d’un « pacte » pour permettre le développement des pays émergeants tout en transformant les politiques économiques. Copenhague est un rendez-vous crucial pour l’environnement, c’est un rendez-vous essentiel pour l’économie. Et pour cela l’économie a besoin des politiques.

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