La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

Nicolas, Jean, Le laboureur et ses enfants

Posted by labetiseeconomique sur octobre 31, 2009

Durant ces trois dernières semaines, la communication présidentielle nous a proposé un curieux collage cubiste. Certains appelleront cela du storytelling. Nous, nous appelons cela du collage. Des images réelles, collées les unes avec les autres. Les communicants de l’Elysée ont sélectionné les facettes les plus pertinentes de l’objet à déconstruire (mais qu’est-il ?), y ont apporté un peu de réalité et de matière, des fragments, chaque semaine ont ajouté de nouveaux mots : destin (Jean Sarkozy), travailler dur (discours sur la réforme des lycées), terre (discours de Poligny devant les agriculteurs), identité nationale. Tout est dans l’équilibre, disent les historiens de l’art à propos des collages cubistes. « L’exercice d’identification est inefficace pour comprendre l’oeuvre car s’impose le caractère arbitraire de la découpe, de la sélection, de l’échelle et du placement des signes. Seuls les rapports contrastés et équilibrés entre les signes comptent » (Tristan Tremeau à propos de Braque).

Et peu à peu, une image s’est construite dans nos têtes ou plutôt une fable : celle du Laboureur et ses enfants.

Travaillez, prenez de la peine :
C’est le fonds qui manque le moins.
Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
« Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que nous ont laissé nos parents :
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver : vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’oût :
Creusez, fouillez, bêchez ; ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse. »
Le père mort, les fils vous retournent le champ,
Deçà, delà, partout….
si bien qu’au bout de l’an
Il en rapporta davantage.
D’argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor.

En 2012, la France fêtera le centenaire de la première œuvre cubiste de Picasso, Nature morte à la chaise cannée. L’Elysée s’y prépare. Merci Jean (de La fontaine).

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