La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

« Quelle est la société dans laquelle je veux vivre ? »

Posted by labetiseeconomique sur septembre 20, 2009

16 septembre 2009, 40 ans ont passé depuis ce célèbre discours de politique générale prononcé par Jacques Chaban-Delmas. Et pourtant… D’une crise à l’autre, crise de société, crise économique. Dans un moment d’éloquence resté dans les mémoires, le Premier Ministre prenait à partie les députés français : « Quelle est la société dans laquelle je veux vivre ? ». Passons ce bon dimanche sur cette question. Bon dimanche? Ah… Combien de temps encore pourrons nous souhaiter « bon dimanche », insouciance et bonheur du temps passé, évocation d’un  jour sans travail, dire « bon dimanche » à un inconnu, comme on dit « bonne année » ou  » joyeux noël »?  Bon dimanche, comme un petit bonheur intérieur brut, n’est-ce pas monsieur Stieglitz? Qu’est-ce que le bonheur? Comment distinguer une société épanouie d’une société qui ne l’est pas? 

«  Le malaise que notre mutation accélérée suscite tient, pour une large part, au fait multiple que nous vivons dans une société bloquée. Mais l’espoir, qui peut mobiliser la nation, il nous faut le clarifier, si nous voulons conquérir un avenir qui en vaille la peine.(…) On préfère trop souvent se battre pour des mots, même s’ils recouvrent des échecs dramatiques, plutôt que pour des réalités. C’est pourquoi nous ne parvenons pas à accomplir des réformes autre­ment qu’en faisant semblant de faire des révolutions. (…) La société française n’est pas encore parvenue à évoluer autrement que par crises majeures. Enfin, comme Tocqueville l’a montré, et ceci reste toujours vrai, il existe un rapport profond entre l’omnipotence de l’État et la faiblesse de la vie collective dans notre pays. (…) Les groupes sociaux et les groupes professionnels sont, par rapport à l’étranger, peu organisés et insuffisamment représentés. Ceci ne vise aucune organisation en particulier mais les concerne toutes, qu’il s’agisse des salariés, des agriculteurs, travailleurs indépendants, des employeurs : le pourcentage des travailleurs syndiqués est particulièrement faible.(…) La conséquence de cet état de choses est que chaque catégorie sociale ou professionnelle, ou plutôt ses représentants, faute de se sentir assez assurés pour pouvoir négocier directement de façon responsable, se réfugient dans la revendication vis-à-vis de l’État, en la compliquant souvent d’une surenchère plus ou moins voilée. À un dialogue social véritable, se substitue ainsi trop souvent un appel à la providence de l’État, qui ne fait que renforcer encore son emprise sur la vie collective, tout en faisant peser un poids trop lourd sur l’économie tout entière. (…) Ce tableau a été volontairement brossé en couleurs sombres. Je le crois nécessaire, comme je crois aussi que les Français sont aujourd’hui en état de le considérer et d’en tirer les leçons. (…) Il y a peu de moments dans l’existence d’un peuple où il puisse autrement qu’en rêve se dire : « Quelle est la société dans laquelle je veux vivre » et aussi construire effectivement cette société. »

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