La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

Subprimes : desesperate housewives

Posted by labetiseeconomique sur mai 1, 2009

Tout comme la série Desesperate Housewives commence par un suicide, l’effondrement du marché immobilier et la chute libre de ménages sans parachutes dorés, a marqué en réalité le début d’une introspection dans la société américaine, où l‘on a découvert que la crise financière ne peut être réduite à une histoire de subprimes et de ménages abusés mais qu’un projet politique et idéologique en porte également la grande responsabilité. Mais cette histoire là est-elle moins « politically correct » ? 

En réalité, le « tous propriétaires », comme la politique monétaire qui lui fut associée aux Etats-Unis, a participé de la volonté néo-conservatrice de régénérer le rêve américain et de détruire, avec un succès relatif, le rapport salarial classique, et la conception d’une société de classes structurée sur ce rapport, pour lui substituer un monde régi par le droit de propriété. En France, adoptant cette nouvelle grammaire de la réussite, la droite a compris, si elle voulait remporter les élections en 2007, qu’elle devait se défaire de l’opposition de classe traditionnelle entre le travail et le capital, et insuffler des comportements capitalistes dans les milieux populaires : l’épargne, l’investissement, l’acquisition par l‘endettement. Bref, dans un pays d’épargnant, où l’hypothèque est surtout synonyme de faillite personnelle, introduire un modèle de société où la distinction se fait entre celui a possède et celui qui ne possède pas. Faire de chacun un capitaliste, même modeste, pour le rendre plus sensible à des thèse libérales.

Le scénario a pris la tournure d’un film catastrophe : peu importe… C’est toutefois à cette aune qu’il faut relire les exhortations à la propriété immobilière du candidat Sarkozy, sa volonté de redéfinir les règles du crédit hypothécaire en France et ses passes d’armes avec Jean-Claude Trichet.

La crise financière a brutalement cassé le rêve sarkozyste de faire émerger en France un nouveau capitalisme populaire national, par une morale du travail et de l‘enrichissement. « Endettez-vous » disait-il. (Robert Zarader, article à paraître)

 

 

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