La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

Journée de la femme, merci Virginie…

Posted by labetiseeconomique sur mars 8, 2009

Je me souviens d’avoir appris à lire avec Daniel et Valérie. Papa fume la pipe, maman fait des gâteaux. A Noël, d’avoir eu pour cadeaux, un étal de fruits et légumes en plastique pour jouer à la marchande, un landau pour promener des poupées…
Je me souviens d’avoir eu une poupée Barbie, elle avait de petites ballerines noires, un rouge à lèvres et un petit peigne minuscules, à glisser dans un sac à mains noir tout aussi petit. Dans les années 1970, de quoi Barbie aurait-elle eu besoin de plus? Je me souviens de Caroline, plus moderne que Martine. Elle portait une salopette… 
Je me souviens de l’année 1975, l’arrivée de la mixité à l’école primaire… Je me souviens de monsieur Haby, de la loi qui portait son nom, tant son nom courait d’une cour d’école à l’autre. A cause (grâce!) de la loi Haby, soudain, nous retrouvions les garçons que nous avions quittés après la maternelle. Ils venaient dans nos « écoles de filles », nous allions dans leurs « écoles de garçons »… Au temps du Big Bazar et de Rock Collection, filles et garçons mélangés, nous avons appris à partager nos jeux, les billes, les « gendarmes et les voleurs », pour les uns, « passe, passera, la dernière restera », pour les autres. Merci monsieur Haby.
« Nos histoires d’amour sont les mêmes, comme si nous avions pratiqué dans des piscines parallèles la natation synchronisée », chante Vincent Delerm dans « Les filles de 1973 ont trente ans »…

Je me souviens d’avoir pensé à cette chanson en regardant le magnifique documentaire de Virginie Linhart, « 68, mes parents et moi », partie à la rencontre de ses frères et sœurs de mai 68, Nathalie Krivine, Samuel Castro, Mao Peninou, tous nés de parents militants et intellectuels engagés, maoïstes, trotskystes, etc, dont certains ont sacrifié leur vie professionnelle et personnelle au service d’un idéal révolutionnaire. Leurs parents fumaient, vivaient en communauté. Robert Linhart, le père de Virginie, normalien, fondateur de l’Union des Jeunesses Communistes, partit travailler chez Citroën comme ouvrier. Il raconta L’établi. Ses parents avaient des choses plus importantes à faire que « s’occuper d’elle »…

Aujourd’hui, les filles de 1968 ont quarante ans. Une génération de filles. Même âge, même époque, et pourtant, quelle mémoire collective à partager? Peu de souvenirs, de livres d’enfants, peu de comptines. Autre autorité, autre famille, autre éducation, des histoires individuelles confrontées à l’Histoire, pour les unes… ou si peu, pour les autres. Virginie et ses sœurs de 68 ont grandi dans un monde sans Barbie, interdite par leurs mères féministes. Qu’elles en soient rassurées, elle n’ont rien raté… Enfants de 1968, nous n’avons pas « pratiqué dans des piscines parallèles la natation synchronisée »… Pourtant, à regarder en arrière ces années passées, un fil commun nous relit : mai 1968. Grâce à l’histoire des unes, Virginie, Nathalie et les autres, aux passions de leurs mères, le cours de l’Histoire a pu changer pour les autres.

Le 8 mars, c’est la journée de la femme. Le quotidien du Vatican rend hommage à la machine à laver, qui a tant fait pour l’émancipation des femmes.

Et, le 9 mars, la poupée Barbie fête ses 50 ans, plus « barbie girl » que jamais.

 

 

 

 

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