Posté par labetiseeconomique le octobre 17, 2009
Jean Sarkozy vient d’avoir 23 ans. Il est né le 1er septembre 1986 à Neuilly-sur-Seine. Il pensait devenir acteur, il a finalement choisi homme politique et bientôt président de l’Etablissement public d’aménagement de la Défense, comme un enfant choisit la panoplie de Lucky Luke ou de Zorro. Et partout dans les médias, le voici cette semaine qui défend son prochain premier rôle, comme un enfant de star nous explique qu’il a décroché le rôle, comme tous les autres, après un casting… Tout seul, sans devoir rien à personne, sans que ce que soit par « la volonté et l’acharnement d’un homme » (comme dirait “DV”), tentant même de nous expliquer comment avec ce nom là, c’est plus difficile encore ! Enfants de la balle ou politic natives, politique et spectacle, star system et politique, la dérive continue.
Si le fils d’un prix Nobel de chimie, à 23 ans encore 2e année de chimie, voulait diriger le laboratoire, lui donnerions-nous les clefs? Pourquoi ce qui vaut dans de nombreux domaines ne vaut pas pour la conduite des affaires publiques? A moins que là seule compte la “surface sociale” de l’impétrant?
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C’est l’histoire d’une jeune femme magnifique qui dit à Einstein : marions nous et faisons des enfants, ils seront beaux comme moi et intelligents comme vous. Et si l’inverse se produisait, demande Einstein ?
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Posté par labetiseeconomique le juin 26, 2009
Les lauréats du grand prix Paris Match du Photoreportage étudiant 2009 avaient truqué leur reportage sur la précarité étudiante, le jury n’y avait rien vu et vient d’annuler le trophée. Rien vu, ou simplement été aveuglé par un miroir médiatique parfait ? Comment imaginer que ce photoreportage n‘était que trucage, quand « le vrai n’est qu’un moment du faux » dans une actualité qui privilégie les émotions, le choc visuel, et développe de plus en plus de formes d’information qui floutent la perception du réel, la téléréalité ou le docu-fiction ?
A mettre en parallèle, les derniers chiffres de l’INA sur la place du fait divers dans l’actualité. Entre 1999 et 2008, les éditions du soir ont évolué jusqu’à consacrer 10% de leur temps d’antenne aux catastrophes et faits divers. Soit une augmentation de 270%… le poids des mots, le choc des photos… de catastrophes et de nouvelles lacrymales, qui nourrissent la compassion. Les médias sont de plus en plus des « entreprises » de presse en concurrence, tant et si bien que, pour certains, la distinction entre le journalistique et le médiatique vaut parfois plus en théorie qu’en pratique…
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Posté par labetiseeconomique le mai 3, 2009
1968-2008 : l’an dernier, 40 ans célébrés par des livres, débats, films et conférences. Mais la plus belle et plus aboutie des célébrations n’était-elle pas celle qui, en 2008, de Kerviel à Madoff, de Lehman Brothers à AIG donnait à voir les mauvais rêves d’un monde réel et les vérités prétendues d‘un monde irréel… Un monde prisonnier, perdu entre deux thèses de Debord (La Société du spectacle, 1967) : « le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir, le spectacle est le gardien de ce sommeil », et « dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux ». Que nous dit-on d’autre aujourd’hui ? Les libéraux découvrent la critique du capitalisme, les marxistes n’existent plus ou se cachent, les keynésiens donnent des leçons qu’ils sont incapables de mettre en œuvre. Ce spectacle est aussi celui des idées qui n’en sont pas. Prophéties situationnistes de Raoul Vaneigem (Traité de savoir vivre à l‘usage des jeunes générations) : « l’histoire présente évoque certains personnages de dessins animés, qu’une course folle entraîne soudain au-dessus du vide sans qu’ils s’en aperçoivent, de sorte que c’est la force de leur imagination qui les fait flotter à une telle hauteur ; mais viennent-ils à en prendre conscience, ils tombent aussitôt. » Imagination ou prise de conscience, le système hésite et vascille. Crises en série ou séries en cours? Pour quelles fins?
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Posté par labetiseeconomique le mai 1, 2009
Tout comme la série Desesperate Housewives commence par un suicide, l’effondrement du marché immobilier et la chute libre de ménages sans parachutes dorés, a marqué en réalité le début d’une introspection dans la société américaine, où l‘on a découvert que la crise financière ne peut être réduite à une histoire de subprimes et de ménages abusés mais qu’un projet politique et idéologique en porte également la grande responsabilité. Mais cette histoire là est-elle moins « politically correct » ?
En réalité, le « tous propriétaires », comme la politique monétaire qui lui fut associée aux Etats-Unis, a participé de la volonté néo-conservatrice de régénérer le rêve américain et de détruire, avec un succès relatif, le rapport salarial classique, et la conception d’une société de classes structurée sur ce rapport, pour lui substituer un monde régi par le droit de propriété. En France, adoptant cette nouvelle grammaire de la réussite, la droite a compris, si elle voulait remporter les élections en 2007, qu’elle devait se défaire de l’opposition de classe traditionnelle entre le travail et le capital, et insuffler des comportements capitalistes dans les milieux populaires : l’épargne, l’investissement, l’acquisition par l‘endettement. Bref, dans un pays d’épargnant, où l’hypothèque est surtout synonyme de faillite personnelle, introduire un modèle de société où la distinction se fait entre celui a possède et celui qui ne possède pas. Faire de chacun un capitaliste, même modeste, pour le rendre plus sensible à des thèse libérales.
Le scénario a pris la tournure d’un film catastrophe : peu importe… C’est toutefois à cette aune qu’il faut relire les exhortations à la propriété immobilière du candidat Sarkozy, sa volonté de redéfinir les règles du crédit hypothécaire en France et ses passes d’armes avec Jean-Claude Trichet.
La crise financière a brutalement cassé le rêve sarkozyste de faire émerger en France un nouveau capitalisme populaire national, par une morale du travail et de l‘enrichissement. « Endettez-vous » disait-il. (Robert Zarader, article à paraître)
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