Les critiques de cinéma évoquent la mémoire de la militante libertaire. S’en souvient-on, la sortie du film Louise-Michel fête surtout un anniversaire, celui des 6 ans de l’affaire Palace Parfums. En décembre 2002, la direction de l’entreprise Palace Parfums, installée en Normandie, partait sans laisser d’adresse, après avoir vidé le lieu de ses équipements, à la veille de Noël. L’affaire donna forme à l’expression « patrons voyous ». Déjà utilisée à l’encontre des armateurs du Prestige, qui venait de sombrer au large de la Galice, l’expression faisait son entrée dans le langage économique. Elle sera reprise peu après dans l’affaire Metaleurop Nord, traitée dans La Bêtise économique. Dans le film de Benoit Delépine et Gustave Kervern, dix ouvrières d’une usine textile de Picardie décident de faire tuer leur patron par un spécialiste, après que ce patron a déménagé les machines pour les délocaliser en Chine. Pour se faire justice elles-mêmes, après avoir été bafouées.
Gestionnaire de fonds pour des clients européens, Thierry de la Villehuchet avait investi avec confiance dans les affaires de Madoff. Son fonds aurait perdu au moins un milliard de dollars.
Envie de meurtre ou suicide, ces deux faits d’actualité sont partenaires de cœur. Différemment, il y est question de dignité, de morale et d’honneur. Economie virtuelle contre économie réelle ? Patrons voyous contre justiciers et samourais.