Cette semaine, la Picardie a laissé un temps de côté l’emballement sur la taxe professionnelle. Nos provinces, pardon, nos régions, voilà un sujet sans doute plus médiatique! Sujet encore meilleur pour s’empailler entre Pour et Contre : Paris a débordé sur l’Ile de France ! Ah, Le Grand Paris. Le « grand » Paris, pompeuse formule, on pense au Grand siècle, à Louis XIV, à Voltaire, à ce siècle où le « français du roy » peu à peu tenta de dominer les patois, le picard, le flamand, l’occitan, de faire de la France une grande puissance européenne et internationale…
Carte judiciaire, carte hospitalière, n’en aura-t-on jamais fini avec Napoléon et la géographie politique ? N’en aura-t-on jamais fini d’invoquer la Révolution? « Souvenez vous de la Révolution, disait Ségolène Royal depuis la Guadeloupe. Ça va mal finir ». Curieuse formule encore puisque pour ne prendre que deux exemples, c’est justement, en 1790 que fut créé le département, symbole de la jeune République, pour affaiblir les provinces de l’Ancien Régime. Qu’en 1791, la loi Le Chapelier mit fin aux corporatismes interdisant du même coup tout mouvement structuré d’aide et amorçant l’idée d’un Etat Providence responsable de l’aide sociale. Tout cela a-t-il mal fini?
Puissance de l’Etat et mutualisme, sont donc à l’honneur donc cette semaine, avec ce grand pari aussi du côté des banques françaises, chez les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires. Medias, observateurs, politiques… Après le temps de l’information émotion, voici celui de l’information morale. Le trouble mental est le même. On se mobilise pour débattre, polémiquer sur la nomination de François Pérol à la tête du 2e groupe bancaire français (juste derrière Crédit Agricole-LCL) et l’un des tout premiers ensembles européens. Le projet économique est passé le plus souvent au second plan. Sa nomination est-elle ou non déontologique ? Que disent les sages ? Curieuse pratique de recrutement toutefois qui n’interroge pas l’impétrant sur son projet économique ? Comment François Pérol fusionnera deux cultures qui, un grand siècle durant, ont façonné leurs différences, alors qu’elles avaient tant de points communs ? Comment managera-t-il 110 000 personnes?
En ce début d’année 2009, en pleine crise économique, quelque chose a basculé. Les deux premières banques françaises sont désormais des banques mutualistes. Voilà le vrai sujet. L’Etat revient dans l’économie… Les réseaux mutualismes, jugés ringards voici dix ans et poussés vers des modèles capitalistiques qui leur coûtent des pertes historiques, portent un modèle de gouvernance, « un homme, une voix », utile pour la réflexion sur la moralisation du capitalisme.