Après la Princesse de Clèves, la Chartreuse de Parme? L’expression, « Comme Fabrice à Waterloo », rarement employée, resurgit ici et là depuis quelque temps, très exagérément au détour d’un article sur le cyclisme et Laurent Fignon (Le Point, cette semaine), ou peu modestement dans un témoignage politique (Challenges, mars 2009). Elle pourrait également qualifier François Bayrou, certain qu’un destin différent, héroïque lui est réservé, mais l’homme, face à la défaite, quittant la figure de l’opposant et arbitre, a préféré se comparer à Zidane. Encore un coup de tête !Etre « comme Fabrice à Waterloo » : vivre un événement, une bataille, sans en avoir une vue d’ensemble, avec une certaine naïveté du monde, une rêverie héroïque sur les choses. « Ceci est-il une véritable bataille ?[...] cette bataille était-elle Waterloo ? » L’expression porte une part d’indulgence. A moins d’une construction épique du présent, elle nous rappelle surtout l’impossible conscience du présent historique et du moment d’Histoire.
A lire : « Waterloo et les regards croisés de l’interprétation », Philippe Mongin, Cahiers de la Recherche, IHPST / CNRS, janvier 2009.