La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

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“Bréviaire pour le futur”

Posté par labetiseeconomique le avril 25, 2009

Ségolène Royal demande pardon… pour d’autres. Alan Greenspan, grand oracle du libéralisme, reconnaît s’être trompé. Bernard Madoff plaide coupable, mais est-ce la contrition qu’il l’anime vraiment. Faute avouée, à moitié pardonnée, se dit sans doute l‘homme qui perdit 50 milliards? Toujours joueur!  Malgré la crise, le temps n’est guère à la repentance, ainsi que le constate Philippe Plassart, dans son dossier « Bréviaire pour le futur », à la Une du Nouvel Economiste de cette semaine. « Sans cet indispensable travail sur soi, mené collectivement, le désuet mais ô combien utile, examen de conscience des croyants, aucun dispositif, même le plus contraignant qui soit, n’y pourra rien pour domestiquer la finance ».

Henri Madelin, jésuite, Michel Musolino, professeur d’économie, Pierre de Charentenay, Philippe Bourguignon (Revolution Resort), jésuite (Etudes), Gabriel François, conseiller financier, Eric Le Boucher, journaliste (Enjeux-Les Echos, Slate) Vous est-il arrivé, dans votre vie professionnelle, d’être en porte-à-faux avec vos convictions profondes? Réponse de Robert Zarader.

«  15%!… et 100% de regrets. Je souris avec crispation quand je lis l’exigence des 15% de rentabilité et de profit des grands groupes internationaux, souvent américains, ne serait qu’un mythe. Il n’en est rien : c’est une contrainte devant laquelle il faut se plier, à n’importe quel prix. Pourtant, comment un chiffre, servant les intérêts de lointains actionnaires individuels, peut-il seul donner le sens, devenir l’unique référence de gestion des managers et réduire leur vision stratégique au cours de Bourse, sans aucune réflexion véritable sur le contexte économique, social, territorial et financier? Pour moi, dans ma vie professionnelle, cette règle dut dicter une série de licenciements dans une entreprise qui allait de mieux en mieux. J’y ai sacrifié hélas quelques amitiés mais retenu la leçon : plus jamais ça. Non à la bêtise économique et non à la dépendance insensée. La première, je l’ai dénoncée récemment en la décryptant. La seconde, je l’ai rejetée en choisissant de devenir mon propre patron. »

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François Pérol : « un homme, une voix », le vrai sujet

Posté par labetiseeconomique le mars 1, 2009

Cette semaine, la Picardie a laissé un temps de côté l’emballement sur la taxe professionnelle. Nos provinces, pardon, nos régions, voilà un sujet sans doute plus médiatique! Sujet encore meilleur pour s’empailler entre Pour et Contre : Paris a débordé sur l’Ile de France ! Ah, Le Grand Paris. Le « grand » Paris, pompeuse formule, on pense au Grand siècle, à Louis XIV, à Voltaire, à ce siècle où le « français du roy » peu à peu tenta de dominer les patois, le picard, le flamand, l’occitan, de faire de la France une grande puissance européenne et internationale…

Carte judiciaire, carte hospitalière, n’en aura-t-on jamais fini avec Napoléon et la géographie politique ? N’en aura-t-on jamais fini d’invoquer la Révolution? « Souvenez vous de la Révolution, disait Ségolène Royal depuis la Guadeloupe. Ça va mal finir ». Curieuse formule encore puisque pour ne prendre que deux exemples, c’est justement, en 1790 que fut créé le département, symbole de la jeune République, pour affaiblir les provinces de l’Ancien Régime. Qu’en 1791, la loi Le Chapelier mit fin aux corporatismes interdisant du même coup tout mouvement structuré d’aide et amorçant l’idée d’un Etat Providence responsable de l’aide sociale. Tout cela a-t-il mal fini?

Puissance de l’Etat et mutualisme, sont donc à l’honneur donc cette semaine, avec ce grand pari aussi du côté des banques françaises, chez les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires. Medias, observateurs, politiques… Après le temps de l’information émotion, voici celui de l’information morale. Le trouble mental est le même. On se mobilise pour débattre, polémiquer sur la nomination de François Pérol à la tête du 2e groupe bancaire français (juste derrière Crédit Agricole-LCL) et l’un des tout premiers ensembles européens. Le projet économique est passé le plus souvent au second plan. Sa nomination est-elle ou non déontologique ? Que disent les sages ? Curieuse pratique de recrutement toutefois qui n’interroge pas l’impétrant sur son projet économique ? Comment François Pérol fusionnera deux cultures qui, un grand siècle durant, ont façonné leurs différences, alors qu’elles avaient tant de points communs ? Comment managera-t-il 110 000 personnes?

En ce début d’année 2009, en pleine crise économique, quelque chose a basculé. Les deux premières banques françaises sont désormais des banques mutualistes. Voilà le vrai sujet. L’Etat revient dans l’économie… Les réseaux mutualismes, jugés ringards voici dix ans et poussés vers des modèles capitalistiques qui leur coûtent des pertes historiques, portent un modèle de gouvernance, « un homme, une voix », utile pour la réflexion sur la moralisation du capitalisme.

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La foire aux milliards

Posté par labetiseeconomique le décembre 13, 2008

La presse s’est transformée depuis quelques mois en immense foire aux milliards. Pas une semaine ne passe sans qu’une nouvelle  incroyable ne survienne, à x milliards d’euros ou de dollars. Décembre : 26 milliards pour doper l’économie française, 192 milliards pour l’économie japonaise, 2 milliards pour l’économie belge, 80 milliards pour l’économie italienne, 15 milliards pour l’industrie automobile américaine… 

Aujourd’hui, voici “l’incroyable escroquerie d’ex-dirigeant de Nasdaq”. 50 milliards qui se seraient évaporés ! Le plus gros “montage Ponzi” jamais imaginé aux Etats-Unis ! Comment est-ce possible se demande-t-on chaque fois avec des airs indignés de vierges économiques? Et les règles de gouvernance ? Et le contrôle interne ? Et la morale ? Dépassée. Dans un monde médiatique, c’est d’abord la technique qui épate. Et les alarmes ? Et les gardiens ? Rien.  Trouver la faille.  

Le milliard, voici la nouvelle unité de compte des Etats, des banques, des entreprises, de jeunes loups de la finance voire de quelques chefs d’entreprise peu scrupuleux. Le milliard, le mot de l’année ! A quand une page entière consacrée non plus aux valeurs bousières mais à cette nouvelle comptabilité en milliards ?

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