Plaidoyer pour une Europe trop vite condamnée
Publié par labetiseeconomique le juillet 10, 2010
Merci à Michel Henochsberg, professeur à l’université de Paris X, pour cet article publié dans Les Echos du 28 juin.
” Oui, l’Occident européen est fatigué. Oui, une certaine consommation s’y essouffle. Oui, de nombreuses contradictions paralysent notre continent. Ces dysfonctionnements accréditent l’image d’une Europe vieille dame décadente ! Cette pente « décliniste » correspond aussi à la difficulté de penser la complexité du contemporain, le commentaire à chaud devenant la zone de repli de l’intellectuel médiatique. Du fond de cette impuissance, flétrir l’immobilisme européen vous assure audience et notoriété.
L’opinion adopte le portrait d’une Europe déchirée, avec une monnaie agonisante. Les touches critiques s’accumulent : le passé de l’Europe est lourd et maudit. Elle a érodé le sentiment national sans savoir institutionnaliser le fédéral. Puis surgit toujours l’argument qui tue : on est frappé par la formidable énergie et l’optimisme historique qui animent les BRIC. L’Europe est désespérante alors que BRIC et Amérique réanimée se soulèvent : ce contraste annonce la fin d’une Europe qui « a fait son temps ».
Cette lecture tronquée de l’histoire oublie que l’Europe se conçoit et se perçoit dès ses premiers pas, à partir d’une raison supérieure et jamais depuis un fonds commun. Elle a toujours été une superstructure, plaquée sur le patchwork des terroirs et cultures. C’est pourquoi il est difficile d’envisager pour elle plus qu’un timide et fragile rassemblement fédéral.
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Le blog de Jean Trito a dit
http://triton95.wordpress.com/2011/01/07/leurope-est-elle-une-passoire/