La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

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Le storytelling, passage obligé des politiques?

Posté par labetiseeconomique le juin 1, 2009

C‘est la question posée à ses internautes par Le Nouvel Economiste. « Passage obligé », la formulation a valeur d’usage. Comment faire la Une du 20h00? Comment créer le buzz dans les médias? Ségolène Royal, en storyteller du pardon, ou François Bayrou auteur d’ Abus de pouvoir, comme un écho sémantique au Coup d’Etat permanent de François Mitterrand, excellent dans l’exercice. Une idée simple, une impulsion, des sentiments, l’incarnation d’une figure héroïque. Sans se rappeler des détails, la mémoire se souvient toujours d’une prise de position en rupture et qui selon la règle des trois unités, de temps, de lieu et d’action, de la tragédie classique, permet au dramaturge politique d’établir la vraisemblance de l‘histoire. « Qu’en un jour, qu’en un lieu, un seul fait accompli, tienne le théâtre rempli », écrivait Boileau. La mémoire se souvient des mots : pardon, abus de pouvoir. Il suffit de se souvenir de l’affaire Toyal : en 2006, l’entreprise Toyal a disparu du rôle titre de sa propre histoire, effacée au bénéfice d’une fiction mise en scène en temps réel par le député Jean Lassalle dans la salle des Quatre-Colonnes de l’Assemblée nationale. Alors que « l’actualité » est une notion fondamentalement a-historique, fondamentalement volatile et périssable, la mise en récit dramatique de l’événement donne à celui-ci une perspective passée et future nouvelle. L’événement entre dans un présent historique. Alors que même répétée, même renouvelée, une information perd de son intérêt par l‘effet de saturation que crée l’arrivée de nouvelles actualités, la mise en récit la pare d’une forme de pérennité et d’éternité.

Sur le même thème, Catherine Malaval et Robert Zarader, “du Storytelling au Sorry-telling”, Communication sensible, 2008

Une réponse vers “Le storytelling, passage obligé des politiques?”

  1. bernheim françois a dit

    au pied de la lettre ,ce qu’implique le story telling est paradoxal : je prends la parole, je décide de raconter une histoire parce je n’ai plus rien à dire concernant ma fonction
    (politique par exemple) Après avoir adoré différents veaux d’or pendant des années, méfions nous du désenchantement comme exercice obligé. Si chacun tient un rôle dèja écrit par d’autres, si chacun fait semblant,c’est parce que le monde de toutes façons obéit à un destin inexorable. Cette vision n’est pas neutre. Elle permet à ceux qui sont en place de le rester. Pourquoi changer,alors que tout changement est impossible. Bref l’intrumentalisation des points de vue est partout.Il est encore trop tôt pour le savoir, mais l’histoire postraciale que raconte Obama a tout de même des chances de provoquer de menus changement dans l’ordre du réel. Les résultats d’Europe Ecologie démontrent peut être qu’ils ont bien raconté leur histoire ou plus prosaïquement que ses leaders,comme les électeurs veulent aussi du concret. La réalité est plus complexe que certains scénaristes pas vraiment naïfs veulent nous le faire croire.

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