Facebook, l’enregistrement de soi, à fleur de peau
Posté par labetiseeconomique le avril 11, 2009
En 2001, le musée d’Orsay proposait une magnifique exposition : à fleur de peau, le moulage sur nature au XIXe siècle. Le visiteur du XXe siècle découvrait des visages figés dans le temps, sans sourire, les yeux fermés, mais si étonnement présents, figés par le moulage, des corps dont la peau révélait le froid du plâtre sur la peau, dans l’atelier du sculpteur. Cette pratique du moulage sur nature rencontra au XIXe siècle un vrai enthousiasme dans les milieux bourgeois. Comme la photographie naissante, le moulage sur nature était une façon de s’enregistrer au présent, de figer pour l’éternité la jeunesse d’un visage ou les petites mains potelées d’un enfant, de cultiver le souvenir d’une jeunesse passée par le réalisme si présent d’un moulage. Nous voici deux siècles plus tard. Et si facebook n’était que cela, un « calque inanimé de la vie »*? Plus qu’une volonté d’exister au présent, un culte du souvenir de soi ?
* Le plâtre, l’art et la matière.