En réponse à « la bêtise économique et moi » de Frédéric Lemaître
Posté par labetiseeconomique le juin 2, 2008
Lettre envoyée à Frédéric Lemaître, en réponse au commentaire posté sur ce blog.
« Contrevérités ». Quel curieux choix que cette antiphrase pour qualifier notre travail d’enquête ? Le dictionnaire de la langue française d’Alain Rey définit ainsi le mot contrevérité : « par extension, le nom désigne une assertion contraire à la vérité mais qui peut être faite de bonne foi, puis, par euphémisme, une erreur, voire un mensonge ». Question : Frédéric Lemaître a-t-il choisi l’euphémisme ou nous considère-t-il de bonne foi ? Avant tout autre commentaire, nous tenons à préciser que notre analyse demeure telle que nous la présentons dans le livre, dont Frédéric Lemaître expose par ailleurs une vision très réductrice.
Nous avons écrit : « L’article long de quatre colonnes, n’a certainement pas été écrit le matin même, il a mûri à la rédaction. », soulignant ensuite la construction exemplaire du scoop évoqué. Ce « certainement » est le premier point de la critique de Frédéric Lemaître. Finalement, à la lecture de sa lettre, nous devrions presque regretter cet adverbe, puisque dès la deuxième page, Frédéric Lemaître nous confirme qu’il détient ce scoop depuis au moins deux jours. « Les jours précédents », écrit-il : au pluriel, ce qui fait a minima deux jours. Frédéric Lemaître nous précise par ailleurs qu’« Edwy Plenel, loin d’être à l’origine de ce scoop, s’en méfiait. » Pourquoi cette précision sur l’origine du scoop ? Mystère. « Il ne l’a découvert qu’au dernier moment », écrit-il encore. Dans ce cas, pourquoi écrire « s’en méfiait », imparfait qui exprime la durée, et non « s’en méfia », si de fait, tout cela eut lieu « au dernier moment »?
Deuxième point, Frédéric Lemaître nous recommande d’aller lire son cv sur Google, comme si nous ne l‘avions fait ? Cela dit, avant même, nous avions déjà connaissance des liens qui l‘ont uni à la CFDT. Et alors ? Nous l’invitons, à notre tour, à aller s’informer auprès des services politique et société du journal Le Monde ou de quelques autres de ses confrères du « pedigree » idéologique de l‘un des auteurs, dont il semble s’inquiéter à la fin de sa lettre. Sur le dénigrement du travail d‘enquête de « consultants », à la grille de lecture « simpliste et paresseuse », nous le renvoyons à une lecture globale du livre, qu’il semble avoir réduit à 5 pages… sur 216? Quant à notre méthode de travail, nous informons également Monsieur Lemaître que notre analyse ne sort pas d’un chapeau, mais qu’elle résulte d’une enquête documentaire très fouillée et de nombreux entretiens croisés, y compris certains au plus près du journal Le Monde (il rappelle celui qu‘il a lui-même accordé). Enfin, nous lui recommandons à notre tour d’aller sur Google et de simplement chercher les articles d’analyse récemment parus sur l’affaire LU et un groupe, Danone, qu‘il a continué de suivre, en utilisant les mots clefs « Lemaître + Danone + LU », ou simplement « affaire LU ». Il constatera, dès la première page de Google, que le chapitre qu’il évoque est issu d’un article paru… il y a déjà un an dans la revue et sur le site Communication sensible, sans que nous n‘ayons jamais eu aucun commentaire jusqu‘alors, ni de sa part, ni d’aucun journaliste du journal Le Monde, qui aurait lu cet article, sur ce site très fréquenté ou sur d‘autres, Wikipédia par exemple, où il est également référencé.
Pour conclure, par éthique personnelle, nous ne donnons pas de publicité à la façon dont Monsieur Lemaître a tenu à diffuser la lettre envoyée à notre éditeur…
Ayant accueilli en toute transparence son commentaire sur notre blog, il nous semble également important que tous les lecteurs et internautes intéressés prennent connaissance de notre réponse.
Catherine Malaval / Robert Zarader