La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

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    Pour partager des exemples présents et passés de la bêtise économique : traitement des médias, interventions politiques, relations entre l'entreprise et l’opinion, déraison économique des entreprises…
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Alternatives Economique, juillet

Publié par labetiseeconomique sur juin 30, 2008

Article de Philippe Frémeaux. (…) Conclusion de cet ouvrage stimulant: la condamnation sans appel des entreprises par le tribunal de l’opinion n’a souvent guère d’effet positif. Elle participe d’un mouvement dans lequel les décideurs politiques et les journalistes tentent de séduire les électeurs et les lecteurs plutôt que de faire leur travail (…).

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Sommes-nous… bêtes ? (France inter, 26 juin)

Publié par labetiseeconomique sur juin 26, 2008

Une chronique de Philippe Lefébure (Global Eco). /// « La bêtise économique », c’est le titre d’un livre, qui vient de sortir, signé Catherine Malaval et Robert Zarader. Les 2 auteurs posent, notamment, la question du traitement de l’économie - de certaines « affaires » économiques - dans les médias.

 

Et ils n’épargent pas les journalistes. L’économie traitée comme un “divertissement”, parfois “avec voyeurisme”, “exhibitionnisme” et “moralisme”: les auteurs n’y vont pas avec le dos de cuillère. En fait, ils reviennent sur 3 affaires qui ont largement occupé les médias, dans un passé très récent, “3 scandales qui ont défrayé la chronique” pour user d’un cliché journalistique. (…) Ces 3 affaires ont été très médiatiques et pour les auteurs du livre, elles révèlent, toutes les 3, un travers journalistique majeur : la préférence des journalistes pour un traitement “émotionnel”, “dramaturgique”… au détriment d’un travail - forcément plus sobre - mais capable LUI de “livrer” - aux lecteurs, aux téléspectateurs et aux auditeurs évidemment - des éléments objectifs pour se faire sa propre idée des enjeux. Nous - les journalistes économiques (comme les autres) aimerions, donc, raconter des histoires - avec des gentils et des méchants… des histoires qui “font vendre”. Chacune de ces 3 affaires renvoie, ainsi notent les 2 auteurs, à des genres littéraires précis : “il y a du “Pagnol”, dans l’affaire Lassalle-Toyal (écrivent-ils), de l’Agatha Christie pour LU-Danone. Et du John le Carré dans MetalEurop !

Et selon Robert Zarader, cette situation est très compliquée pour les entreprises, puisqu’en raison de cette “pression” de l’opinion - relayée par les médias, donc - une partie de leur histoire leur échappe ou leur échapperait. Quant aux journalistes, ils sont condamnés, selon les 2 auteurs à vivre et revivre en permanence ces situations : Dans l’affaire “Gandrange et Arcelor-Mitttal”, est-ce que, là encore, l’émotion n’a pas primé sur l’analyse : à cause des politiques (et notamment du Président de la République, mais pas seulement lui) - à cause de l’emballement médiatique ? Robert Zarader le pense.

 
 
 
 

 

 

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les derniers jours de Sediver, à Saint-Yorre

Publié par labetiseeconomique sur juin 13, 2008

Didier Le Gorrec, Journaliste indépendant

Bravo pour votre livre, qui met en valeur une certaine dérive du traitement médiatique et politique des affaires de ce type. Dans les questions liées aux fermetures de site, la vérité est rarement dite car elle n’arrange ou n’intéresse personne. Je voudrais dire deux mots ici de l’affaire Sediver, à Saint-Yorre, qui semble tout à fait bien correspondre à ce que vous nommez pertinemment la « bêtise économique ». L’entreprise a d’ailleurs rapporté ces événements dans un « Livre Noir », n’ayant pu trouver d’autre solution pour que l’on écoute sa version des faits. Constatant une perte de compétitivité de son site auvergnat (par rapport à son principal site de production transalpin, le coût de l’heure de travail à Saint-Yorre y était plus élevé de 87 % et le coût par personne et par an, de 57 %), Sediver, qui fait partie du groupe italien Seves, a voulu fin 2003 en finir avec la dégradation chronique de son bilan sur 8 exercices. Début 2004, la direction a demandé la consultation du Comité central d’entreprise sur un projet de fermeture. Après une première période houleuse de négociations marquées par une stratégie de blocage de la part du CCE (absence aux réunions, refus de signer les PV), Sediver a proposé finalement un projet alternatif visant à sauver 166 emplois sur 286, soit plus de la moitié des effectifs, sans compter les possibilités de départs en pré-retraite (pour une cinquantaine de personnes ni les reclassements). Le Groupe s’est alors dit prêt à investir 10 millions d’euros pour adapter l’outil industriel à de nouvelles fabrications. Un projet que l’État était prêt à soutenir {via un « plan Sarkozy », ce dernier étant alors ministre de l’Économie et des Finances} et que le Préfet a qualifié de « sérieux ; cohérent et fiable ». Mais ce plan de sauvegarde a été refusé par le CCE. Et le site a donc fini par fermer.
Il est une chose de constater le jusqu’auboutisme qui a alors été mis en œuvre par les instances représentatives du personnel (blocage des fabrications, demande d’augmentation des salaires de plus d’un tiers, proposition d’un plan B non viable, refus de signer les PV de réunion, recours systématique à l’obstruction, etc. ). Bien que contre-productif dans le cas de Sediver à Saint-Yorre (puisqu’aucun emploi n’a été sauvé de ce fait), il fait partie d’un jeu traditionnel d’intimidation et de défense des intérêts, même si ce jeu est allé un peu plus loin dans ce cas.


Il est autre chose d’analyser le traitement politico-médiatique de cette « affaire Sediver ». Avec un constat clair : les protagonistes de cette affaire ont fait l’objet d’un écho différencié dans les médias. « L’aventure humaine » étant plus encline à captiver le lecteur que « l’aventure économique », c’est l’histoire du personnel de l’usine de Saint-Yorre qui a servi de « prisme » pour évoquer le conflit. De facto, l’opinion de l’intersyndicale, ainsi que ses arguments, ont été repris dans la presse régionale et locale comme autant d’éléments supposés (et en quelque sorte légitimés) d’un récit objectif des événements. Une portée médiatique d’autant plus large qu’autour du « problème Sediver » se sont cristallisées les difficultés économiques du bassin d’emploi de Vichy-Cusset et, au-delà, celles du département et de la région. Les préoccupations actuelles de la population (en premier lieu, l’emploi et les délocalisations) ont servi de caisse de résonance à l’affaire Sediver. Dans ce contexte, les élus locaux (municipalité, conseil général, conseil régional) ont eu tendance à se positionner comme porte-parole des salariés de Sediver en particulier et de la population auvergnate en général. Ainsi ont-ils régulièrement demandé des comptes aux autres acteurs que sont l’État (ministère, préfecture) et l’entreprise. Réflexe légitime, à bien des égards : ils sont les représentants du peuple, élus par lui. On peut regretter toutefois que la classe politique locale (et parfois nationale) n’ait pas souvent développé auprès de son électorat une « pédagogie de la réalité » qui aurait contribué à sauver un nombre très important d’emplois. L’un des faits les plus caractéristiques de ce traitement médiatique est l’utilisation à tout bout de champ du mot « délocalisation » dans la presse, en particulier régionale et locale. Parallèlement au plan de sauvegarde de ce site non rentable, le groupe Seves a en effet souhaité rapprocher sa production de sa clientèle chinoise. Pour le groupe, l’ouverture d’un site de production en Chine avait pour but de se rapprocher de ce marché local, où les prix pratiqués sont très inférieurs aux prix européens. C’était donc produire en Chine pour vendre en Chine, ce qui n’a rien à voir avec une délocalisation « off shore » qui serait destinée à vendre à bas coût en France.

Dans cette affaire, la politique politicienne a donc pris  le pas sur toute réflexion d’ensemble de la part des élus, notamment locaux. À cet égard, certains politiciens ont alimenté dans la communauté locale l’espoir de modifier les décisions de l’entrepreneur. Une attitude que l’on peut qualifier d’irresponsable sur un plan social : dans un pays de droit où les stratégies industrielles sont clairement élaborées par l’entrepreneur (ce que ces politiciens n’ignorent pourtant pas), alimenter de tels espoirs signifie sacrifier les travailleurs et leur famille au bénéfice de la prise de parole politique.

De ce point de vue, les propos tenus  par le maire de Vichy, au conseil municipal du 8 juillet 2005, ont témoigné d’un renversement de situation notable. « Cela fait un an que je m’interdis de répondre aux attaques dont fait l’objet {le plan} Sarkozy, un an que j’ai envie de crier à la manipulation, a déclaré Claude Malhuret en séance. Maintenant que tout est fini, je ne vais pas me gêner. Parce que moi, je n’ai rien à me reprocher, contrairement à tous ces irresponsables qui ont conduit au gâchis. Aujourd’hui, chacun sauf vous {à l’adresse de l’opposition municipale} s’est aperçu de la réalité. La réalité, c’est qu’au nom des grands principes, il y a eu zéro emploi à Sediver, c’est qu’on est passé à côté de 160 emplois. Aujourd’hui, tout le monde a compris que les arguments de ceux qui ont refusé le plan Sarkozy, c’était du vent. Un jour ou l’autre, il faudra bien dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. » Des propos qui se passent de commentaires…
 
 
 
 
 

 

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L’affaire LU et Le Monde en 2001

Publié par labetiseeconomique sur juin 11, 2008

A la suite d’une lettre de Frédéric Lemaître, envoyée à notre éditeur et publiée sur son blog du journal Le Monde, Laurent Mauduit, sur son blog (Mediapart), et encore ce matin sur France Inter, a poursuivi dans sa stratégie de dénigrement de notre livre, mettant en cause nos compétences de façon très virulente. Nous proposons ici à nos lecteurs de comparer les commentaires apportés par chacun d’eux sur un passage de notre livre. L’incohérence de leurs propos permettra de clore cette polémique ; elle se passe de commentaires… 

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Catherine Malaval, docteur en histoire / Robert Zarader, docteur en économie.

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Ce que nous avons écrit

(…) De fait, l’article, long de quatre colonnes, n’a certainement pas été écrit le matin même, il a mûri dans la rédaction. Sa construction laisse penser qu’il a fait l’objet a minima d’une discussion collective. Le scoop est parfaitement construit. L’article aborde presque de façon exhaustive, la totalité des thèmes qui seront repris par tous les médias durant plusieurs mois. En 2001, Le Monde a beaucoup évolué et succombe plus naturellement à la recherche du scoop ; son service Entreprises traverse une situation complexe, sa direction se trouvant « très fortement » influencée par Laurent Mauduit, une des sources originelles de la révélation du passé trotskyste de Lionel Jospin et pourfendeur de la « trahison jospinienne » et la « nouvelle économie du Parti socialiste ».

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Voici ce qu’écrit Frédéric Lemaître, sur son blog (Le Monde)

« (…) juste une précision : le chef du service Entreprises s’appelait Claire Blandin. Ceux qui la connaissent apprécieront l’image qui est donnée d’elle. Quant à Laurent Mauduit, il travaillait à l’époque au service Politique et avait donc très peu de contacts avec le service Entreprises. (…) Edwy Plenel, loin d’être à l’origine de ce scoop s’en méfiait. Pourquoi ? Justement parce que je ne l’avais pas tenu au courant dans les jours précédents et qu’il ne l’a découvert qu’au dernier moment. (…) »

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Nous savons parfaitement  que Claire Blandin assure la direction de ce service dans des conditions décrites précisément par Péan et Cohen dans leur livre sur Le Monde, cela nous a été confirmé par une série d’entretiens croisés menés auprès de différents interlocuteurs au sein même du journal… A aucun moment, nous n’écrivons que Laurent Mauduit dirige le service à cette période…  

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Mais il l’influence… au point d’ailleurs de croire se souvenir aujourd’hui qu’il en est même le chef de service à l’époque. Voici ainsi ce qu’a écrit Laurent Mauduit, lui-même, sur son blog (Mediapart)

“(…)  Au début de 2001, la direction du groupe Danone prépare dans le plus grand secret un immense plan social. A l’époque rédacteur en chef du service « Entreprises » du Monde, je l’apprends de la bouche d’un journaliste de ce service, qui vient d’obtenir ce « scoop ». L’affaire est d’importance. Après les vérifications et recoupements d’usage, le journaliste concerné fait donc son travail : il écrit un long article (…).

En clair, je n’ai participé ni de près ni de loin à la rédaction de l’article. J’ai seulement fait mon travail de chef de service : je l’ai relu ; et j’ai recommandé à la direction de la rédaction du Monde que l’information apparaisse en « une » du journal. Ce qui n’a pas fait débat, pas une seconde, tant il était évident à tous les journalistes que ce scoop était, dans notre hiérarchie des informations du jour, l’une de celles que nous devions le plus valoriser.(…) ”

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… La conjugaison de ces deux propos ne fait finalement que renforcer notre analyse… Il reste que les dénégations, reprises dans un nouveau commentaire sur Mediapart aujourd’hui,  ajoutées aux insinuations visant nos personnes, sont grossières et injurieuses.

 

 

 

 

 

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Le tragique de répétition, François Chérèque

Publié par labetiseeconomique sur juin 9, 2008

J’écrivai la semaine dernière dans Le Monde, cette phrase”S’il ne s’agissait de sujets graves (…) on pourrait opposer au tragique de répétition le comique de situation.”(6.06.2008). C’est encore le sentiment que j’ai  en lisant “La Bêtise économique”…

Les crises d’entreprises disséquées par les deux auteurs montrent que les questions sociales et économiques, prétendument centrales, sont reléguées aux oubliettes dans les analyses et,pire, dans l’action. L’instrumentalisation prime, la compassion se substitue à la raison et à la détermination d’aboutir à des résultats tangibles et réels pour les salariés. Et surtout, le spectacle occupe la plus grande place dans les champs médiatique et politique… Les organisations syndicales n’ y ont pas non plus la partie belle. Et alors, il y a des remises en cause salutaire.

Pour conclure, en lisant le paragraphe qui s’intitule “lieux et non lieux du fétichisme industriel”, je m’interrogeai sur Gandrange aujourd’hui et son défilé de visiteurs, politiques notamment, et du cortège de promesses et d’illusions qui l’accompagne… Mais c’est vrai qu’à cette procession, je  préfère définitivement le défilé des salariés regagnant leur travail… Ça c’est le vrai combat… En bref, j’ai lu un livre qui invite aussi à réfléchir autrement et c’est vivifiant.

François Chérèque, Secrétaire général de la CFDT.

 

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En réponse à « la bêtise économique et moi » de Frédéric Lemaître

Publié par labetiseeconomique sur juin 2, 2008

Lettre envoyée à Frédéric Lemaître, en réponse au commentaire posté sur ce blog.

« Contrevérités ». Quel curieux choix que cette antiphrase pour qualifier notre travail d’enquête ? Le dictionnaire de la langue française d’Alain Rey définit ainsi le mot contrevérité : « par extension, le nom désigne une assertion contraire à la vérité mais qui peut être faite de bonne foi, puis, par euphémisme, une erreur, voire un mensonge ». Question : Frédéric Lemaître a-t-il choisi l’euphémisme ou nous considère-t-il de bonne foi ? Avant tout autre commentaire, nous tenons à préciser que notre analyse demeure telle que nous la présentons dans le livre, dont Frédéric Lemaître expose par ailleurs une vision très réductrice.

Nous avons écrit : « L’article long de quatre colonnes, n’a certainement pas été écrit le matin même, il a mûri à la rédaction. », soulignant ensuite la construction exemplaire du scoop évoqué. Ce « certainement » est le premier point de la critique de Frédéric Lemaître. Finalement, à la lecture de sa lettre, nous devrions presque regretter cet adverbe, puisque dès la deuxième page, Frédéric Lemaître nous confirme qu’il détient ce scoop depuis au moins deux jours. « Les jours précédents », écrit-il : au pluriel, ce qui fait a minima deux jours. Frédéric Lemaître nous précise par ailleurs qu’« Edwy Plenel, loin d’être à l’origine de ce scoop, s’en méfiait. » Pourquoi cette précision sur l’origine du scoop ? Mystère. « Il ne l’a découvert qu’au dernier moment », écrit-il encore. Dans ce cas, pourquoi écrire « s’en méfiait », imparfait qui exprime la durée, et non « s’en méfia », si de fait, tout cela eut lieu « au dernier moment »?

Deuxième point, Frédéric Lemaître nous recommande d’aller lire son cv sur Google, comme si nous ne l‘avions fait ? Cela dit, avant même, nous avions déjà connaissance des liens qui l‘ont uni à la CFDT. Et alors ? Nous l’invitons, à notre tour, à aller s’informer auprès des services politique et société du journal Le Monde ou de quelques autres de ses confrères du « pedigree » idéologique de l‘un des auteurs, dont il semble s’inquiéter à la fin de sa lettre. Sur le dénigrement du travail d‘enquête de « consultants », à la grille de lecture « simpliste et paresseuse », nous le renvoyons à une lecture globale du livre, qu’il semble avoir réduit à 5 pages… sur 216? Quant à notre méthode de travail, nous informons également Monsieur Lemaître que notre analyse ne sort pas d’un chapeau, mais qu’elle résulte d’une enquête documentaire très fouillée et de nombreux entretiens croisés, y compris certains au plus près du journal Le Monde (il rappelle celui qu‘il a lui-même accordé). Enfin, nous lui recommandons à notre tour d’aller sur Google et de simplement chercher les articles d’analyse récemment parus sur l’affaire LU et un groupe, Danone, qu‘il a continué de suivre, en utilisant les mots clefs « Lemaître + Danone + LU », ou simplement « affaire LU ». Il constatera, dès la première page de Google, que le chapitre qu’il évoque est issu d’un article paru… il y a déjà un an dans la revue et sur le site Communication sensible, sans que nous n‘ayons jamais eu aucun commentaire jusqu‘alors, ni de sa part, ni d’aucun journaliste du journal Le Monde, qui aurait lu cet article, sur ce site très fréquenté ou sur d‘autres, Wikipédia par exemple, où il est également référencé.

Pour conclure, par éthique personnelle, nous ne donnons pas de publicité à la façon dont Monsieur Lemaître a tenu à diffuser la lettre envoyée à notre éditeur…

Ayant accueilli en toute transparence son commentaire sur notre blog, il nous semble également important que tous les lecteurs et internautes intéressés prennent connaissance de notre réponse.

Catherine Malaval / Robert Zarader

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Atos, les activistes et le syndrome d’Artagnan

Publié par labetiseeconomique sur juin 1, 2008

La Tribune - 15/05/08 - 763 mots / La chronique du cercle des économistes - OLIVIER PASTRÉ, PROFESSEUR À L’UNIVERSITÉ DE PARIS VIII ET ROBERT ZARADER, PRÉSIDENT D’EQUANCY & CO

Tout le monde croit connaître le commandant des mousquetaires du roi Louis XIV au travers du célèbre roman d’Alexandre Dumas. Mais il n’en est rien. On ne sait pas ainsi que c’est lui qui avait arrêté Fouquet avec Athos, Porthos et Aramis. Mais, surtout, on ne sait pas qu’il est mort en défendant la France à Maastricht. En 1673 déjà, un Français payait de sa vie l’invasion de la France par les capitalistes venus de l’étranger (à l’époque des Hollandais).

L’industrie des services informatiques française est aujourd’hui menacée et, en première ligne, Atos, numéro deux du secteur. Cette industrie est stratégique. Elle croît cinq fois plus vite que le reste de l’économie. C’est aussi un important bassin d’emploi (800.000 postes), le premier pour les cadres. Selon les prévisions les plus réalistes, 150.000 pourraient être créés d’ici à 2015. Par ailleurs, ce secteur est probablement le plus innovant. Il permet donc à la France de participer activement au processus de Lisbonne visant - sans réel succès à ce jour - à faire de l’Europe le numéro un mondial de l’économie de la connaissance, seul moyen de lutter efficacement contre l’irrépressible montée en puissance des pays émergents. Or que se passe-t-il pour nos champions nationaux dans ce secteur ? Qu’il s’agisse de Cap Gemini (90 %), d’Atos (80 %), de GFI (80 %) ou de Steria (75 %), le capital de ces entreprises est “ flottant ”, c’est-à-dire soumis aux appétits des investisseurs étrangers à la recherche de plus-values faciles pour compenser leurs pertes sur le marché des subprimes et, plus généralement, de la titrisation. Or que feriez-vous si vous étiez un hedge fund ?

Aller faire son marché…

Ne pouvant plus investir, pour quelques années, dans l’immobilier ou la finance, vous chercheriez des relais de croissance dans les industries à fort potentiel de développement. Donc les services informatiques. Et vous iriez faire votre marché dans les pays leaders de ce secteur qui n’ont pas une politique protectionniste avérée. Vous n’iriez donc pas aux États-Unis, au Japon et en Allemagne. Vous choisiriez tout naturellement la France (numéro cinq mondial du secteur), en profitant de la baisse des cours boursiers (- 27 % en 2007), ce qui vous donnerait l’impression d’acheter des produits Chanel ou Dior en hard discount.

C’est là où les fonds activistes interviennent.­ Ces fonds, en achetant quelques pourcentages d’entreprises qu’ils estiment sous-valorisées, font basculer le contrôle d’entreprises souvent séculaires et, presque toujours, s’en repartent une fois les entreprises démantelées et leur plus-value réalisée. Ces fonds ont parfois une vertu disciplinaire, contraignant les directions à respecter leurs actionnaires. Mais ils ont souvent un rôle déstabilisateur qui conduit l’entreprise à sa perte. Ils ont failli faire passer Euronext, seule Bourse vraiment paneuropéenne, sous le contrôle de la Bourse allemande. Ils ont contribué à dépecer ABN-Amro, deuxième banque néerlandaise. Quel succès pour leurs quelques actionnaires ! Quel échec pour l’Europe…

Les fonds Centaurus (déjà actifs dans le dossier ABN) et Pardus ont décidé de “ se faire ” Atos. Si leur opération de déstabilisation marchait, ce serait un encouragement donné à d’autres pour partir à l’assaut de Cap Gemini et autres Steria ou Sopra. On peut s’acheter aujourd’hui l’ensemble de l’industrie des services informatiques française pour moins de 15 milliards d’euros. À peine trois Kerviel, le trader fou de la Société Générale qui a perdu seulement 4,9 milliards.

Face à une telle menace, que faire ? D’abord, en prendre conscience. L’industrie des services informatiques est stratégique par sa capacité à créer de la vraie valeur pour l’économie française (emploi, R&D…) mais aussi par ses effets externes sur le reste de l’économie. Atos n’était-il pas jusqu’à très récemment le coeur du système informatique d’Euronext ? Et combien de SSII françaises travaillent directement pour la défense nationale et pour nos institutions les plus sensibles ?

Un fonds souverain

Sans céder au mythe d’une financiarisation sans limites des questions industrielles, il faut réagir. Nous disposons de nombreux instruments de patriotisme économique. Cela va de la Caisse des dépôts au Fonds de réserve pour les retraites en passant par nos grands investisseurs institutionnels. Accélérons la création d’un véritable fonds souverain français, dont la CDC constitue une préfiguration. Mais, en attendant, commençons par faire en sorte que, lorsqu’il sera créé, il lui reste encore un fonds de commerce…

 

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Quelques illusions perdues, Patrick d’Elme

Publié par labetiseeconomique sur juin 1, 2008

« On savait la bêtise généreusement distribuée. Ceux qui avaient encore quelques illusions les auront perdues après avoir lu le livre de Catherine Malaval et Robert Zarader. J’apprends, dans L’Express de la semaine dernière, que le patron de l’ENA accueille sa future promotion en ces termes : “il y a partout 20% de crétins. Je ne vois pas pourquoi il n’y en aurait pas autant parmi vous.” Peut-être même devrait-il revoir sa statistique à la hausse.

A travers les trois “affaires, LU-Danone, Metaleurop Nord et Lassalle-Toyal, les trois feuilletons devrait-on dire, qui ouvrent ce livre, ce qui frappe, c’est l’absence de réflexion généralisée, le panurgisme qui fait emboîter à presque tous les acteurs, politiques, média, opinion, le même chemin. Personne ne semble jamais dire : et si tout cela n’était pas vrai ? Et si je m’intéressais à l’autre moitié du verre, à moitié vide ou à moitié plein. Comment s’écrit le recto de la page ?

Ce qui frappe aussi, c’est le confort à répéter de “source sûre” l’histoire déjà entendue, la confortant ainsi de proche en proche (on en eut un exemple récemment avec l’annonce de la mort prématurée de Pascal Sevran), l’absence de vérification des sources par des journalistes de moins en moins exigeants.

Ce qui frappe enfin, c’est l’inculture économique des politiques, plus pressés de parler que de prendre le temps de la réflexion. Aujourd’hui, semble-t-il, ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on pense, ni même ce qu’on dit, mais quand on le dit.

Dans leur introduction, les auteurs observent, à propos de l’affaire récente de la Société Générale : ” A son propos, gauche et droite délivrent un même discours : tout faire pour qu’elle reste française. Mais avec quelle logique économique ? Doit on craindre que des agences soient délocalisées ?” Il est vrai que lorsque le patriotisme s’en mêle, (et c’est un peu le cas des trois exemples développés, la bêtise passe la surmultipliée. »  

 

Patrick d’Elme, consultant, ancien président de Francom et BBDO Corporate

 

 

 

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Qui Croire ? A la recherche de l’opinion

Publié par labetiseeconomique sur mai 26, 2008

Le 29 mai, Catherine Malaval et Robert Zarader ont présenté leur ouvrage “La bêtise économique” dans le cadre d’un débat organisé par Générations d’idées et Tendances Institut. Le débat était animé par Pierre Lescure.

Le débat a réuni, Nathalie Brion et Jean Brousse, auteurs de “Qui croire”, Hugues Casenave, président d’Opinion Way et Mariette Darrigrand, sémiologue, auteur de ces mots qui nous gouvernent. Une centaine de personnes ont participé à ce débat.

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Trois convictions fortes, Julien Dray

Publié par labetiseeconomique sur mai 19, 2008

” A travers ces trois histoires et la grille de lecture qui est proposée, je retrouve, du point de vue d’un parlementaire, trois convictions fortes. La première est que chacune de ces histoires montre à sa manière que l’Etat et les élus de la Nation doivent jouer pleinement et intelligemment leur rôle en matière de politique industrielle. Il ne s’agit pas d’intervenir à tort et à travers, mais d’être intelligent des situations aussi bien au niveau local, que national voire européen. En cela, le cas de Metaleurop, tel qu’il est raconté dans le livre, est pour moi édifiant et dramatique. 

Une deuxième conviction est transverse à chacune de ces histoires. Le paragraphe sur le patriotisme économique, comme le passage ironiquement appelé « j’aime les usines jusqu’à leur fermeture », traduit le rôle central de l’économie industrielle, celle des usines et de la production, à un moment où nombreux sont ceux qui réduisent notre monde économique à la finance et aux marques.

Ma troisième conviction est plus personnelle, moi qui suis historien et économiste, je trouve dans la construction de cet ouvrage une méthode qui devrait plus souvent dicter la réflexion politique en matière économique, industrielle, financière ou sociale. »  

Julien DRAY, député de l’Essonne

 

 

 

 

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