Posté par labetiseeconomique le novembre 6, 2009
Elle s’appelle Zoé. C’est la compacte de la nouvelle gamme Renault électrique. Mais pourquoi lui avoir donné ce nom? Zoé comme “zéro émission de CO2″, certes. Zoé, parce qu’elle a l’air sympa et qu’elle sent bon, parce que Zoé, en grec, signifie la vie?
Zoé, vous avez dit Zoé? On ne peut s’empêcher de penser que ce nom de baptême est un bien étrange clin d’oeil à l’histoire du nucléaire français. Zoé fut en effet le nom donné au premier réacteur nucléaire français. Sa construction fut supervisée par Frédéric Joliot-Curie, elle fonctionna pour la première fois en 1948. Elle s’appelait Zoé comme “Z comme Zéro, O comme Oxyde d’Uranium et E comme eau lourde”. Encore aujourd’hui, à fontenay-aux-Roses, on peut visiter ce haut lieu du patrimoine scientifique français.
Zoé? Un nom parfait pour une voiture électrique ! Aujourd’hui en France, l’énergie nucléaire contribue pour près de 80% de l’énergie électrique….
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Posté par labetiseeconomique le novembre 5, 2009
Attendre des entreprises un comportement vertueux, c’est un contresens? Juridiquement, l’entreprise est une personne morale. L’idée de retrouver une dimension morale dans l’entreprise n’est donc pas un contresens mais il y a une très grande confusion entre ce qui doit relever de l’Etat et ce qui relève du marché.
Selon vous, y-at-il un transfert de responsabilité de l’Etat vers l’entreprise? Depuis une vingaine d’années, l’entreprise supporte de plus en plus de sujets auparavant largement socialisés. On lui demande de prendre en charge l’environnement, l’éthique, la moralisation des marchés… Inversement, la logique de l’entreprise a investi la philosophie de l’Etat : Sarkozy est un pdg, ses ministres des managers.
Entretien avec Robert Zarader, lire la suite dans Technikart, Le greenwashing, novembre 2009
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Posté par labetiseeconomique le novembre 1, 2009
Next, le supplément magazine de Libération nous interroge. Quel mot ou quel objet auront marqué des dix premières années 2000? Google, googleearth, Ipod, blackberry, Internet, cupidité, argent, clef usb. Quelques autres : eau, sabot, écologie. La révolution technologique l’emporte. Confusion souvent du contenant et du contenu. Faisons l’exercice différemment. Quels sont les mots dont vous ignoriez l’existence il y a dix ou vingt ans? Difficile de s’en souvenir. Et pourtant, Trois mots seulement : résilience, procrastination ou storytelling. Qui les connaissait il y a dix ans? Cette semaine, Le Nouvel Economiste nous propose le mot “Serendipité”. Cela signifie approximativement : trouver quelque chose alors qu’on cherchait autre chose. Deux chercheurs viennent d’y consacrer un livre, développant ses usages dans les domaines de la veille intellectuelle et de la prospective économique. Comment détecter des idées, des tendances à partir parfois d’un ensemble de choses anodines, comment formaliser la recherche d’idées en matière d’innovation?
En cherchant une définition plus précise de “serendipité”, nous avons découvert le néologisme “wilfeur”, qui consiste à “surfer” sans but sur Internet. Le mot vient de “What whas I Looking For?”. L’office québécois de la langue française a traduit cela par la “naviguerrance” ou la “cyberdérivance”. Joli non? Revenons à nos moutons. Sérendipité, le mot viendrait d’un conte persan du XVIe siècle, “Les trois princes de Serendip” (Serendip est le nom de Ceylan en vieux persan). Il raconte l’histoire de trois princes partis en mission. En chemin, ils font des trouvailles, apparemment sans rapport avec le but de leur mission. Et, vous l’aurez deviné, évidemment tout cela a un rapport et tout cela finit bien.
Dernière question, qui a dit : “le Net est la plus grande saloperie qu’aient jamais inventé les hommes” (Jacques Seguela, oct 2009). No comment. Le Net permet aussi, en quelques secondes, de découvrir, un dimanche de pluie, qu’un conte persan est à l’origine d’un concept du XXIe siècle, qui analyse les phénomènes d’alliances du hasard et de l’intelligence. Et d’en lire avec bonheur quelques passages.
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Posté par labetiseeconomique le octobre 31, 2009
Durant ces trois dernières semaines, la communication présidentielle nous a proposé un curieux collage cubiste. Certains appelleront cela du storytelling. Nous, nous appelons cela du collage. Des images réelles, collées les unes avec les autres. Les communicants de l’Elysée ont sélectionné les facettes les plus pertinentes de l’objet à déconstruire (mais qu’est-il ?), y ont apporté un peu de réalité et de matière, des fragments, chaque semaine ont ajouté de nouveaux mots : destin (Jean Sarkozy), travailler dur (discours sur la réforme des lycées), terre (discours de Poligny devant les agriculteurs), identité nationale. Tout est dans l’équilibre, disent les historiens de l’art à propos des collages cubistes. « L’exercice d’identification est inefficace pour comprendre l’oeuvre car s’impose le caractère arbitraire de la découpe, de la sélection, de l’échelle et du placement des signes. Seuls les rapports contrastés et équilibrés entre les signes comptent » (Tristan Tremeau à propos de Braque).
Et peu à peu, une image s’est construite dans nos têtes ou plutôt une fable : celle du Laboureur et ses enfants.
Travaillez, prenez de la peine :
C’est le fonds qui manque le moins.
Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
“Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que nous ont laissé nos parents :
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver : vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’oût :
Creusez, fouillez, bêchez ; ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse.”
Le père mort, les fils vous retournent le champ,
Deçà, delà, partout….
si bien qu’au bout de l’an
Il en rapporta davantage.
D’argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor.
En 2012, la France fêtera le centenaire de la première œuvre cubiste de Picasso, Nature morte à la chaise cannée. L’Elysée s’y prépare. Merci Jean (de La fontaine).
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Posté par labetiseeconomique le octobre 26, 2009
Ça y est, Jean Sarkozy a trouvé un job, il entrera quand même à l’Epad. L’affaire s’envenimant, on allait lui conseiller le CV anonyme, puisque son nom lui pesait tant! Juste pour voir, même pour vingt-quatre heures, comme dans une émission de téléréalité : coincé dans un ascenseur social qui le déposerait de stage en intérim en cdd, parfois le ferait redescendre par l’escalier, mauvaise pioche, un plan social! Soudain l’ascenseur tomberait en panne, impossible d’aller plus haut, ou alors par l’escalier.
Ouf, Jean Sarkozy a trouvé un job. Tant mieux, parce que, sans diplôme, la concurrence s’annonçait rude en cette rentrée de crise. « Vers mars-avril, les jeunes diplômés issus de trois promotions vont se retrouver sur le marché de l’emploi, souligne Pierre Lamblin, directeur du département études et recherche de l’Apec, dans un article du Figaro. Ceux de la promotion 2009 n’ayant toujours pas trouvé un emploi. Ceux de la précédente dont les longues recherches seront demeurées vaines. Enfin, ceux de la promotion 2010, qui trois à quatre mois avant la fin de leurs études commenceront à prospecter ». Avec la crise, de plus en plus de jeunes diplômés n’accèdent pas à l’emploi auquel ils pouvaient prétendre. Les enfants d’aujourd’hui doivent souvent posséder beaucoup plus de diplômes que leurs parents pour espérer la même position (cf. Louis Chauvel, Le destin des générations). Les intellos précaires se sont multipliés. Les études ne paient plus toujours. De plus en plus de jeunes souffrent de déclassement. Ouf, Jean Sarkozy a trouvé un job. Tant mieux pour lui, mais quelle amertume laissée par cette « affaire Sarkozy junior » en pleine crise de l’emploi des jeunes…
*
Lu dans Le Point cette semaine : « Jeunet cherchait un gamin pour me jouer à l’âge enfant. Je lui ai proposé mon fils, mais il a passé des essais comme tout le monde. Il s’était mis une pression d’enfer. « Si je suis pas pris, alors que je suis ton fils, c’est la honte. » Encore Jean Sarkozy ? Non, le fils de Dany Boon !
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Posté par labetiseeconomique le octobre 21, 2009
Claude Lanzmann, en tant que Directeur de la revue Les Temps Modernes, a sollicité à l’été des amis économistes pour nourrir et orienter un dossier sur la crise et le devenir économique. En renouant avec une tradition ancienne des Temps Modernes, où André Gorz organisait en son temps les articles sur l’économie, les contributeurs au travers de leurs papiers.
Les auteurs reviennent sur le déroulement de la crise, suivant les vœux explicites d’un Claude Lanzmann soucieux de “comprendre” ce qui s’est passé. Ils insistent sur l’idée qu’il y a certes une crise économique, plutôt “classique”, mais qu’on décèle, “en plus” de ce fait rabaché, une crise de l’économie, de ses valeurs et fondements, qui est d’une toute autre dimension et dont les conséquences moins spectaculaires se prolongeront discrètement dans le long terme.
Crise économique / Crise de l’économie, la dualité de la situation actuelle a été peu relevée. A lire les papiers de François Rachline (Pouvoir et marché), Robert Zarader (Treize “banalités de base”), Philippe Moati (cette crise st aussi celle de la consommation), Michel Henochsberg (vers la fin du rêve de l’économie).
* Merci à Claude Lanzmann pour cette réunion d’amis, merci au voyage du Lièvre de Patagonie, à tous ces vies qui le parcourent.
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Posté par labetiseeconomique le octobre 17, 2009
Jean Sarkozy vient d’avoir 23 ans. Il est né le 1er septembre 1986 à Neuilly-sur-Seine. Il pensait devenir acteur, il a finalement choisi homme politique et bientôt président de l’Etablissement public d’aménagement de la Défense, comme un enfant choisit la panoplie de Lucky Luke ou de Zorro. Et partout dans les médias, le voici cette semaine qui défend son prochain premier rôle, comme un enfant de star nous explique qu’il a décroché le rôle, comme tous les autres, après un casting… Tout seul, sans devoir rien à personne, sans que ce que soit par « la volonté et l’acharnement d’un homme » (comme dirait “DV”), tentant même de nous expliquer comment avec ce nom là, c’est plus difficile encore ! Enfants de la balle ou politic natives, politique et spectacle, star system et politique, la dérive continue.
Si le fils d’un prix Nobel de chimie, à 23 ans encore 2e année de chimie, voulait diriger le laboratoire, lui donnerions-nous les clefs? Pourquoi ce qui vaut dans de nombreux domaines ne vaut pas pour la conduite des affaires publiques? A moins que là seule compte la “surface sociale” de l’impétrant?
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C’est l’histoire d’une jeune femme magnifique qui dit à Einstein : marions nous et faisons des enfants, ils seront beaux comme moi et intelligents comme vous. Et si l’inverse se produisait, demande Einstein ?
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Posté par labetiseeconomique le octobre 3, 2009
“Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser. Etes-vous d’accord avec ce projet?” Cochez oui ou non. Depuis dix jours, les médias font la publicité de cette « votation citoyenne », tout en rappelant qu’elle n’a aucune valeur légale. Peut-on voter oui à cette « votation citoyenne » dont les principes relèvent plus de la pétition et la formulation du parti-pris ? Il suffisait d’essayer… Pas facile !
- « Attention!, vous avez coché oui, si vous êtes contre il faut cocher non »… Ai-je l’air si bête, au point de ne pas différencier un oui d’un non ? Faut-il y voir une remarque un tantinet machiste, je n’aurais pas compris la question posée ? L’homme me tend un nouveau papier de vote…puisque j’ai fait une erreur.
- « Et si je voulais voter oui ? »
- « Ah, vous voulez voter oui ? ».
Curieuse « votation citoyenne »… Quelle valeur a le “non” si le “oui” en a si peu?
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Posté par labetiseeconomique le septembre 27, 2009
Alors qu’en pleine crise économique, nous nous étions laissé distraire par le calcul du Bonheur Intérieur Brut du professeur Stieglitz, un nouvel étalon socio-économique a soudain surgi dans l’actualité : « la surface sociale » ! Le Journal du dimanche d’aujourd’hui y fait référence, évoquant « un tableau de quatre pages […] recensant les frais de réception et de restauration remboursés à Lahoud par EADS en 2004 et 2005. ». Noms des invités, lieux, tout y est. « 99 repas de février 2004 à juillet 2005. Pour environ 16 000 euros ». Résultat de l’addition : une belle « surface sociale » !
Comment se calcule la surface sociale d’un invididu ? Croît-elle par sa capacité à déjeuner aux frais de la princesse, mais croît-elle également s’il est généreux et invite sur ses propres deniers? Il semblerait que non, quand bien même cela ajouterait à son Bonheur intérieur brut… Décroît-elle ou croît-elle si les invités « rendent » leur invitation, tant pour remercier que pour n’être pas redevables? Décroît-elle dès que la source des notes de frais se tarit ? Au fur et à mesure que la vie passe, combien ajoutent et ôtent un mariage, de nouvelles positions professionnelles ? (L’illusion biographique, Bourdieu).
Ces interrogations valent dans les entreprises, qui elles aussi calculent leurs surfaces sociales. Selon l’Observatoire politico-économique des structures du Capitalisme, la surface sociale désigne « le nombre d’entreprises du CAC 40 avec lesquelles une société de l’Indice entretient des relations directes par l’intermédiaire de son Conseil ou de sa direction exécutive. » Un peu comme chez les Toubous du Niger, pour lesquelles la richesse et le nombre de parents sont les deux composantes essentielles de la surface sociale (Anarchie et cohésion sociale chez les Toubous, Catherine Barion, MSH, 1985). « Plus ces derniers sont nombreux, plus le gendre peut espérer de dons d’animaux et plus ses soutiens seront diversifiés en cas de nécessité ». Pourquoi tant de numéros spéciaux de magazines sur les grandes fortunes, sur le prix du m2 dans l’immobilier… et rien sur les grands propriétaires de surfaces sociales ?
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Posté par labetiseeconomique le septembre 24, 2009
Cette semaine, Le Monde, dans son supplément Economie, s’interroge : s’il n’y avait qu’une et une seule leçon à tirer de la crise, laquelle choisiriez-vous? A n’en plus douter, que cette crise est sexuée : son histoire s’écrit au masculin pluriel. 13 personnalités interrogées, triées sur le volet et semble-t-il représentatives du monde des affaires et de la politique, dont une seule femme : Dominique Sénéquier, présidente du fonds d’investissement Axa Private Equity. Voilà l’histoire qui nous est racontée, la crise est encore et toujours une affaire d’hommes. Belle parité.
* Hier, Nadine Morano a convié à déjeuner toutes les anciennes secrétaires d’Etat ou ministres des droits des femmes de ces trente dernières années….pour parler de la lutte contre les inégalités salariales, la réforme du congé parental et le combat contre les violences faites aux femmes. Trente ans et encore tant de chemin à parcourir.
* Et si Lehman Brothers s’était appelée Lehman Sisters ? La banque centenaire aurait-elle fait faillite? La boutade fait bien rire aux Etats-Unis alors qu’on commémore la faillite de Lehman Brothers. Et si nous la prenions au sérieux?
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