La bêtise économique

L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

14 janvier 2007 – 13 janvier 2012

Publié par labetiseeconomique le janvier 15, 2012

Le 14 janvier 2007, Nicolas Sarkozy était investi candidat à l’élection présidentielle lors du Congrès de l’UMP, porte de Versailles. Aux Français, il promettait alors une “démocratie irréprochable. “celle où chacun reconnait dans la politique de son pays une part de lui-même”. “celle qui permet aux enfants de tous les quartiers de ressentir qu’ils ont quelque chose en commun” “ce n’est pas une démocratie où les nominations se décident en fonction des connivences et des amitiés, mais seulement en fonction des compétences”.

Le 15 janvier 2007, Carla Bruni sortait son deuxième album, intitulé “No promises”.

Le 13 janvier 2012, l’agence Standard & Poor’s a dégradé la notation de la France.

Cinq ans plus tard. No promises. AAA. AA.

http://sites.univ-provence.fr/veronis/Discours2007/transcript.php?n=Sarkozy&p=2007-01-14

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Deux mille douze

Publié par labetiseeconomique le janvier 7, 2012

“Etouffer le lion à la peau impénétrable, tuer l’hydre dont les têtes repoussent sans cesse, capturer la biche aux sabots d’airain et aux bois d’or, ramener vivant l’énorme sanglier, nettoyer les écuries, tuer les oiseaux aux plumes d’airain, dompter un taureau, capturer les juments mangeuses d’homme, rapporter la ceinture d’Hipollyte, vaincre le géant aux trois corps et ramener son troupeau de boeufs, rapporter les pommes d’or du jardin des Hespérides, descendre aux enfers pour libérer Thésée et enchainer le chien aux trois têtes cerbères.”  Bonne année 2012.

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160 000 jeunes “perdus de vue”…

Publié par labetiseeconomique le novembre 20, 2011

Entre juin 2011 et octobre 2011, 223.000 jeunes sont sortis du système éducatif sans diplôme, soit environ 5% des jeunes de plus de 16 ans. Sur ces 223.000, un quart est pris en charge par des missions locales. 160.000 sont partis sans laisser d’adresse, ils sont “perdus de vue”. Telles sont les estimations données récemment par le ministère de l’Education (Luc Chatel au Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro). 160 000 jeunes “décrocheurs” et personne ne sait ce qu’ils sont devenus!

160 000? Une estimation certes, mais une estimation qui ne fait qu’augmenter… Petit retour en arrière, il y a deux ans déjà.

2009 (29 septembre), dans son discours “Agir pour la jeunesse”, Nicolas Sarkozy déclarait ” je ne peux me résoudre à laisser 100 000 jeunes Français partir à la dérive”, promettant que l’Etat ne laisserait plus aucun jeune sans formation ni qualification.

2009 (octobre, site du gouvernement) : “Chaque année, 120 000 jeunes décrochent du système scolaire.” Quelques jours plus tard, déjà 20 000 de plus sur ce radeau à la dérive?

Janvier 2011 (séance de l’Assemblée nationale du 19 janvier), selon le ministre Luc Chatel : ” Le chiffre de 120 000 élèves est régulièrement cité, mais il s’agit d’une estimation”. Une estimation qui augmente n’est plus seulement une estimation…

12 mai 2011, sur RTL, le même Luc Chatel : “Entre juin 2010 et mars 2011, 293.000 jeunes ont été dans ce cas. Parmi eux, 180.000 étaient “perdus de vue” . (…) Jusqu’à présent, personne ne savait vraiment combien de jeunes sortaient du système scolaire sans diplôme ni qualification. Les chiffres qui circulaient tournaient autour de 150.000 jeunes chaque année.”  L’estimation continue d’augmenter… En deux ans, en voici 30 000 de plus sur ce radeau à la dérive.

9 Juin 2011 (séance de l’Assemblée nationale), toujours selon le ministre Luc Chatel : “Entre juin 2010 et mars 2011, quelque 250 000 jeunes ont été touchés par le fléau du décrochage, dont 72 000 sont suivis par les missions locales, les 180 000 élèves restants ayant quitté le système scolaire sans diplôme et sans information sur leur situation”. Alors, 293 000 ou 250 000 ?

13 novembre 2011 : Sur le radeau à la dérive, le ministre du “capitaine dans la tempête” compte  160 000 décrocheurs aujourd’hui…

Aux grands maux, les grands remèdes. Pas vraiment. Aux grands maux, les grands mots pour l’instant. Agir pour la jeunesse? Les décrocheurs sont de plus en plus nombreux, c’est finalement la seule donnée qui paraît certaine. L’équivalent en habitants de la ville de Grenoble ! Et quoi, rien! Chaque année, 160 000 jeunes glissent, lâchent prise et dévissent. Pour tomber où? Nul ne le sait, ils n’échouent pas, ils décrochent! Noir absolu à l’horizon, néant, “perdus de vue”.  Aujourd’hui, l’information ne fait l’objet que d’une brève dans le Journal du Dimanche. Une brève, pas plus.

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Communication de crise : nouveaux défis

Publié par labetiseeconomique le novembre 19, 2011

 

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Lectures de crise

Publié par labetiseeconomique le novembre 13, 2011

Deux lectures de forte actualité qui ont un point commun, le premier livre est celui de d’un psychologue social, le second celui de trois psychanalystes…

Les influences sournoises, Jean Léon Beauvois, Bourin Editeur, 2011.

“Nous sommes tous convaincus que la meilleure part de nos jugements et comportements est le fait de notre individualité, de ” nous-mêmes”. Et pourtant ! Lorsqu’on les examine du point de vue des sciences psychologiques, on s’aperçoit que nos comportements et jugements sont assez systématiquement le fait d’influences” sournoises ” dont nous n’avons aucune conscience ou clairvoyance. Pour nous le prouver, Jean-Léon Beauvois passe en revue les influences inconscientes qui affectent nos jugements et comportements quotidiens et qui impactent profondément l’image que nous avons de nous-mêmes.

La folie Evaluation – Les nouvelles fabriques de la servitude, Alain Abelhauser, Roland Gori et Marie-Jean Sauret, Mille et une nuits, 2011.

” La société occidentale demande maintenant à ceux qu’elle missionne, dans tous les domaines d’activité, de lui rendre des comptes – ce qui paraît très légitime –, mais en faisant de cette exigence un instrument de normalisation généralisée. On sait quel malaise cela génère. Il ne s’agit en fait pas tant de « rendre compte » que de s’en trouver, par ce biais, asservi. Les auteurs examinent le processus en cours. La « machine évaluative », alors même qu’elle donne de nombreux signes d’essoufflement, continue pourtant à se développer, et les tentatives effectuées tant pour la dénoncer que pour tenter d’en limiter les effets délétères n’amènent pour l’instant qu’à la renforcer. Les agences d’évaluation, diverses et variées, constituent aujourd’hui la nouvelle manière de donner des ordres et de faire de la politique sans en avoir l’air.  (…) Il faut réinterroger la notion de « valeur » pour combattre efficacement l’évaluation.”

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Adieu Anthony

Publié par labetiseeconomique le octobre 29, 2011

Anthony Rowley nous a quittés le 26 octobre, une nouvelle brutale, violente. La foudre, soudain, avait frappé un chêne. Anthony Rowley fut notre professeur, un conseiller, un ami, notre éditeur, aux Editions Perrin puis Fayard. Son histoire générale du XXe siècle guida nos premières années universitaires. En 2007, il avait pris l’initiative de nous lancer dans l’écriture de la Bêtise économique, avec Xavier de Bartillat, ce fut le début d’une belle aventure éditoriale et amicale. A l’heure de lui dire adieu, nous pensons à ces moments-joyaux qu’animait sa curiosité du monde. Souvenirs magiques de conversations à l’ancienne avec un homme sans téléphone ni ordinateur, souvenirs d’élégance et de bon vivre.

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Les paradoxes du désengagement de l’Etat

Publié par labetiseeconomique le octobre 17, 2011

Avec la crise économique, le désengagement de l’Etat, engagé depuis plus de vingt ans, trouve ses limites et ses paradoxes. Paradoxe suprême de ce désengagement, ce sont ainsi d’anciens établissements publics nationaux, des partenaires jugés de confiance par nombre de collectivités, qui ont assis des centaines d’élus locaux, de gauche comme de droite, sur un baril de poudre. Comme rappelé dans un rapport de la Cour des comptes sur la gestion de la dette publique locale (juillet 2011), avant la décentralisation, les collectivités n’étaient pas véritablement en mesure de choisir leur prêteur. Vers qui se sont-elles tournées pour emprunter ou, selon le discours marketing bancaire, « avoir une gestion active de leur dette »? Assez benoitement vers des prêteurs historiques qui ont vu s’ouvrir ainsi à eux, le plus souvent sans mise en concurrence, tout un pan fructueux de l’économie française. Le Crédit local de France, encore établissement public administratif géré par la Caisse des Dépôts en 1987 en a largement profité. Privatisé en 1993, il est devenu Dexia, est entré en bourse et s’est haussé au rang de financier mondial des collectivités locales et des services publics. Finalement, en 2008, en pleine tourmente des marchés financiers et révélation sur les risques encourus, les Etats belges et français ont dû injecter six milliards pour sauver la banque de la faillite. Deux ans plus tard, cela n’a pas suffit : au terme de cette coûteuse escapade financière, le retour de la banque des collectivités locales dans le giron de l’Etat à travers la Caisse des Dépôts et la Banque Postale révèle une fois encore les faiblesses de ces stratégies de désengagement sans ligne de conduite politique. A croire que l’affaire du Crédit Lyonnais n’a servi à rien.

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La sottise ou Laudator temporis acti

Publié par labetiseeconomique le octobre 8, 2011

Historien de la philosophie grecque et romaine, récemment décédé, Lucien Jerphagon nous a laissé une anthologie de la sottise tout à fait croustillante. Vingt-huit siècles de citations, des Hébreux des âges bibliques aux journalistes d’aujourd’hui. ” La sottise : on en respire la présence partout et toujours dans l’air du temps” disait-il. Une sottise “atmosphérique” détectable selon lui, “probablement dans des opinions proférées avec solennité dans certaines émissions de télévision. Ou encore dans l’idéologie de l’égalitarisme qui décrète par exemple que 80 % des lycéens auront leur bac.”

En ces temps de crise, de pessimisme, d’échanges sur la mondialisation, la sécurité, l’éducation et bien d’autres sujets, lire également : Laudator temporis acti (C’était mieux avant)…

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bonheur des petits poissons

Publié par labetiseeconomique le septembre 23, 2011

Lu dans le Bonheur des petits poissons de Simon Leys, dont nous recommandons par ailleurs la lecture, cette pensée de Wittgenstein : ” il y a toujours plus d’herbage pour le philosophe dans les vallées de la bêtise que sur les hauteurs arides de l’intelligence”.

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Lorraine connection

Publié par labetiseeconomique le septembre 20, 2011

Merci à Corinne qui nous a offert ce livre de Dominique Manotti qui recompose et décompose la vente de Thomson, plus largement la restructuration d’un secteur industriel, la filière électronique, militaire et civile, à travers les grilles du polar. Retour en arrière, en 1996, à cette époque où Alain Juppé, dans une formule restée célèbre, veut vendre Thomson pour un “franc symbolique”. En quelques mots : “Deux grands groupes, Matra (groupe Lagardère) allié au Coréen Daewoo et Alcatel, sont en concurrence. Le gouvernement Juppé annonce sa décision : à la surprise générale, ce sera Matra Daewoo. Tollé dans les médias, grèves, manifestations. Deux mois après, le gouvernement revient sur sa décision, sans explication. En 1999, on apprend que le conglomérat Daewoo est en faillite, et que le patron s’est enfui en emportant deux milliards de dollars. Et personne ne se doutait de rien en 1996? .”

http://www.dominiquemanotti.com/2006/10/lorraine-connection.html

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